Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Isabelle le Dimanche 23/08/2015 à 00:00
Retarder le plaisir
L’identification des structures cérébrales liées à la gratification différée entraîne des répercussions en matière de troubles psychiatriques

Pour la toute première fois, des chercheurs de l’Université McGill ont clairement identifié les parties spécifiques du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du...) interpellées dans le processus de gratification différée.

Dans un article récemment paru dans la revue European Journal of Neuroscience, l’équipe mcgilloise a démontré que l’hippocampe (associé à la mémoire) et le noyau accumbens (associé au plaisir) travaillent de concert lors de décisions de cette nature, où la notion de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à...) un rôle important. Les chercheurs ont prouvé que lorsque ces deux structures sont véritablement « déconnectées » dans le cerveau, on assiste à une perturbation des décisions liées à la gratification différée.

Il s’agit d’une découverte ayant des retombées relativement à une vaste gamme de troubles neuropsychiatriques, dont le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, le trouble de l’alimentation et le trouble anxieux, ainsi qu’à des problèmes de nature plus courante liés à un comportement mésadapté qui entraîne des répercussions lors de la prise de décisions courantes quant à la consommation de drogue (Une drogue est un composé chimique, biochimique ou naturel, capable d'altérer une ou plusieurs activités neuronales et/ou de perturber les communications...) ou d’alcool, la dépendance au jeu ou l’utilisation effrénée de cartes de crédit.

Méthode employée par les chercheurs


Image de l'hippocampe. Illustration: McGill
C’est en menant une recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) auprès de rats formés pour choisir entre des stimuli entraînant l’obtention de récompenses en fonction de périodes précises que les chercheurs ont mis au jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle...) l’importance de ce lien. Les rats devaient faire un choix entre deux formes visuelles identiques en appuyant leur museau pour désigner l’une d’entre elles sur un écran tactile (similaire à un iPad), en échange de granules de sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier...). Comme la plupart des humains, les rats ont la dent (Une dent est un organe enveloppé d'os, dur, blanchâtre, généralement composé d'une couronne libre et d'une ou plusieurs racines...) sucrée.

Au fil du temps, les rats ont appris à négocier un compromis avantageux – reporter l’obtention immédiate d’une petite récompense (une granule de sucre) pour recevoir, après un moment d’attente, une récompense plus importante (soit quatre granules de sucre). Les chercheurs ont observé qu’en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans...), les rats, comme c’est généralement le cas chez l’humain, sont disposés à reporter l’obtention d’une récompense plus importante, mais uniquement pour une certaine période, et seulement s’ils jugent que le jeu en vaut la chandelle.

Cependant, lorsque survenait une interruption du circuit liant (Un liant est un produit liquide qui agglomère des particules solides sous forme de poudre. Dans le domaine de la peinture, il permet au pigment d'une...) l’hippocampe au noyau accumbens, les rats s’impatientaient et il leur était impossible d’attendre, ne serait-ce que quelques secondes. Ils optaient alors pour la récompense immédiate, bien que plus petite. Fait important à mentionner: la présence de lésions décelées dans d’autres parties du cerveau connues pour leur rôle dans certains aspects de la prise de décisions – dont le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal – n’entraînait pas un tel changement de comportement.

Répercussions et prochaines étapes

« Il s’agit d’un type de décision que plusieurs d’entre nous sommes tôt ou tard appelés à prendre. Cela est particulièrement le cas chez les très jeunes, les très vieux et les personnes souffrant d’une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) du cerveau », a indiqué la professeure Yogita Chudasama, chercheuse principale de l’article et membre du Département de psychologie de l’Université McGill. « D’une certaine façon, ce lien est logique (La logique (du grec logikê, dérivé de logos (λόγος), terme inventé par Xénocrate signifiant à la fois raison,...); nous savons que l’hippocampe joue un rôle dans la planification (La planification est la programmation d'actions et d'opérations à mener), et que le noyau accumbens est à la fois un centre de récompense et un récepteur important de dopamine, un messager chimique responsable de la transmission de signes liés au plaisir et à la gratification. Nous ne pouvions toutefois pas imaginer que les résultats seraient aussi probants. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en nous éclairant davantage sur le processus décisionnel, les données colligées mettent en lumière le potentiel de ce circuit – qui fait appel à l’hippocampe et au noyau accumbens – comme agent thérapeutique auprès de groupes cibles formés de patients humains. »

Note:
L’article « Hippocampal interplay with nucleus accumbens is critical for decisions about (L’about est un terme de charpenterie désignant l’extrémité façonnée d’une pièce de bois.) time », par Andrew R. Abela et coll., a été publié en ligne dans la revue European Journal of Neuroscience:
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ejn.13009/epdf.

Cette étude a été réalisée grâce au soutien des Instituts de recherche en santé du Canada, de la Fondation canadienne pour l’innovation et du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.


Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: McGill