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Posté par Isabelle le Mardi 20/01/2015 à 12:00
Systèmes essentiels à la planète menacés
Près de la moitié des processus jugés essentiels au maintien de la stabilité de la planète sont maintenant dangereusement menacés par l'activité humaine. C'est la conclusion à laquelle en sont arrivés les 18 chercheurs d'une équipe internationale dont les travaux ont permis de recueillir de nouvelles données probantes témoignant de changements significatifs touchant quatre des neuf systèmes qui régissent la résilience de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...). L'un de ces systèmes gravement menacés est constitué par les cycles azote/phosphore, essentiels à toutes les formes de vie (La vie est le nom donné :) et particulièrement importants pour la production alimentaire et le maintien d'une eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) propre.

« Les gens dépendent des aliments, et les aliments dépendent d'une eau propre », affirme la professeure Elena Bennett, de l'École d'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine....) de l'Université McGill, qui a contribué à l'étude grâce à ses travaux sur les cycles azote/phosphore. « Ces nouvelles données révèlent que notre capacité à produire dans l'avenir des quantités suffisantes de nourriture et de disposer d'eau potable (Une eau potable est une eau devant satisfaire à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine.) et d'eau propre pour la baignade est menacée. »

Cette étude, dans laquelle les chercheurs ont fixé de nouvelles limites planétaires (au-delà desquelles se produiront des changements environnementaux soudains et irréversibles), a fait l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction...) d'un article publié aujourd'hui dans la revue spécialisée Science. Elle suggère que de tels changements touchant le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de...) de la Terre, l'intégrité de la biosphère (un concept englobant la perte de la biodiversité et la disparition des espèces) et le système terrestre (en raison de la déforestation, par exemple) constituent un risque pour les sociétés actuelles et futures. Le quatrième système sensiblement menacé est constitué par les cycles azote/phosphore, qui ont une incidence à la fois sur l'eau que nous consommons et notre capacité à produire des aliments.

Deux enjeux sous-tendent l'état des cycles azote/phosphore. Ces deux éléments sont essentiels à la vie végétale et animale. Or, le phosphore (Le phosphore est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole P et de numéro atomique 15.), utilisé comme engrais (Les engrais sont des substances, le plus souvent des mélanges d'éléments minéraux, destinées à apporter aux plantes des compléments...) pour les champs et les pelouses, n'est disponible qu'en quantité limitée, et les stocks dont nous disposons sont concentrés sur les plans géographique et politique. En effet, près de 90 % des réserves connues de phosphore se trouvent dans trois pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...) seulement: la plus grande partie est concentrée au Maroc, la Chine et l'Algérie étant les deux autres principaux producteurs.

En outre, les résidus d'engrais à base de phosphore rejetés dans les lacs peuvent avoir des effets désastreux sur les eaux environnantes. Ils peuvent occasionner une accélération de la croissance des algues susceptible d'entraîner le déclin ou la disparition d'autres organismes lacustres et de produire des toxines dangereuses pour les gens ou les animaux qui se baignent dans ces lacs ou en puisent de l'eau aux fins de consommation.

« L'été dernier, environ un demi-million de résidents de la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être...) de Toledo ont découvert que leur eau potable était contaminée par une toxine (Une toxine est une substance toxique pour un ou plusieurs organismes vivants. Le Petit Larousse de 2009, toutefois, définit la toxine comme une...) appelée microcystine. De plus, en 2007, le gouvernement du Québec a déclaré que plus de 75 lacs étaient contaminés par des toxines produites par les algues bleu-vert », explique la professeure Bennett. « Ce genre de problème est appelé à devenir de plus en plus fréquent. L'accès à un plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de lacs sera interdit, nous devrons assumer des coûts plus importants pour assainir notre eau et serons confrontés de plus en plus souvent à des situations temporaires où notre eau ne pourra plus être purifiée ni consommée. Voilà où nous en sommes pour avoir franchi cette limite planétaire. Ce n'est une bonne chose pour personne. »

Le professeur Elena Bennett, de l'École d'environnement de l'Université McGill, a participé à l'élaboration de nouvelles méthodes d'analyse des cycles azote/phosphore, l'une des quatre limites planétaires fondamentales qui, selon les scientifiques, ont déjà été franchies. Elle est disponible pour donner des entrevues.

POINTS CLÉS

- Le concept de limites planétaires a été actualisé à la lumière de nouvelles analyses et évaluations quantitatives.

- Les changements climatiques et l'intégrité de la biosphère sont considérés comme des limites planétaires fondamentales. L'altération significative de l'une ou l'autre de ces « limites fondamentales » « ferait basculer le système terrestre dans un nouvel état ».

- Les experts estiment que quatre limites ont déjà été franchies, l'humanité se trouvant maintenant dans une zone de danger: les changements climatiques, l'érosion de l'intégrité de la biosphère (perte de la biodiversité et disparition des espèces), les modifications du système terrestre, l'altération des flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie, matière, ...) évoluant dans un sens commun. Plus...) biogéochimiques (utilisation d'engrais, cycles azote/phosphore).

- Le dépassement de ces limites augmente le risque que les sociétés actuelles et futures déstabilisent le système terrestre, soit les interactions complexes entre les sols, les océans, l'atmosphère, les nappes glaciaires, la vie et les hommes.

- La limite climatique supérieure de deux degrés reconnue internationalement se trouve au-delà du niveau seuil appliqué pour les changements climatiques: elle constitue donc une cible risquée pour l'humanité et, par conséquent, une cible minimale absolue (L'absolue est un extrait obtenu à partir d’une concrète ou d’un résinoïde par extraction à l’éthanol à température ambiante ou plus généralement par...) pour les négociations mondiales sur le climat.

Les neuf limites planétaires

- Les changements climatiques

- L'érosion de l'intégrité de la biosphère (perte de la biodiversité et disparition des espèces)

- L'appauvrissement de l'ozone (L’ozone (ou trioxygène) est un composé chimique comportant 3 atomes d’oxygène (O3). Sa structure est une résonance entre trois états. Métastable aux conditions ambiantes, l’ozone a tendance...) stratosphérique

- L'acidification des océans

- Les flux biogéochimiques (cycles azote/phosphore)

- Les modifications du système terrestre (p. ex., la déforestation)

- La consommation mondiale d'eau douce

- La pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on...) atmosphérique par les aérosols (la présence de particules microscopiques dans l'atmosphère qui affectent le climat et les organismes vivants)

- La présence de nouveaux composés (p. ex., les polluants organiques, les substances radioactives, les nanomatériaux et les microplastiques)

Pour communiquer directement avec la chercheuse: elena.bennett@mcgill.ca.
http://twitter.com/McGillU

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Source: Université McGill