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Posté par Adrien le Mercredi 20/01/2016 à 00:00
Comportement antisocial: piste de la génétique et de l'environnement

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Un gène impliqué dans la régulation des émotions et du comportement pourrait influencer l'impact à long terme de la violence vécue au cours de l'enfance sur les comportements antisociaux des individus. Cette conclusion est le fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par...) d'une étude longitudinale menée par une équipe de chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal) et de l'Université de Montréal sur 327 jeunes hommes vivant au Québec (Étude longitudinale des enfants de maternelle au Québec) et dont certains ont été exposés à de la violence au cours de leur enfance.

«On sait déjà que les personnes victimes ou témoins de violence au cours de l'enfance sont plus susceptibles de s'engager dans des trajectoires antisociales à l'adolescence et à l'âge adulte, déclare Isabelle Ouellet-Morin, chercheuse à l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Des études génétiques ont par la suite rapporté que cette influence pouvait être exacerbée par des différences inscrites dans l'ADN, dont le gène de la monoamine oxydase A [MAOA]», explique la professeure de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.

La MAOA est une enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des...) qui dégrade des neurotransmetteurs appelés monoamines (noradrénaline, sérotonine et dopamine), dont le déséquilibre dans certaines zones du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et...) pourrait jouer un rôle dans la régulation des émotions et le comportement d'inhibition. «Les résultats relatifs au rôle du gène MAOA dans l'interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque...) entre les expériences adverses vécues dans l'enfance et les comportements antisociaux étaient jusqu'à présent fluctuants, c'est pourquoi nous voulions faire cette étude, pour tenter de clarifier la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus général afin de le qualifier à travers...)», affirme Mme Ouellet-Morin.

Cette cohorte de participants, suivie pendant plus de 15 ans, a servi de base aux chercheurs pour évaluer le rôle du gène MAOA dans divers comportements antisociaux, comme la violence dans les relations intimes et les symptômes associés à une personnalité antisociale (p. ex., effectuer des activités illégales, être impulsif, n'avoir aucun remords, etc.). Ils ont également voulu savoir si l'influence exercée par ce gène se manifestait différemment selon l'exposition relative des participants à de la violence au cours de leur enfance.

Résultats

Après l'analyse des données, Mme Ouellet-Morin et son équipe ont confirmé que l'exposition à la violence est associée à une augmentation de symptômes liés à un trouble de la conduite à l'adolescence et à une personnalité antisociale à l'âge adulte, et à une probabilité plus élevée de manifester des comportements d'agression dans leurs relations intimes.

Dans les faits, cette étude met en évidence l'effet modulateur du gène MAOA sur la manifestation de comportements antisociaux chez les jeunes hommes ayant été exposés à de la violence lorsqu'ils étaient enfants.

Les hommes porteurs d'un polymorphisme moins commun du gène MAOA dans la population (environ 30% des hommes) sont, en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans changer la...), plus à risque de manifester ces comportements à l'adolescence et au début de l'âge adulte comparativement à ceux n'ayant pas ce polymorphisme, mais aussi exposés à de la violence au cours de leur enfance.

«Ce résultat montre bien que nos gènes n'ont pas toutes les réponses sur le devenir des individus, pas plus que l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les...) d'ailleurs. L'opposition entre l'inné et l'acquis est un faux débat. Le défi est maintenant de chercher à mieux comprendre les mécanismes par lesquels la vulnérabilité et la résilience persistent chez des personnes exposées à des contextes de vie (La vie est le nom donné :) adverses. Une partie de cette réponse se trouve dans l'interaction constante entre l'individu (Le Wiktionnaire est un projet de dictionnaire libre et gratuit similaire à Wikipédia (tous deux sont soutenus par la fondation Wikimedia).) et son environnement, incluant notre bagage génétique», conclut Mme Ouellet-Morin.

À propos de l'étude

Isabelle Ouellet-Morin, Sylvana M. Côté, Frank Vitaro, Martine Hébert, René Carbonneau, Éric Lacourse, Gustavo Turecki et Richard E. Tremblay, «Effects of the MAOA gene and levels of exposure to violence on antisocial outcomes», The British Journal of Psychiatry.

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Source: Université de Montréal