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Posté par Adrien le Dimanche 06/03/2016 à 00:00
Une attitude négative dans la jeunesse serait, plus tard, associée à des problèmes cognitifs
Dans une étude pilotée par l'Université de Genève (UNIGE), des chercheurs suisses et américains ont mis en évidence une association significative entre des traits de personnalité marqués chez de jeunes adultes et la diminution de leurs fonctions cognitives 25 ans plus tard. En effet, des tests psychologiques, menés sur plus de 3'000 jeunes hommes et femmes sur plusieurs décennies, ont montré que les personnes faisant preuve, dans leur jeunesse, d'une attitude hostile ou résistant mal au stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on...), avaient un risque plus grand de développer des problèmes de mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) ou de raisonnement des décennies plus tard. Ces résultats sont à découvrir dans Neurology, le journal de l'Association américaine de neurologie (La neurologie est la discipline médicale clinique qui étudie l'ensemble des maladies du système nerveux, et en particulier du cerveau. Cette spécialité médicale...).

L'étude "Coronary Artery Risk Development (Development est une revue scientifique bimensuelle à comité de lecture couvrant tous les champs de la génétique évolutive du développement...) in Young Adults (CARDIA)" visait principalement à évaluer le risque de développer une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) des artères coronariennes chez les jeunes adultes. Mais elle a également permis d'étudier l'évolution des fonctions cognitives chez près de 3'500 personnes pendant deux décennies. Les résultats constituent donc une mine de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) extraordinaire par la taille de l'échantillonnage (L'échantillonnage est la sélection d'une partie dans un tout. Il s'agit d'une notion importante en métrologie : lorsqu'on ne peut pas saisir un...) et la durée de l'étude. 3'126 personnes, d'un âge moyen de 25 ans, ont ainsi passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps...) des tests psychologiques visant à mesurer les traits les plus saillants de leur personnalité, parmi lesquels leurs facultés à gérer le stress, ainsi que leurs capacités de raisonnement et de mémoire. Le même échantillonnage a à nouveau été testé plusieurs fois sur une durée de 25 ans.

Ces tests de personnalité incluaient des questions sur l'agressivité (L'agressivité est une modalité du comportement des êtres vivants et particulièrement de l'être humain, qui se reconnait à des actions où la violence est dominante.), le manque de confiance en l'autre et les sentiments négatifs associés aux relations sociales. La faculté d'adaptation de ces personnes, ainsi que l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) consacrée à surmonter les événements négatifs ou les échecs, ont également été évalués. "Les gens n'imaginent pas à quel point (Graphie) leurs traits de personnalité peuvent influencer leurs facultés de raisonnement et leur mémoire," analyse Emiliano Albanese, professeur au Département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie...) de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal (physiologie), et cherchant...) de l'UNIGE et principal auteur de cette recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique,...). "Dans notre étude, nous avons découvert qu'avoir une attitude généralement inamicale, ainsi qu'une mauvaise gestion du stress, pouvaient avoir les mêmes répercussions sur les capacités cognitive arrivé à 50 ans, que le fait d'avoir dix ans de plus".

L'agressivité plus délétère que l'âge

Ainsi, les gens faisant preuve de ces deux traits de personnalité de manière très marquée avaient des résultats significativement moins bons dans les tests de raisonnement et de mémoire 25 ans plus tard, comparé aux personnes ne présentant ces deux traits de caractère que de manière très légère. Par exemple, lors d'un test au cours duquel les personnes devaient retenir une liste de 15 mots, ceux qui avaient montré le plus d'hostilité dans leur jeunesse se souvenaient, parvenu à un âge moyen, de 0.16 mots de moins que les autres. De manière similaire, ceux qui démontraient le moins de faculté d'adaptation se souvenaient jusqu'à 0.30 mots de moins. Ces résultats sont étonnants chez des gens ne présentant aucun handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non et qui mène à un stress et à des...) cognitif. En effet, le déficit de mémoire était plus important que chez des gens ayant dix ans de plus.

"Il s'agit ici d'une étude d'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et...)", prévient cependant le professeur Albanese. "Elle ne fait pas de lien de cause à effet, mais montre qu'il y a une association marquée." Si l'association entre traits de personnalité et déficiences cognitives avaient déjà été étudiée, y compris en ce qui concerne la maladie d'Alzheimer, il s'agit de la première étude d'une durée de plusieurs décennies sur des personnes ne présentant aucun trouble cognitif. "Si ce lien est mis en évidence dans d'autres études, nous pourrions imaginer des interventions qui viseraient à promouvoir des interactions sociales positives et de bonnes facultés d'adaptation, afin de voir quel en serait l'effet positif sur les facultés de raisonnement et de mémoire", concluent les auteurs.

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Source: UNIGE - Université de Genève