Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Adrien le Samedi 30/01/2016 à 00:00
Chez les bactéries: se diviser et proliférer à tout prix
Lorsqu'elle se divise, toute cellule vivante produit deux copies identiques de son génome qu'elle va transmettre aux deux cellules filles. Que se passe-t-il lorsque cet ADN est endommagé ? Des chercheurs du Centre de recherche en cancérologie de Marseille montrent que lorsque les cellules bactériennes sont incapables de réparer une lésion sur un brin de leur ADN, elles parviennent malgré tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) à se diviser. Ceci conduit à la perte du brin d'ADN endommagé, mais permet à la bactérie (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi cellulaire glucidique, le...) de proliférer. Cette étude est publiée dans la revue PLoS Genetics.

L'ADN, support de l'information génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) des cellules, est une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus...) constituée de deux brins. Avant que la cellule ne se divise, ces brins vont être dupliqués (répliqués) afin que chacune des cellules filles reçoive une copie identique.


La présence d'une lésion lors de la réplication d'un brin d'ADN entraîne la formation d'une brèche d'ADN non-répliqué . Si les mécanismes de réparation de cette brèche échouent, la cellule est capable de se diviser: la cellule fille qui hérite du brin endommagé meurt, l'autre est capable de se diviser et donc de proliférer.
©Vincent Pagès

Lorsque l'un des brins d'ADN est endommagé (par exemple à la suite d'une agression extérieure comme la fumée (La fumée, parfois appelée boucane en Amérique du Nord, est un nuage de particules solides émis par un feu ou un échauffement...) de cigarette, les rayonnements UV, etc.), la réplication devient compromise. La cellule reprend alors la réplication en aval de la lésion, laissant une brèche d'ADN simple-brin non-répliqué. Cette brèche devra être comblée avant la division (La division est une loi de composition qui à deux nombres associe le produit du premier par l'inverse du second. Si un nombre est non nul, la fonction "division par ce nombre" est la...), de manière à ce que les deux cellules filles héritent chacune d'un génome (Le génome est l'ensemble du matériel génétique d'un individu ou d'une espèce codé dans son ADN (à l'exception de certains virus dont le génome...) complet.

Jusqu'à présent, deux mécanismes étaient connus qui permettent à la cellule de combler cette brèche. Le premier est la synthèse translésionnelle qui, grâce à l'utilisation d'ADN polymérases spécialisées, permet de répliquer l'ADN endommagé (au risque d'introduire des erreurs ou mutations). Le second met en jeu des mécanismes de contournements des dommages qui permettent, en utilisant l'information du deuxième brin d'ADN, de restaurer l'information génétique de manière fidèle.

Les chercheurs montrent que lorsque ces deux mécanismes échouent, la cellule bactérienne est capable de se diviser malgré la présence de cette brèche dans son génome. Une des cellules filles, celle qui hérite de la copie endommagée du chromosome (Le chromosome (du grec khroma, couleur et soma, corps, élément) est l'élément porteur de l'information génétique. Les chromosomes contiennent les gènes et permettent leur distribution...), ne va pas survivre, tandis que l'autre cellule fille pourra continuer sa division et proliférer.

Les bactéries préfèrent ne pas réparer la lésion ce qui leur permet de se diviser rapidement et donc de proliférer, au prix de la perte de l'information génétique portée par le brin endommagé.

Il semble donc que l'évolution ait favorisé chez les bactéries la prolifération plutôt que la réparation.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS-INSB