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Posté par Adrien le Mardi 15/12/2015 à 00:00
Le froid - et une bactérie
L'équipe de Mirko Trajkovski de la Faculté de médecine de l'Université de Genève (UNIGE) a démontré il y a quelques semaines que l'absence de microbiote intestinal peut être lié à une activation accrue du tissu adipeux brun comme moyen de limiter l'obésité. La recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) continue et aujourd'hui les scientifiques montrent que des souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme...) exposées au froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) présentent un changement radical dans la composition de leur microbiote (Le microbiote est une nouvelle dénomination de la microflore.): elles maigrissent et sont plus sensibles à l'insuline (L'insuline (du latin insula, île) est une hormone peptidique sécrétée par les cellules β des îlots de Langerhans du pancréas. Elle a, avec le glucagon, un rôle...). Transplanter ce microbiote modifié sur des souris, dépourvues de flore intestinale (La flore intestinale est l'ensemble des micro-organismes qui se trouvent dans le tube digestif. Le terme de flore intestinale n'est guère correct, puisqu'il...), leur permet de développer une tolérance totale au froid. Cependant, après une exposition prolongée au froid, la perte de poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la...) est atténuée, car le corps absorbe davantage les calories présentes dans les aliments consommés. Ceci s'explique par la disparition d'une bactérie essentielle, Akkermansia muciniphila, qui agit sur la capacité d’absorption ( En optique, l'absorption se réfère au processus par lequel l'énergie d'un photon est prise par une autre entité, par exemple, un atome qui fait une transition entre deux niveaux...) des substances nutritives par l'organisme. Lorsque la bactérie est administrée artificiellement, la perte de poids reprend. Grâce à cette découverte, publiée dans la revue Cell, les chercheurs pourraient développer des solutions pour lutter contre l'obésité.


La température corporelle des mammifères est généralement plutôt constante. Toutefois, lorsqu'un mammifère est exposé au froid, la température de son corps descend de quelques degrés, avant de revenir lentement à la normale. Ce mécanisme d'adaptation dépend du tissu adipeux (Le tissu adipeux (masse grasse)) brun, dont la fonction est de générer de la chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) en brûlant des calories lorsqu'il est activé par le froid. Ainsi, le froid, tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme l'activité physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et...), a pour effet de favoriser l'apparition de cellules adipeuses similaires aux graisses brunes - les graisses beiges - dans les graisses blanches, et protège le corps contre l'excès de poids et ses conséquences désastreuses.

Mais comment ce phénomène interagit-il avec la composition du microbiote ? Le froid pourrait-il être un outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la simplification des actions entreprises, par une plus...) déclenchant ce mécanisme anti-obésité ? Sur une période d'un mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), les chercheurs de l'UNIGE ont exposé un groupe de souris au froid - en faisant baisser la température ambiante de 20 °C à 6 °C - et ont étudié la manière dont s'est modifié leur microbiote. Ils ont également transplanté ce « microbiote froid » sur des souris dépourvues de flore (La flore est l'ensemble des espèces végétales présentes dans un espace géographique ou un écosystème déterminé (par...) intestinale. Claire Chevalier et Ozren Stojanovic, co-premiers auteurs de cette étude, ont souligné que «les changements observés dans la composition du microbiote des souris, évoluant dans un environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend...) froid, étaient encore plus importants que les différences du microbiote précédemment observées entre des individus obèses et des individus sains. Autre élément frappant, les souris ayant bénéficié de la transplantation du microbiote modifié par le froid ont immédiatement développé une résistance au froid: leur température corporelle n'a pas chuté, comme si le microbiote transplanté avait également modifié ce mécanisme d'adaptation.» Le microbiote pourrait ainsi entraîner une résistance au froid à lui tout seul. De plus, les souris transplantées ont montré, dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...), un meilleur profil métabolique, avec une sensibilité accrue à l'insuline et des graisses beiges supplémentaires.

L'effet du froid sur la masse corporelle

Normalement, les souris prennent du poids de manière régulière. Mais, lorsqu'elles sont exposées au froid, elles perdent du poids car elles brûlent des calories pour les convertir en chaleur. Toutefois, au bout d'un moment, elles recommencent à prendre du poids. Cela suggère que c'est la manière dont sont absorbées les substances nutritives qui est modifiée. « Autrement, nous pourrions nous attendre à ce que les souris soumises au froid continuent à perdre du poids, puisqu'elles continuent à brûler des calories afin de générer de la chaleur, explique Mirko Trajkovski. Nous avons été stupéfaits d'observer que les modifications du microbiote pendant une exposition au froid favorisaient, en réalité, une augmentation de la longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en...) de l'intestin (L'intestin est la partie du système digestif qui s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en deux parties appelées...) et des microvillosités. » Les microvillosités sont de petites projections qui dépassent de la paroi intestinale et accroissent la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement...) absorbante de l'intestin. Par conséquent, l'absorption des substances nutritives s'intensifie. Ceci signifie que le microbiote a également la capacité de réguler la morphologie de l'intestin.

Une bactérie fascinante appelée Akkermansia muciniphila

Lorsque le profil du microbiote se modifie avec le froid, on observe une réduction drastique d'une bactérie spécifique, appelée Akkermansia muciniphila. Cette bactérie est en effet un élément essentiel du mécanisme d'adaptation au froid. Si elle est administrée artificiellement, la longueur de l'intestin revient à une taille normale et les souris exposées au froid continuent à perdre du poids.

Le microbiote des personnes souffrant d'obésité semble manquer de cette même bactérie, qui a la capacité de réguler l'absorption des nutriments alimentaires. En continuant leur étude sur cette bactérie, les scientifiques espèrent développer des solutions inédites pour lutter contre l'obésité. Cette découverte va au-delà de son potentiel comme traitement anti-obésité. « L'intestin est également notre tissu endocrinien le plus grand ; il sécrète de nombreuses hormones qui agissent sur différentes parties de notre corps. La modification de la morphologie de l'intestin pourrait alors être l'une des manières pour le microbiote d'influer sur tous les autres organes, y compris notre cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la...) », conclut le Professeur Trajkovski.

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Source: UNIGE - Université de Genève
 
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