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Posté par Adrien le Dimanche 31/01/2016 à 00:00
Défense contre les parasites intestinaux: cellules tuft intestinales
L'équipe de Philippe Jay à l'Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier, en collaboration avec des chercheurs nationaux et internationaux, démontre que les cellules tuft de l'épithélium intestinal, un type cellulaire dont la fonction était jusqu'alors inconnue, sont nécessaires pour l'initiation de la réponse immunitaire contre les infections helminthiques. Cette étude est publiée dans la revue Nature.


Coupe d'intestin de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais...) infectée par le parasite Nippostrongylus brasiliensis. Les cellules tuft sont doublement marquées par le facteur de transcription Pou2f3 (rouge) et la protéine Dclk1 (vert).
© Philippe Jay

La lutte contre les infections helminthiques constitue un enjeu de santé publique mondial. La colonisation du système digestif par ces parasites déclenche une réponse immunitaire massive (Le mot massif peut être employé comme :), connue sous le nom de réponse immune de type 2, impliquant à la fois des acteurs cellulaires leucocytaires et épithéliaux. Bien que ce type de réaction ait été bien décrit dans la littérature, les mécanismes cellulaires et moléculaires régissant sa mise en place et son contrôle restent encore à éclaircir à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du...).

L'équipe de Philippe Jay, en collaboration avec les équipes de Naomi Taylor, à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute...) de Génétique Moléculaire de Montpellier, de Rick Maizels à l'Université d'Edinburgh (Grande-Bretagne) et d'Ichiro Matsumoto au Monell Chemical Senses Center à Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays,...) (USA), montre que des souris déficientes pour le facteur de transcription Pou2f3, et en conséquence dépourvues de cellules tuft intestinales, sont dans l'incapacité d'expulser de manière efficace le parasite Nippostrongylus brasiliensis.

La raison majeure de ce défaut tient au fait que les cellules tuft sont les seules cellules épithéliales capables de produire certaines molécules nommées alarmines, telle que l'interleukine 25, connues comme essentielles pour éliciter la réponse immune de type 2. De manière remarquable, cette réponse conduit à une production accrue des interleukines 4 et 13 au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle des...) de la laminapropria, le tissu sous-jacent de l'épithélium intestinal. Une des actions de ces interleukines est de reprogrammer transitoirement les voies de différenciation cellulaires dans la crypte (Une crypte est des éléments constitutifs des églises chrétiennes depuis le style roman, construit, enterré ou non, servant généralement de sépulcre.) intestinale, aboutissant à la différenciation massive de nouvelles cellules tuft et de nouvelles cellules sécrétrices de mucines capables de cibler les parasites.

Ce travail révèle un niveau de coopération inédit entre cellules épithéliales et immunitaires pour la mise en place rapide d'une réponse de l'hôte lors d'une infection entérique. Au-delà de l'intérêt de cette étude dans le cadre de la lutte contre les infections helminthiques, la mise en lumière de ce nouveau mécanisme de l'immunité mucosale pourrait aussi permettre de mieux appréhender d'autres problèmes de santé publique, et plus particulièrement certains types d'allergies, dont le mécanisme implique aussi une réponse immune de type 2.

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Source: CNRS-INSB