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Posté par Isabelle le Vendredi 18/03/2016 à 12:00
Quand l'entraînement prend de l'altitude
Les bénéfices de l'altitude sur les performances des athlètes d'endurance sont bien documentés, rappelle le professeur Billaut. En course de fond et de demi-fond, la domination des Kenyans et des Éthiopiens, qui vivent et s'entraînent en altitude (L'altitude est l'élévation verticale d'un lieu ou d'un objet par rapport à un niveau de base. C'est une des composantes géographique et...), est éloquente. "Lorsqu'une personne se retrouve dans un milieu où l'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.) est plus rare, il suffit de quelques heures (L'heure est une unité de mesure  :) pour que sa production d'EPO naturelle augmente. Cette hormone (Une hormone est un messager chimique véhiculé par le système circulatoire qui agit à distance de son site de production par fixation sur des récepteurs spécifiques.) agit sur la production de globules rouges, les éléments du sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la...) qui transportent l'oxygène dans l'organisme, et, après quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...), le taux de globules rouges augmente."


Cette chambre hypoxique, qui vient d'être construite au Département de kinésiologie, permet de recréer l'atmosphère pauvre en oxygène qu'on trouve en altitude. Elle sera utilisée par François Billaut, en arrière-plan, pour ses projets de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) portant sur les effets physiologiques de l'exposition à l'hypoxie. Des athlètes d'élite de la région de Québec y auront aussi recours pour leur entraînement. Mathieu Lanoue, un membre de l'équipe du professeur Billaut, démontre l'un des usages possibles de cet équipement.
Il n'est pas nécessaire de "camper" en continu sous une tente hypoxique pour induire des adaptations physiologiques favorisant l'amélioration des performances sportives. En effet, des séjours par blocs de quelques nuits sous ces tentes qui recréent les conditions d'oxygène raréfié régnant en altitude suffisent à augmenter la production de globules rouges et, conséquemment, la capacité aérobique des athlètes. C'est la conclusion à laquelle arrivent François Billaut, du Département de kinésiologie, et ses collègues Matthew Inness et Robert Aughey, de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Victoria en Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de l’île-continent du même nom,...), au terme d'une étude qui vient d'être publiée dans le Journal of Science and Medicine in Sport.

Tous les athlètes n'ont pas la chance de vivre en haute montagne (Une montagne est une structure topographique significative en relief positif, située à la surface d'astres de type tellurique (planète tellurique, satellites comme la Lune), et faisant généralement...). Pour compenser, certains ont recours à des tentes ou à des chambres où l'oxygène est raréfié artificiellement, ce qui simule l'effet de l'altitude. "L'efficacité de cette méthode a été démontrée, mais on disait qu'il fallait séjourner de 12 à 14 heures par nuit pendant 14 jours consécutifs pour produire une adaptation. Ces conditions sont difficiles à respecter pour les athlètes qui pratiquent des sports d'équipe et qui doivent fréquemment se déplacer."

Pour déterminer s'il y avait moyen de faire autrement, les chercheurs ont fait appel à 15 joueurs de football australien. "Il s'agit d'un sport qui exige des accélérations répétitives à haute intensité, un peu comme le hockey ou le rugby", précise le professeur Billaut. Sept de ces athlètes ont été invités à passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) cinq nuits consécutives de 12 heures dans un milieu hypoxique équivalant à une altitude de 3000 mètres. Ce bloc de cinq nuits était suivi par deux nuits au niveau de la mer (Le niveau de la mer est la hauteur moyenne de la surface de la mer, par rapport à un niveau de référence adéquat.). Ce cycle hebdomadaire a été répété à trois reprises et il a été complété par un dernier bloc de quatre nuits en altitude simulée. Résultats? L'hémoglobine - une mesure indirecte de l'abondance des globules rouges - avait augmenté de 4% après 15 nuits et de 7% après 19 nuits. Les performances au test Yo-Yo - une série de sprints suivis d'une période de récupération - s'étaient améliorées de 10% après 15 nuits et de 14% après 19 nuits. Enfin, les temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) en course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.) à pied sur 1 km et 2 km ont diminué de 5% et de 2% respectivement entre le début et la fin de l'expérience. "Même lorsqu'elle est fractionnée, l'exposition à un milieu hypoxique produit des adaptations physiologiques qui se répercutent sur les performances sportives", résume le professeur Billaut.

Le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de...) estime qu'environ 85% des athlètes d'élite qui pratiquent une discipline d'endurance (L'endurance est la capacité de maintenir dans le temps un certain niveau d'intensité exigée.) font des séjours d'entraînement en altitude ou ont recours à une tente ou à une chambre hypoxique. "Pour ces athlètes qui ont un plan d'entraînement optimal et des habitudes de vie (La vie est le nom donné :) exemplaires, l'altitude permet d'aller chercher une petite augmentation de la capacité aérobique qui peut faire une grosse différence. Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, il faut considérer les coûts et les bénéfices." En effet, une tente hypoxique et un compresseur valent environ 3500$. De plus, les conditions à respecter pour obtenir une réponse physiologique exigent des sacrifices qui peuvent se répercuter sur la vie personnelle et familiale. Un bon programme d'entraînement, une alimentation bien adaptée et davantage de repos suffisent bien souvent à produire des améliorations substantielles de la performance tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en s'épargnant les inconvénients de l'hypoxie, conclut-il.

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Source: Jean Hamann - Université Laval