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Posté par Isabelle le Jeudi 15/09/2016 à 12:00
Pollution des villes et Alzheimer

© Techno-Science.net
Des particules de magnétite issues de la pollution et trouvées dans le cerveau pourraient être liées à Alzheimer.

Après le cancer, les maladies cardiaques et les infections respiratoires aiguës, les scientifiques viennent peut-être de lever le voile sur une autre conséquence de la pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut entendre par malsain [1].) sur la santé de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...): la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) d'Alzheimer. Ils ont trouvé des particules magnétiques microscopiques issues de la pollution atmosphérique dans des cerveaux humains et ont établi un lien entre leur présence et la production de radicaux libres, eux-mêmes liés à cette tristement célèbre forme de démence.

Conduite par l'université de Lancaster au Royaume-Uni, l'étude a consisté à analyser les tissus cervicaux de 37 personnes de 3 à 92 ans, dont 29 ont vécu et sont décédées à Mexico (Mexico (en espagnol Ciudad de México) est la capitale du Mexique ; elle est située dans les hauteurs du centre du pays à une altitude de 2200 m. Elle est souvent...), ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à...) connue pour son taux de pollution élevé. Parmi les huit autres personnes, toutes de Manchester et âgées de 62 à 92 ans, certaines avaient succombé à une maladie neurodégénérative.

«L'étude des tissus révèle que les particules sont réparties entre les cellules. Une extraction magnétique révèle l'existence de millions de ces particules, soit plusieurs millions dans un seul gramme (Le gramme est une unité de masse du Système international (l'unité de base est le kilogramme) et du système CGS. L'abréviation du gramme est g.) de tissu cervical, qui représentent autant de risques de dommage. C'est un choc (Dès que deux entitées interagissent de manière violente, on dit qu'il y a choc, que ce soit de civilisation ou de particules de hautes...) considérable», a déclaré le professeur Barbara Maher, co-directrice du Centre for Environmental Magnetism and Palaeomagnetism de l'université, et directrice scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec...) du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...).

La magnétite peut aussi se former naturellement dans le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de nombreuses fonctions du corps, dont la motricité volontaire, et constitue le...), mais la forme différente des particules a trahi leur origine. Contrairement aux particules naturelles présentes en très petites quantités et de forme dentelée, celles qui ont été découvertes par le professeur Maher sont bien plus nombreuses, plus petites et de forme arrondie.

Selon le professeur Maher, ces particules présentent une «ressemblance frappante avec les nanosphères de magnétite présentes en abondance dans la pollution atmosphérique des grandes villes, notamment à proximité des grands axes routiers, et qui sont dues à la chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) de combustion (La combustion est une réaction chimique exothermique d'oxydoréduction. Lorsque la combustion est vive, elle se traduit par une flamme voire une explosion.) ou de frottement (Les frottements sont des interactions qui s'opposent à la persistance d'un mouvement relatif entre deux systèmes en contact.) produite par les moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique...) ou freins de véhicules.» Les particules en suspension ( Le fait de suspendre des particules En chimie, la suspension désigne une dispersion de particule. En géomorphologie, la suspension est un mode de transport des sédiments. Le...) dans l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines des...) sont de forme sphérique et leurs surfaces sont entourées de minuscules cristallites. Elles sont accompagnées d'autres métaux tels que le platine (Le platine est un élément chimique de symbole Pt et de numéro atomique 78.) qui sont produits par les convertisseurs catalytiques. Pour chaque particule de magnétite naturelle identifiée, les chercheurs ont dénombré environ 100 particules issues de la pollution.

De nouvelles pistes pour la recherche sur le cerveau

Bien que le lien entre ces particules et la maladie d'Alzheimer reste à prouver, il y a peu de doutes sur le fait que leur présence dans le cerveau humain, en particulier en de telles quantités, présente un risque pour la santé. Le professeur David Allsop, co-auteur de l'étude et directeur de recherche à la faculté de santé et de médecine de l'université de Lancaster, a déclaré que l'étude apporte «un tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) nouvel axe de recherche concernant un facteur de risque (En gestion des risques, un facteur de risque est une source de risque qui est classée en risques inhérents génériques probables dans le but de faciliter l'évaluation ou...) environnemental susceptible d'être lié à plusieurs maladies cérébrales.»

«Du fait que ces particules sont en acier (L’acier est un alliage métallique utilisé dans les domaines de la construction métallique (voir aussi l’article sur la théorie du soudage de l’acier) et de la construction mécanique.), un métal très réactif, elles provoqueront très certainement des dommages dans le cerveau», a ajouté le professeur Allsop. «Ce métal est impliqué dans la production de molécules très réactives appelées radicaux libres oxygénés qui entraînent des dommages oxydatifs, un sujet déjà largement étudié. On sait déjà que le dommage oxydatif contribue à la destruction des cellules du cerveau chez les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Par conséquent, il est très probable que la présence de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau...) dans le cerveau entraîne des dommages. Cela ne peut pas être anodin.»

Les résultats de l'étude basée sur les travaux de chercheurs d'Oxford, Glasgow, Manchester et Mexico, ont été publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

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Source: CORDIS-Europa