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Posté par Isabelle le Vendredi 26/09/2014 à 00:00
Les insectes ajustent le nombre de bactéries bénéfiques

Charançon du blé. Illustration: Wikmédia Commons
Découverte scientifique: les insectes recyclent leurs bactéries symbiotiques quand leur bénéfice devient caduc.

Les insectes ont mis en place une stratégie moléculaire qui leur permet d’ajuster le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) des bactéries bénéfiques à leurs besoins physiologiques, et d’optimiser le rapport coût/bénéfice de la symbiose (La symbiose est une association intime et durable entre deux organismes hétérospécifiques (espèces différentes), parfois plus. Les organismes sont qualifiés de...). Ils ont «appris» au cours de leur évolution à recycler leurs bactéries symbiotiques, et ils le font proprement ! C’est ce que viennent de montrer des chercheurs de l’INSA et de l’Inra dans un article paru le 18 septembre dans Current Biology. Ces travaux menés sur le charançon des céréales ouvrent la voie à de nouveaux moyens de lutte contre ce parasite.

Les résultats des recherches ont démontré que les insectes savent cultiver les bactéries symbio­tiques, ajuster leur nombre à leurs besoins physiologiques, et les recycler quand leur bénéfice de­vient caduc. Ces travaux moléculaires s’ajoutent aux recherches biologiques menées sur le com­promis coût/bénéfice établi entre les espèces biologiques associées (symbioses). Ils font écho au message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux d’information transmis dans la communication d’un message par un...) sociétal sur la nécessité du recyclage (Le recyclage est un procédé de traitement des déchets industriels et des déchets ménagers qui permet de réintroduire, dans le cycle de production...) biologique et l’optimisation des ressources naturelles pour un développement durable. Ils permettent aussi d’imaginer dans le futur de nouveaux moyens de lutte contre les infections bactériennes qui ne reposeraient plus uniquement sur le système im­munitaire mais aussi sur la régulation des interactions métaboliques entre notre organisme et les bactéries pathogènes.

Héros de cette découverte: le charançon des céréales Sitophilus

Insecte (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office pour les...) ravageur des céréales, le charançon est en couverture du journal Current Biology, édition du 6 octobre 2014, et en avant-première dans la version On Line du 18 septembre (Vigneron et al., http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2014.07.065). On savait déjà que cet insecte (Les insectes (Insecta) font partie du sous-embranchement des hexapodes, elle-même incluse dans l'embranchement des arthropodes mais dans un sous-groupe : les mandibulates. On connaît un insecte marin, la...) d’environ 3 mm vivait en symbiose avec les bactéries présentes dans son organisme. En poursuivant les investigations, cette équipe de chercheurs a maintenant démontré que cette présence bactérienne est régulée par l’insecte lui-même en fonction de ses exigences physiologiques pendant les périodes critiques de son développement.

Etape emblématique: sa dernière mue après laquelle il doit se reconstruire une armure, la cuticule, pour pouvoir affronter les conditions de l’environnement

Enfermé et protégé dans un grain (En météorologie maritime: Un grain est un vent violent et de peu de durée qui s'élève soudainement et qui est généralement accompagné de précipitations. Il se produit...) de céréale dont il se nourrit pendant tous les stades larvaires, le charançon effectue ensuite une métamorphose avant de sortir du grain sous forme d’adulte. C’est alors qu’il va pouvoir se reproduire et réinitialiser ce cycle grâce à la ponte de nouveaux oeufs dans d’autres grains, expliquant ainsi son pouvoir destructif sur les denrées céréalières. Une femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.) peut pondre jusqu’à 300 oeufs durant sa vie (La vie est le nom donné :).

Le charançon doit trouver en grande quantité la matière première à la fabrication de sa cuticule après sa métamorphose en adulte: un acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les bases.) aminé, la tyrosine, qu’il transforme par la suite en DOPA. Cette brique de construction de la cuticule lui est fournie par des bactéries symbiotiques qu’il domestique en son sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse...) et qui ont la faculté de fabriquer la tyrosine. Dès la mue adulte, le charançon va multiplier de façon impressionnante ses bactéries symbiotiques, et ce jusqu’à l’achèvement de sa cuticule 5 à 6 jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...) plus tard.

Une fois cette mission accomplie, les bactéries deviennent inutiles et leur maintenance coûteuse. S’engage alors un processus de recyclage organique (La chimie organique est une branche de la chimie concernant la description et l'étude d'une grande classe de molécules à base de carbone : les composés organiques.). Dans ce cas précis, c’est la DOPA, molécule médiatrice, qui va en s’accumulant signaler au charançon la fin du processus de formation de la cuticule. Par le biais de l’autophagie (Autophagie, du grec αυτο (soi-même) et φαγειν (manger), dégradation d'une partie du cytoplasme de la cellule par ses propres...) (digestion intracellulaire) et de l’apoptose (mort cellulaire programmée), le recyclage de ces bactéries va s’effectuer proprement, sans inflam­mation, dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences constituant l'onde ne se propagent pas...) ni rejet dans l’organisme.

Du métabolisme aux processus immunitaires d’élimination des bactéries

De nouvelles voies dans la lutte contre les insectes ravageurs des cultures peuvent être désormais ouvertes. Après avoir mis en lumière le rôle de la réponse immunitaire dans le contrôle des bactéries symbiotiques chez le charançon (édition du 21 octobre 2011 de la revue Science), l’équipe du Pro­fesseur Heddi vient de découvrir que des mécanismes anciens, tels que l’autophagie et l’apoptose, sont impliqués dans l’élimination puis le recyclage des bactéries symbiotiques. Ces mécanismes sont activés par un état physiologique de l’insecte et médiés par des molécules métaboliques. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives de lutte ciblant la symbiose entre l’insecte et sa bacté­rie. Ces solutions, plus respectueuses de l’environnement, offriront des alternatives (Alternatives (titre original : Destiny Three Times) est un roman de Fritz Leiber publié en 1945.) aux insecticides et pesticides.

Sur un autre plan, "L’élimination rapide et sans inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) de nombreuses bactéries représente un rêve pour la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) en infectiologie. Ce travail constitue aussi une ouverture conceptuelle dans la lutte contre les bactéries pathogènes: comprendre comment le système immunitaire est connecté à d’autres processus cellulaires et métaboliques, et maîtriser la complexité de ce réseau d’interactions, permettrait d’apporter de nouvelles réponses dans la lutte contre les infections bac­tériennes", conclut le Professeur Abdelaziz Heddi, directeur de l’UMR Inra/INSA Lyon BF2i.

Pour plus d'information voir:
- http://www.insa-lyon.fr/files/rte/CP_bf2i_092014.pdf

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Source: INRA
 
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