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Posté par Redbran le Mercredi 30/09/2015 à 00:00
Les femmes plus sensibles que les hommes ?
La «réactivité émotionnelle» plus grande des femmes pourrait expliquer pourquoi elles sont plus susceptibles que les hommes de souffrir de dépression.[/align]

Les femmes réagissent différemment des hommes face aux images négatives. Cette réalité pourrait s'expliquer par de subtiles différences dans le fonctionnement de leur cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité...). Cette explication neurobiologique d'une plus grande sensibilité des femmes a été démontrée par des chercheurs du CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal (Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en santé mentale de Montréal) et de l'Université de Montréal dont les résultats de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) ont été publiés dans Psychoneuroendocrinology.

«Tous ne sont pas égaux face à la maladie mentale (La dénomination maladie mentale est le terme générique qui regroupe toute une série de troubles d'origines diverses (toxiques, organiques, génétiques, psychogènes, traumatiques, etc., etc.). Il a l'avantage...),» déclare Adrianna Mendrek, chercheure à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et première auteure de l'article. «La réactivité émotionnelle plus importante chez les femmes pourrait expliquer plusieurs choses, entre autres le fait qu'elles sont deux fois plus susceptibles de souffrir de dépression et de troubles anxieux que les hommes», explique la professeure associée au Département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie...) de l'Université de Montréal.

Dans le cadre de leurs recherches, madame Mendrek et ses collègues ont remarqué que certaines zones du cerveau des femmes et des hommes, plus particulièrement celles du système limbique, réagissent différemment lorsqu'elles sont exposées à des images négatives. C'est pourquoi, ils ont cherché à savoir si le cerveau des femmes fonctionne différemment de celui des hommes et si cette différence est modifiée par des facteurs psychologiques (ex. : traits masculins ou féminins) ou endocriniens (ex.: variations hormonales).

Méthodologie

Pour cette étude, quarante-six personnes en bonne santé - dont vingt-cinq femmes - ont visionné des images et indiqué si celles-ci leur évoquaient des émotions positives, négatives ou neutres. En parallèle, l'activité de leur cerveau était mesurée par imagerie (L’imagerie consiste d'abord en la fabrication et le commerce des images physiques qui représentent des êtres ou des choses. La fabrication se...) cérébrale. Au préalable, une prise de sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté...) était effectuée afin de déterminer le niveau d'hormonal (pr.ex. : oestrogènes, testosterone) de chacun des participants.

Résultats

Les femmes réagissent différemment des hommes face aux images négatives.
- Plus le niveau de testostérone est élevé, moins cette sensibilité est importante.
- Plus les traits féminins sont présents (sans égard au sexe (Le mot sexe désigne souvent l'appareil reproducteur, ou l’acte sexuel et la sexualité dans un sens plus global, mais se réfère...) du participant) plus cette sensibilité est importante.
- Au moment du visionnement, le cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) préfrontal dorso-médian (CPFdm) et l'amygdale de l'hémisphère droit sont activés, autant chez les hommes que chez les femmes.
- La connexion entre le CPFdm et l'amygdale est plus forte chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) que chez la femme. Plus ces deux régions interagissent, moins la sensibilité aux images est importante.

«Ce dernier point (Graphie) constitue l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...) la plus importante et la plus originale de notre étude», déclare Stéphane Potvin, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur...) à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal et co-auteur de cette étude. L'amygdale est une région du cerveau connue pour agir comme un détecteur de menace : elle s'active lorsque l'individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) est exposé à des images de peur ou de tristesse. Le CPFdm est, quant à lui impliqué dans les processus cognitifs (pr. ex. : perception, émotion, raisonnement) associés aux interactions sociales.

«Une meilleure connexion entre ces régions chez les hommes suggère que ces derniers ont une approche plus analytique qu'affective face à une situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général afin de le...) entraînant une émotion négative» affirme monsieur Potvin, professeur sous octroi (L’octroi est une contribution indirecte perçue autrefois par les municipalités à l'importation de marchandises sur leur territoire. Cette taxe frappait les marchandises les...) agrégé au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal. «Il est possible que les femmes se concentrent plutôt sur les sentiments générés par ces stimuli, alors que les hommes vont, d'une certaine façon, rester moins «passifs» face à une émotion négative, en tentant d'analyser ces stimuli et leurs conséquences», poursuit monsieur Potvin.

Cette connexion entre le système limbique et le cortex préfrontal semble également modulée par la testostérone - hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) mâle - qui a tendance à renforcer cette connexion, mais aussi par un comportement social propre à chacun (genre féminin ou genre masculin).

«Il y a donc à la fois des facteurs biologiques et culturels qui vont moduler notre sensibilité à des situations négatives d'un point de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) émotionnel» déclare madame Mendrek. «Nous allons maintenant nous intéresser à la réaction du cerveau des hommes et des femmes en fonction du type d'émotions négatives (pr. ex. : peur, tristesse, colère) et du rôle du cycle menstruel dans cette réaction», conclut la chercheuse.

À propos de l'étude

Ovidiu Lungu, Stéphane Potvin, Andràs Tikàsz, Adrianna Mendrek. Sex differences in effective fronto-limbic connectivity during negative emotion processing - Psychoneuroendocrinology.

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Source: Université de Montréal