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Posté par Redbran le Vendredi 08/01/2016 à 12:00
Comment retrouver des traces de vie sur Mars ?
Quelles formes de vie peut-on espérer trouver à la surface de Mars ? Où les chercher, mais surtout, comment les identifier de manière certaine ? Les chercheurs du Centre de biophysique moléculaire (CNRS) dressent un inventaire des scénarios pouvant conduire à la détection, ou non, de biosignatures au cours d’une prochaine mission martienne programmée en 2018. Ces travaux font l’objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction...) d’une publication dans la revue Astrobiology.


Rover EXOMARS 2018. Illustration/ ESA

Le robot (Un robot est un dispositif mécatronique (alliant mécanique, électronique et informatique) accomplissant automatiquement soit des tâches qui sont généralement...) Curiosity de la mission Mars Science Laboratory (Le Mars Science Laboratory est un robot de la NASA qui doit être envoyé sur Mars en 2009.) (MSL) cherche actuellement des traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous la responsabilité de la Commission...) organiques de vie (La vie est le nom donné :) sur Mars dans le cratère de Gale (La gale ou mal de Sainte-Marie est une affection contagieuse de la peau spécifique à l'homme, déterminée par la femelle d'un acarien microscopique (Sarcoptes...), site potentiellement habitable. L’objectif de la mission ExoMars 2018 et de son robot Pasteur sera également de rechercher des traces de vie fossile (Un fossile (dérivé du substantif du verbe latin fodere : fossile, littéralement « qui est fouillé ») est le reste (coquille, os, dent, graine,...) mais cette fois dans la région du pôle nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) nommée « Northern Plains ». Aujourd’hui, la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est...) de Mars est stérile mais dans sa jeunesse, certaines parties de la planète étaient habitables. Quelles formes de vie ont pu se développer à la surface de Mars ? Où sont leurs traces ? Et comment pouvons-nous les retrouver ?

Afin de répondre à ces questions, les chercheurs se sont intéressés aux conditions ayant pu conduire à l’apparition de la vie sur Mars. Ils ont montré notamment que l’habitabilité de Mars a probablement été très hétérogène dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) et dans l’espace, parlant de conditions d’habitabilité “ponctuelles”. Ainsi, s’il y a réellement eu de la vie sur Mars, elle a dû rester (et reste peut-être encore en sub-surface) très primitive, semblable à des microorganismes chimiotrophes (*) anaérobies. C’est ce type d’organismes qu’il faut donc rechercher en priorité.

Mais comment détecter de manière fiable la présence de biosignatures martiennes préservées lors de la fossilisation ? Les chercheurs ont commencé par étudier des traces fossiles de ce type de microorganismes retrouvées dans des roches de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive...) primitive (3.5-3.33 milliards d’années). Ils montrent comment il est possible de remonter à la biogénicité (évolution des organismes vivants) de ces anciennes biosignatures en les comparant à des structures abiogènes (ne provenant pas d’organismes vivants). Pour cela, l’équipe s’est rendue compte qu’il était nécessaire de tenir compte de la morphologie et des compositions géo-organo-chimiques et isotopiques des biosignatures pour obtenir une identification fiable à partir des mesures. Il est alors possible de remonter à la biogénécité des structures mais également à leur métabolisme et leur environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend...). Ils ont ainsi montré que le développement de ces organismes était contrôlé par la disponibilité des sources de nutriment et d’énergie, organiques et inorganiques, produites par l’activité de sources hydrothermales, ces biosignatures y étant toujours retrouvées à proximité.

Mais pour pouvoir étudier ces organismes, encore faut-il qu’ils aient été fossilisés et que leurs biosignatures aient été préservées. Les auteurs montrent que pour que cela soit le cas, la minéralisation des restes microbiens et la cimentation des sédiments doivent avoir été rapides.

Cette étude permet de dresser un inventaire plus précis des scénarios pouvant conduire à la détection, ou non, de biosignatures lors d’une mission martienne, en fonction de l’apparition (ou non) de la vie sur Mars, de la préservation des biosignatures, des limites de détection des instruments utilisés, et de la localisation géographique du robot par rapport aux traces de vie ou encore d’une possible contamination.

Note:
(*) Un organisme chimiotrophe produit des molécules organiques par oxydation de substances minérales par voie de chimiosynthèse.


Pour plus d'information voir:
F. Westall, F. Foucher, N. Bost, M. Bertrand, D. Loizeau, J.L. Vago, G. Kminek, F. Gaboyer, K.A. Campbell, J.-G. Bréhéret, P. Gautret & C.S. Cockell
Biosignatures on Mars: what, where and how? Implications for the search for Martian life
Astrobiology 17 novembre 2015
- doi:10.1089/ast.2015.1374
- http://www.techno-science.net/?onglet=news&news=14542

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Source: CNRS