Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Adrien le Jeudi 11/02/2016 à 00:00
Des antibiotiques efficaces contre le cancer

Des médicaments approuvés pour soigner l'insuffisance cardiaque, l'arythmie cardiaque et des infections sont susceptibles d'être utilisés pour traiter le cancer. Photo: Thinkstock.
Des chercheurs nord-américains viennent d'identifier des médicaments susceptibles d'être utilisés pour traiter le cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie...), révèle une étude récente publiée dans Cancer Research. Il s'agit de molécules qui servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) normalement à soigner d'autres maladies, comme l'insuffisance cardiaque (L’insuffisance cardiaque (IC) ou défaillance cardiaque correspond à un état dans lequel une anomalie de la fonction cardiaque est responsable de l'incapacité du myocarde à assurer un débit cardiaque suffisant...), l'arythmie cardiaque et des infections.

«Nous avons repéré une dizaine de médicaments qui parviennent à réactiver les gènes suppresseurs de tumeurs par un mécanisme épigénétique encore jamais observé, affirme Noël Raynal, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le...) au CHU Sainte-Justine. Les mécanismes épigénétiques contrôlent l'expression des gènes. Ils sont fortement déréglés dans les cellules cancéreuses. Ce nouveau mécanisme agit en ciblant les niveaux de calcium intracellulaire», explique-t-il.

Tous les médicaments ciblés sont déjà approuvés par la Food and Drug Administration (FDA), l'organisme qui réglemente les aliments et les médicaments aux États-Unis. «Leur innocuité et leur effet sur l'être humain étant déjà connus et démontrés, on pourra réduire les délais avant de les tester en clinique, ce qui permettra de les rendre accessibles aux patients beaucoup plus rapidement», se réjouit le premier auteur de l'étude, qui est aussi professeur au Département de pharmacologie de l'Université de Montréal.

Un cancer survient lorsque le patrimoine génétique et épigénétique d'une cellule est altéré. La cellule se dérègle et se multiplie alors anormalement pour former des amas tumoraux. «Les cellules du corps humain (Le corps humain est la structure physique d'une personne.) possèdent des défenses naturelles, qu'on appelle "gènes suppresseurs de tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans précision de cause.)", qui sont réduites au silence par des mécanismes épigénétiques que le cancer enclenche, explique Noël Raynal. Nous avons voulu trouver rapidement des traitements qui renversent ce dérèglement.»

Pour parvenir à cet objectif, les chercheurs ont passé au crible plus de 1100 médicaments autorisés par la FDA. Du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».), ils ont retenu les 14 médicaments les plus prometteurs, détectés grâce à un modèle cellulaire créé dans le laboratoire de Jean-Pierre Issa, professeur à l'Université Temple, à Philadelphie (Philadelphie (en anglais Philadelphia) est une ville de l'État de Pennsylvanie, aux États-Unis. Quatrième agglomération du pays, Philadelphie...). Parmi les médicaments retenus aux fins de validation dans différents types de cellules cancéreuses figurent notamment les glycosides cardiotoniques et des antibiotiques, dont les effets épigénétiques étaient jusqu'alors inconnus.

«Nous avons découvert que la modification du flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie,...) de calcium intracellulaire pouvait servir de cible thérapeutique pour modifier les altérations épigénétiques dans les cellules cancéreuses. Tous nos médicaments candidats avaient en commun d'agir sur la voie calcique et d'activer une enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer...) indispensable à l'effet anticancéreux», déclare le chercheur.

Les scientifiques ont aussi constaté un «effet de classe», puisque la moitié des médicaments étaient des glycosides cardiotoniques. «Cela concorde (Le Concorde est un avion de transport supersonique construit par l’association de Sud-Aviation (devenue par la suite l’Aérospatiale...) avec des études épidémiologiques qui ont montré un nombre moins grand de cancers chez les patients traités par glycosides cardiotoniques, et des formes de cancers beaucoup moins agressives quand ils étaient néanmoins atteints de cancer», souligne-t-il.

Pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.), l'éventail de médicaments approuvés en clinique connus pour reprogrammer les cellules cancéreuses et leur redonner une «santé génétique» est limité à quatre, qui agissent sur deux mécanismes seulement, celui de la modification des histones et celui de la méthylation de l'ADN. «Il faut approfondir les recherches du côté des médicaments qui ciblent la signalisation calcique intracellulaire, comme les glycosides cardiotoniques et certains antibiotiques. Ils recèlent un potentiel inestimable pour élargir le nombre de médicaments capables de guérir les personnes atteintes de cancer», conclut-il.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Université de Montréal