Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Isabelle le Jeudi 24/11/2016 à 12:00
Des antioxydants contre le fer des produits carnés cause de cancers

© Techno-Sience.net
Une possible prévention nutritionnelle pour limiter le risque de cancers liés au fer des produits carnés

Si de récentes données suggèrent que la consommation de fer alimentaire pourrait être associée à un risque élevé de cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier...) du sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle des mammifères qui englobe...), un régime riche en antioxydants semblerait efficace pour limiter ce risque. C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs de l'Inra et de l'Inserm (1) publiée dans la revue Oncotarget. Ces nouveaux résultats confortent ceux déjà obtenus non seulement chez l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire...) mais également sur le cancer du côlon (Le côlon, aussi appelé "gros intestin", court du cæcum jusqu'au rectum et constitue la partie terminale de l'intestin, appartenant à l'appareil digestif. Il fait suite à l'iléon au niveau...). Les antioxydants de notre alimentation constitueraient donc une piste de prévention (La prévention est une attitude et/ou l'ensemble de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique..) ne se dégrade, ou qu'un accident, une épidémie ou...) nutritionnelle pour limiter le risque de cancers induits par le fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique...) des viandes et charcuteries.

En 2015, le Centre international de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) sur le cancer de l'Organisation (Une organisation est) Mondiale de la Santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) a classé la consommation de charcuteries comme cancérigène pour l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement...) et la consommation de viandes rouges comme probablement cancérigène. Des travaux menés par des chercheurs Inra de l'unité Toxalim, toujours en 2015 avaient révélé que le fer héminique de la viande rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.) est le principal facteur en cause dans la promotion du cancer du côlon. Ils ont expliqué cet effet via une réaction de ce fer avec des lipides alimentaires aboutissant à la formation de composés délétères pour les cellules épithéliales coliques (2). Sur la base de ses résultats, cette équipe Inra a développé des travaux pour proposer une prévention nutritionnelle. Ils ont vérifié chez l'animal que l'ajout de calcium (agent capable de fixer le fer héminique) ou d'antioxydants (vitamine E, polyphénols) permettait de limiter in vitro (In vitro (en latin : « dans le verre ») signifie un test en tube, ou, plus généralement, en dehors de l'organisme vivant ou de la cellule. Un exemple est la fécondation in vitro...) l'effet promoteur du fer héminique, de la viande bovine et de la charcuterie.

Plus récemment, les scientifiques de l'Inra se sont rapprochés d'épidémiologistes de l'Inserm, notamment de l'Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (1) qui a mené l'étude SU.VI.MAX (SUpplémentation en VItamines et Minéraux Anti-oXydants) pendant 8 ans sur près de 13 000 personnes. SUVIMAX est une étude d'intervention chez l'Homme avec des antioxydants à dose nutritionnelle versus placebo. Les travaux ont permis de montrer qu'une consommation importante de fer alimentaire est associée à un risque élevé de cancer du sein dans le groupe placebo (augmentation de 67%). Et cette association entre consommation de fer alimentaire et risque de cancer du sein disparaît dans le groupe supplémenté en antioxydants à doses nutritionnelles, c'est-à-dire proches de celles que l'on trouve dans le cadre d'une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes.

Ces résultats mettent donc en évidence un risque pour le cancer du sein qui pourrait être maîtrisé par les antioxydants de notre alimentation. Ils sont cohérents avec les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) expérimentales de l'équipe Inra de l'Unité Toxalim obtenues dans les modèles animaux et conforte l'hypothèse que les antioxydants de notre alimentation pourraient protéger contre le risque de promotion de cancer (du sein et du côlon) induite par le fer des viandes et charcuteries. Au croisement des recherches expérimentales et épidémiologiques, ces collaborations ont été stimulées par le réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un...) multidisciplinaire NACRe (La nacre est le revêtement intérieur de certaines coquilles de mollusque, composé de cristaux d'aragonite et de conchyoline, aux reflets irisés. C'est un produit recherché depuis longtemps...) (National Alimentation Cancer Recherche ) qui fédère la recherche publique française dans le domaine Nutrition-Cancer. En France, 25 % de la population présente une consommation élevée de fer héminique (à savoir, plus de 500g de viande rouge par semaine). Pour cette population à risque spécifiquement, il semble donc important d'augmenter la part des antioxydants dans le régime, notamment sous forme de fruits et légumes.

Des résultats similaires sur le cancer du côlon

La cohorte E3N gère une enquête de cohorte prospective portant sur environ 100 000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950 et suivies par questionnaires alimentaires depuis 1990. L'équipe Inra de Toxalim a collaboré avec l'équipe du Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Inserm, Universités Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de la...) sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) et Versailles Saint-Quentin) de Gustave Roussy (Gustave Roussy, né le 24 novembre 1874 à Vevey (Suisse) et mort le 30 septembre 1948 à Paris, est un neurologue, neuropathologiste et cancérologue d'origine suisse,...) sur l'analyse des données (L’analyse des données est un sous domaine des statistiques qui se préoccupe de la description de données conjointes. On cherche...) de cette cohorte E3N. Leurs travaux ont montré qu'une consommation importante de fer héminique est associée à un risque plus élevé d'adénomes coliques chez les femmes de la cohorte (augmentation de 36% par rapport à une consommation normale) et qu'un statut antioxydant élevé du régime protège contre cette association positive.


Notes:
(1). Sont impliqués dans cette étude des chercheurs de l'unité Toxalim (Inra, INP Toulouse, Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) Paul Sabatier) et de l'Equipe de Recherche en Epidémiologie Nutritionnelle (Inserm, Inra, Université Paris 13, Cnam).
(2). A central role for heme iron in colon carcinogenesis associated with red meat intake. Bastide, Chenni, Audebert, Santarelli, Taché, Naud, Baradat, Jouanin, Surya, Hobbs, Kuhnle, Raymond-Letron, Gueraud, Corpet, Pierre. Cancer Research, mars 2015. doi: 10.1158/0008-5472.CAN-14-2554.


Référence publication:

Heme iron intake, dietary antioxidant capacity, and risk of colorectal adenomas in a large cohort study of French women. Nadia Bastide, Sophie Morois, Claire Cadeau, Suvi Kangas, Mauro Serafini, Gaelle Gusto, Laure Dossus, Fabrice H. Pierre, Francoise Clavel-Chapelon, and Marie-Christine Boutron-Ruault. 28 janvier 2016, Cancer Epidemiology biomarkers & Prevention. DOI: 10.1158/1055-9965.EPI-15-0724.

Contacts chercheurs:

Fabrice PIERRE
Unité Toxicologie Alimentaire (ToxAlim – Inra, INP Toulouse, Université Paul Sabatier)

Mathilde TOUVIER

Centre de Recherche en Epidémiologie et Statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de ces ressources afin de les rendre...) Sorbonne (La Sorbonne est un complexe monumental du Quartier latin de Paris. Elle tire son nom du théologien du XIIIe siècle Robert de Sorbon, le fondateur du collège de Sorbonne, collège...) Paris Cité (La cité (latin civitas) est un mot désignant, dans l’Antiquité avant la création des États, un groupe d’hommes sédentarisés libres (pouvant avoir des...) (CRESS, Inserm, Inra, Cnam, Universités Paris 5, 7 et 13)

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: INRA