Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Adrien le Lundi 31/08/2015 à 00:00
La maladie d'Alzheimer liée à l'accumulation de gras dans le cerveau

La maladie d'Alzheimer serait une maladie métabolique du cerveau, un peu comme l'obésité ou le diabète sont des maladies métaboliques périphériques. Photo: Thinkstock.
Les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer présentent des dépôts de gras dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire,...). Pour la première fois depuis la description de cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) il y a 109 ans, des chercheurs affiliés au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CRCHUM) découvrent que des gouttelettes de gras s'accumulent dans le cerveau des patients atteints de cette maladie et identifient la nature de ces gras.

Cette percée publiée aujourd'hui dans la revue Cell Stem Cell ouvre une nouvelle piste dans la recherche d'un médicament pour guérir ou freiner la progression de la maladie d'Alzheimer. «Nous avons trouvé des dépôts d'acides gras dans le cerveau de patients morts de cette maladie et chez des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de...) génétiquement modifiées pour développer la maladie d'Alzheimer. Nos expériences suggèrent que ces accumulations anormales de gras pourraient constituer un déclencheur de la maladie», estime Karl Fernandes, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) au CRCHUM et professeur à l'Université de Montréal.

Plus de 47,5 millions de personnes dans le monde (Le mot monde peut désigner :) souffrent de la maladie d'Alzheimer ou d'une autre forme de démence, selon l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé. Malgré des décennies de recherche, les seuls médicaments actuellement disponibles ne s'attaquent qu'aux symptômes.

Cette recherche met en lumière ce qui pourrait s'avérer un chaînon manquant dans le domaine. Au départ, les chercheurs tentaient de comprendre pourquoi les cellules souches, qui habituellement aident à réparer les cellules endommagées du cerveau, sont inactives lorsque la maladie d'Alzheimer se manifeste. L'étudiante au doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et...) Laura Hamilton s'est étonnée de trouver des gouttelettes de gras près des cellules souches, à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa...) interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une...) du cerveau de souris prédisposées à développer cette maladie. «Nous avons réalisé que le Dr Alois Alzheimer lui-même avait noté la présence de dépôts de lipides dans le cerveau des patients après leur mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la...), lorsqu'il a décrit la maladie pour la première fois en 1906. Mais cette observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de...) a été écartée et largement oubliée en raison de la complexité biochimique des lipides», raconte Laura Hamilton.

Les chercheurs ont examiné les cerveaux de neuf patients morts de la maladie d'Alzheimer et trouvé significativement plus de gouttelettes de gras en comparaison avec cinq cerveaux sains. Ensuite, une équipe de chimistes de l'Université de Montréal dirigée par Pierre Chaurand a utilisé une technique de spectrométrie de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps...) de pointe pour identifier ces dépôts de gras comme étant des triglycérides contenant des acides gras, qu'on trouve aussi dans les graisses animales et les huiles végétales.

«Nous avons découvert que ces acides gras sont produits par le cerveau, qu'ils s'accumulent lentement avec le vieillissement (La notion de vieillissement décrit une ou plusieurs modifications fonctionnelles diminuant progressivement l'aptitude d'un objet, d'une information ou d'un organisme à assurer ses fonctions.) normal, mais que le processus est fortement accéléré en présence de gènes prédisposant à la maladie d'Alzheimer, soutient Karl Fernandes. Chez les souris prédisposées à la maladie, nous avons montré que ces acides gras s'accumulent très tôt, dès l'âge de deux mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), ce qui correspond au début de la vingtaine chez l'humain. Nous pensons donc que l'accumulation d'acides gras n'est pas une conséquence mais bien une cause ou un facteur accélérant de la maladie.»

Heureusement, il existe des inhibiteurs pharmacologiques de l'enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions...) qui produit ces acides gras. Ces molécules actuellement testées pour des maladies métaboliques comme l'obésité pourraient s'avérer efficaces pour traiter la maladie d'Alzheimer. «Nous avons réussi à empêcher l'accumulation d'acides gras dans le cerveau de souris prédisposées à la maladie. L'impact de ce traitement sur l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut...) des aspects de la maladie n'est pas encore connu, mais il a fortement augmenté l'activité des cellules souches, explique Karl Fernandes. C'est très prometteur, parce que les cellules souches jouent un rôle important dans l'apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences, d'attitudes ou de valeurs culturelles, par l'observation, l'imitation,...) et la mémoire ».

Cette découverte soutient la thèse à l'effet que la maladie d'Alzheimer serait une maladie métabolique du cerveau, un peu comme l'obésité ou le diabète sont des maladies métaboliques périphériques. L'équipe de Karl Fernandes poursuit ses expériences pour vérifier si cette nouvelle piste permet de prévenir ou de retarder les problèmes de mémoire, d'apprentissage et de dépression liés à la maladie.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Université de Montréal