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Posté par Isabelle le Lundi 08/06/2015 à 00:00
Vers une meilleure compréhension des mécanismes de la dépression

Réseau neural simple avec deux cellules gliales – astrocyte (en rouge) et oligodendrocyte. Les astrocytes interagissent avec les vaisseaux et les neurones.Illustration: Wikimedia Commons
Une nouvelle étude publiée par l’équipe de Naguib Mechawar, Ph.D., chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et...) du Groupe Mcgill d’Études sur le Suicide (Le suicide (du latin suicidium, du verbe sui caedere « se massacrer soi-même ») est l’acte délibéré de mettre...) (GMES) à l’Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) Douglas (CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île de Montréal) et professeur agrégé au département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche (ψυχὴ), qui signifie âme ou...) de l’Université McGill, jette un nouvel éclairage sur l’implication des astrocytes dans la dépression. Les astrocytes, un type de cellules non-neuronales, ont déjà été impliqués dans la dépression et le suicide. Toutefois, on ne savait pas si ces cellules étaient perturbées dans tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) ou seulement dans certaines régions. Cette recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) fournit de nouvelles données indiquant que les réseaux d’astrocytes sont altérés spécifiquement au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure...) de régions cérébrales impliquées dans la régulation de l’humeur. De plus, par sa description de nouveaux sous-types d’astrocytes, cette étude révèle des aspects propres au cerveau humain.

La diversité et la complexité morphologique et fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme a été...) des astrocytes du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) cérébral humain, tant normal que pathologique, sont reconnues depuis peu. En particulier, des recherches récentes effectuées par le GMES ainsi que d’autres groupes indépendants ont révélé que la regulation de gènes astrocytaires au sein du cortex préfrontal est altérée chez des patients ayant souffert de dépression.

De nouvelles percées

Ce travail, basé sur l’analyse d’échantillons cérébraux post mortem provenant de la Banque de cerveaux Douglas-Bell Canada et mené par les doctorantes Susana Gabriela Torres-Platas et Corina Nagy, représente de nouvelles percées dans le domaine. Il montre notamment que la GFAP, une protéine spécifique aux astrocytes et dont l’expression est significativement réduite dans le cortex préfrontal de dépressifs suicidés, est normalement exprimée au sein de régions corticales n’étant pas impliquées dans la dépression, telle le cortex visuel. Toutefois, elle est réduite dans des régions sous-corticales qui sont intimement interconnectées avec le cortex préfrontal ou ayant été précédemment impliquées dans les troubles de l’humeur.

Au sein de ces régions sous-corticales, dans des échantillons cérébraux provenant de patients et de sujets sains, nous avons également observé des astrocytes plus complexes que les astrocytes corticaux. Nous en sommes maintenant à analyser ces cellules afin de mieux comprendre ce qui les caractérise. Je suis convaincu qu’il est important de décrire l’organisation (Une organisation est) microscopique du cerveau humain et de comprendre comment cette organisation est affectée dans la dépression. Cette connaissance permet de mieux comprendre les causes biologiques de cet important trouble de santé mentale et devrait aider à l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques” explique le Dr. Mechawar. Cette étude paraît aujourd’hui dans la revue Molecular Psychiatry.

Ces travaux ont été subventionnés par les Instituts de Recherche en Santé du Canada (IRSC) et le Fonds de recherche du Québec-Santé (ERANET-NEURON).

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Source: McGill