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Posté par Isabelle le Vendredi 25/03/2016 à 12:00
Symbiose en champignon et plante
Une association bénéfique: quand un champignon se porte au secours d'une plante.

Omniprésents dans le règne végétal, les champignons endophytes (1) n'ont pas livré tous les secrets de leur impact sur la croissance des plantes qu'ils colonisent. Dans le cadre d'un partenariat international, des chercheurs de l'Inra ont mis en évidence la colonisation des racines d'Arabidopsis thaliana par le champignon tellurique Colletotrichum tofieldiae. Ils dévoilent les bénéfices de cette association pour la nutrition (La nutrition (du latin nutrire : nourrir) désigne les processus par lesquels un être vivant transforme des aliments pour assurer son...) de la plante (Les plantes (Plantae Haeckel, 1866) sont des êtres pluricellulaires à la base de la chaîne alimentaire. Elles forment l'une des subdivisions (ou règne) des Eucaryotes. Elles...) dans des conditions pauvres en phosphore. Ces résultats sont publiés le 17 mars dans la revue Cell.


Racine d'Arabidopsis thaliana (magenta) recouverte par un maillage d'hyphes de Colletotrichum tofieldiae (vert).
© Max Planck Institute for Plant Breeding Research, Ryohei Thomas Nakano

Au niveau de leurs racines, la très grande majorité des plantes terrestres entretiennent avec des champignons microscopiques du sol des relations étroites et variées. Parmi elles, les relations symbiotiques dites mycorhiziennes concernent près de 80 % des plantes dont une majorité de plantes de cultures. Ces symbioses assurent aux plantes un meilleur accès aux éléments minéraux du sol tel que le phosphore. Au gré de l'évolution, les plantes de la famille des Brassicacées dont Arabidopsis thaliana ou Arabette des dames, ont perdu leur capacité à établir des relations mycorhiziennes et le bénéfice qui en découlait pour leur nutrition. Contre toute attente, des chercheurs de l'Inra Versailles-Grignon et leurs collègues allemands, espagnols et japonais ont mis en évidence la présence asymptomatique d'un champignon microscopique, Colletotrichum tofieldiae, dans certaines populations naturelles d'A. thaliana. Une découverte qu'ils se sont empressés d'explorer pour en comprendre l'originalité et l'intérêt.

Une association qui commence au niveau des racines

Les scientifiques ont ainsi montré que C. tofieldiae colonise initialement les racines en se propageant à la fois dans et entre les cellules végétales. Le champignon diffuse ensuite vers les jeunes pousses des plantes en croissance, témoignant ainsi d'un caractère endophyte certain. C. tofieldiae ne cause aucun symptôme (Un symptôme représente une des manifestations subjectives d'une maladie ou d'un processus pathologique, tel qu'exprimé par le patient. En général, pour une pathologie donnée, les...) visible chez A. thaliana bien qu'il appartienne à l'un des plus importants groupe de champignons phytopathogènes au niveau mondial.

Une coopération bénéfique en matière de nutrition

Explorant l'impact de cette colonisation sur la plante-hôte, les scientifiques ont observé que la présence de C. tofieldiae augmente la croissance et la fertilité (Pour le sens commun, la fertilité désigne à la fin du XXe siècle la capacité des personnes, des animaux ou des plantes à...) d'A. thaliana dans des milieux carencés en phosphore. Cette amélioration repose sur une conversion, par le champignon, du phosphore insoluble en phosphore soluble. Cet élément est alors transporté des cellules fongiques vers les cellules de la plante hôte où il peut être utilisé. Le transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications (la route, le canal ..). Par assimilation, des actions de déplacements...) du phosphore dans les cellules végétales est activé par le champignon à la faveur d'une augmentation de l'expression de plusieurs transporteurs végétaux dédiés.

Comment la plante contrôle-t-elle cette interaction (Une interaction est un échange d'information, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.) ? Elle fait intervenir un système de régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) du métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue dans la cellule ou l'organisme...) du phosphore en conditions de carence dit PSR (en anglais Phosphate (Un phosphate, en chimie inorganique, est un sel d'acide phosphorique résultant de l'attaque d'une base par de l'acide phosphorique.) Starvation Response) au moyen duquel elle peut apprécier la disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou système est opérationnel par la durée totale...) en phosphore du sol. Les scientifiques ont montré que ce système PSR est essentiel pour la promotion de la croissance végétale par le champignon et pour le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la colonisation de la plante par le champignon. La plante mobilise également une branche du système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du...) impliqué dans la synthèse de certains composés antimicrobiens, les glucosinolates. En l'absence de ces molécules, C. tofeldiae se transforme en redoutable agent pathogène (Le terme pathogène (du grec παθογ?νεια ! « naissance de la douleur ») signifie : qui entraîne une maladie. Les germes pathogènes ou les bactéries pathogènes...) pour A. thaliana.

Ces travaux mettent une nouvelle fois en lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm...) le rôle du système immunitaire des plantes dans l'établissement d'une interaction bénéfique avec un champignon qui assure un apport en nutriment dans des conditions de carence. Ils révèlent que, pour la plante, le bénéfice de l'association est déterminé par des conditions environnementales et en particulier par la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur d’une collection ou un groupe de choses.) de phosphore dont celle-ci dispose. Offrant un nouvel exemple des interactions entre plantes et champignons du sol, ces travaux suggèrent que, dans des sols pauvres en phosphore, la colonisation des racines de plante par C. tofieldiae compense l'absence de relations mycorhyziennes classiques chez les plantes de la famille des Brassicacées.

Note:

(1) Les champignons endophytes sont des organismes qui accomplissent tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ou partie de leur cycle de vie (La vie est le nom donné :) à l'intérieur d'une plante vivante, sans provoquer aucun symptôme.


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Source: INRA