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Posté par Adrien le Mercredi 13/05/2015 à 12:00
Une autre pièce du puzzle pour comprendre l'attaque du VIH

Petronela Ancuta. Photo: CRCHUM
Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH-1) a plus d'un tour dans son sac. Découvert il y a maintenant 32 ans, personne n'a encore réussi à mettre au point un vaccin pour guérir les 35 millions de personnes infectées dans le monde (Le mot monde peut désigner :). Pour percer son mystère, il faut comprendre comment le VIH s'y prend pour déjouer les cellules immunitaires, la ligne de défense de l'organisme.

Une équipe dirigée par Petronela Ancuta, professeure au Département de microbiologie (La microbiologie est la science qui étudie les micro-organismes (ou microorganismes).), infectiologie et immunologie (L'immunologie est la branche de la biologie qui s'occupe de l'étude du système immunitaire. Apparu très tôt dans l'échelle de l'évolution, ce...) de l'UdeM et chercheuse au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM), apporte une partie de la réponse dans une étude publiée le 30 avril dernier dans Retrovirology.

«Nous avons identifié un nouveau mécanisme de déficit en cellules Th17 chez les personnes infectées par le VIH. Ces cellules immunitaires sont la cible privilégiée du VIH-1. Lorsqu'elles diminuent dans la muqueuse (Les muqueuses (du latin mucus) sont des minces couches de tissus d'origine ectodermique constituées de cellules épithéliales, et de tissu conjonctif...) intestinale, la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) progresse», résume Petronela Ancuta, également professeure au Département de microbiologie, infectiologie et immunité de l'Université de Montréal.

Le VIH-1 ne s'attaque pas à toutes les cellules immunitaires. Il a une préférence pour certaines, les lymphocytes T qui portent à leur surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) un récepteur particulier, appelé CD4+. Dès le début de l'infection, le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent...) détruit ces cellules, notamment dans le tube digestif, un site important de réplication virale. Une fois que le virus a tué suffisamment de lymphocytes T CD4+, les sujets infectés par le VIH développent le syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances cliniques d'écart à...) d'immunodéficience acquise (SIDA) en absence du traitement antirétroviral.

Le VIH-1 n'a besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...) d'infecter qu'une fraction mineure de cellules T CD4+ pour se propager et persister dans l'organisme hôte. Les médicaments antirétroviraux réussissent à empêcher le VIH de se multiplier dans l'organisme. Pourtant, le VIH-1 n'est pas éradiqué avec les thérapies antirétrovirales actuelles, sans compter que les personnes infectées doivent recevoir à vie (La vie est le nom donné :) des traitements coûteux qui ne manquent pas d'effets indésirables.

Il faut donc mieux comprendre les bases moléculaires de la vulnérabilité des cellules T CD4+ au VIH pour arriver à éradiquer le virus. Une fraction des cellules T CD4+ sont notamment impliquées dans la défense contre les pathogènes au niveau intestinal. Ces cellules sont nommées Th17 car elles produisent un facteur soluble, l'interleukine-17 (IL-17), qui est essentiel pour leurs fonctions. «Nous avons trouvé que les cellules Th17 des sujets sains se différencient à partir de deux types de précurseurs qu'on dit naïfs, c'est-à-dire des cellules souches de cellules Th17, explique Petronela Ancuta. Chez les sujets infectés par le VIH, il y a un déficit majeur en précurseurs Th17 naïfs. Cette déplétion s'explique au moins en partie par l'infection préférentielle de ces cellules par le VIH», résume Petronela Ancuta.

La pénurie en précurseurs Th17 naïfs représente un nouveau mécanisme qui contribue à la perte de cellules Th17 et à la progression de la maladie. L'équipe de Petronela Ancuta continue à travailler sur l'identification des nouvelles stratégies pour préserver ces précurseurs Th17 naïfs chez les sujets infectés par le VIH, incluant les thérapies antirétrovirales administrées lors des phases précoces de l'infection. Pour cela, le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...) précoce de l'infection à VIH reste un but clinique majeur pour les sujets atteints de ce virus.

L'identification des précurseurs Th17 naïfs contribue à la compréhension du fonctionnement d'autres maladies qui sont associées, contrairement au VIH, à une exacerbation des fonctions Th17 telles que l'infection à virus de l'hépatite C, les maladies inflammatoires auto-immunes et le rejet des greffes.

Cette étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et la Fondation canadienne de recherche sur le sida (CANFAR). Les autres auteurs comprennent Sandrina DaFonseca, Julia Niessl, Sylvia Pouvreau ainsi que des chercheurs cliniciens au CRCHUM et à l'Université McGill. Les auteurs remercient le Réseau SIDA et Maladies Infectieuses du Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS) ainsi que les plateformes scientifiques du CRCHUM.

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Source: Université de Montréal