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Posté par Isabelle le Mardi 27/09/2016 à 12:00
Tumeur du cerveau, cascade périlleuse
Les mutations dans les protéines IDH1/2 conduisent, par effet domino, à l'activation d'une protéine qui intervient dans la croissance et la survie des cellules cancéreuses. Des chercheurs découvrent une cascade métabolique impliquée dans l'évolution des cancers du cerveau

Des chercheurs de l'Université Laval et de l'Université de Montréal viennent de mettre en lumière l'existence d'un mécanisme cellulaire qui joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement...) un rôle important dans la croissance et la survie des tumeurs du cerveau. Cette découverte offre non seulement de nouvelles cibles thérapeutiques pour freiner certains cancers, mais elle pourrait changer, à court terme, la façon de traiter les patients atteints de certaines formes de cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est...) du cerveau à un stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et...) peu avancé. Marc-Étienne Huot, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) du CHU de Québec-Université Laval, son collègue Frédérick Mallette, de l'Université de Montréal, et leurs collaborateurs présentent les détails de ce mécanisme très complexe dans un récent numéro de la revue Nature Communications.

Le point (Graphie) de départ de leur étude est le fait que les isocitrates déshydrogénases 1 et 2 (IDH1/2) sont fréquemment mutées dans les cellules tumorales de certains cancers du cerveau. «On ignore si ces mutations causent le cancer ou si elles en sont l'une des conséquences, mais leur présence est associée au développement précoce des tumeurs. C'est ce qui nous a donné l'idée d'aller voir ce qui se passe dans les cellules où ces mutations sont présentes», explique Marc-Étienne Huot.

La cascade de réactions provoquées par les mutations de IDH1/2 comprend plusieurs niveaux qui, par effet domino, conduisent à l'activation (Activation peut faire référence à :) de mTOR, une protéine qui intervient notamment dans la croissance et la survie cellulaires. Les rouages de cette mécanique vont comme suit. Lorsque IDH1/2 ne fonctionnent pas correctement, un métabolite, le 2HG, s'accumule dans les cellules. Ce métabolite inhibe une autre enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions...), la KDM4A, qui en condition normale stabilise la protéine DEPTOR. «Cette dernière est un régulateur négatif de mTOR. Donc, lorsque IDH1/2 sont mutées, DEPTOR n'est plus en mesure de réguler correctement mTOR et la cellule croît rapidement, survit mieux et peut former des métastases.»

Ces travaux apportent trois éléments nouveaux aux connaissances sur le cancer, souligne le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...). Le premier: ils démontrent que le métabolite 2HG participe au développement des tumeurs, chose qui était controversée jusqu'à maintenant. Le second: la cascade mise en lumière par les chercheurs pourrait être présente dans d'autres cancers puisque les enzymes IDH1/2 sont aussi mutées dans la leucémie myéloïde, le cancer du pancréas et le cancer du rein (Le rein a de multiples fonctions (hormonales, de régulation de la tension, mais il est surtout l'un des principaux organes de détoxication (avec le foie et le poumon). Il assure, par filtration et excrétion...). Le troisième: certains traitements qu'on croyait inutiles pour les cancers du cerveau en présence de IDH1/2 mutées pourraient produire des résultats intéressants. «Il existe des inhibiteurs de mTOR qui pourraient être utilisés pour freiner la croissance ou réduire la survie des cellules tumorales du cerveau. Nos travaux montrent qu'ils sont efficaces avec des cellules où IDH1/2 sont mutées. Ces inhibiteurs pourraient fragiliser les cellules cancéreuses et avoir un effet synergique avec les autres molécules utilisées en chimiothérapie», avance le professeur Huot.

Cette percée revêt un intérêt particulier pour les tumeurs à évolution lente (La Lente est une rivière de la Toscane.) qui touchent le tissu de soutien des neurones. Appelés gliomes, ces cancers représentent la moitié des cas de cancer du cerveau. Environ 80% des gliomes montrent des mutations dans IDH1/2. Rappelons que, chez les moins de 20 ans, le cancer du cerveau vient au premier rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette...) au chapitre de la fréquence et au deuxième rang, derrière la leucémie, pour le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de décès causés par cancer.

Les autres chercheurs de l'Université Laval qui cosignent l'étude de Nature Communications sont Laurence Gagné, Jonathan Bergeman, Blandine Secco et Mathieu Laplante.

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Source: Jean Hamann - Université Laval