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Posté par Adrien le Vendredi 10/02/2017 à 00:00
Dépression, allergies: ces maladies favorisent les infections virales
Les interférons (IFN) sont des molécules antivirales et antitumorales naturellement produites dans le corps pour se défendre vis-à-vis des pathogènes et des cancers. Sentinelles de l'immunité, les cellules dendritiques plasmacytoïdes (ou pDC) sont des globules blancs très rares. Ils sont capables, lorsqu'ils détectent une infection, de déverser dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est...) de grandes quantités d'interféron. Mais à long terme, cette arme peut se retourner contre le système immunitaire et l'épuiser. Ainsi, une activation (Activation peut faire référence à :) prolongée des pDC se révèle délétère dans le cas du sida ou de la sclérose en plaque. Il est donc important que leur activité soit finement modulée. Or, des chercheurs viennent de découvrir que la production d'interféron par les cellules pDC peut être bloquée par de petites molécules appelées amines, connues par ailleurs comme neuromédiateurs (1) (sérotonine, dopamine, histamine...). Le lien observé depuis plus de 50 ans entre certaines maladies (comme les allergies, la dépression) et une sensibilité accrue aux infections vient donc de trouver une explication à l'échelle cellulaire et moléculaire.


Figure: Microscopie d'une cellule pDC en présence de VIH. La cellule pDC est constituée d'un très gros noyau (bleu) et entouré par des granules contenant des interférons (vert). La cellule pDC vient de détecter les virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une...) de VIH (rouge) conduisant à la libération des granules d'interférons. En présence de neurotransmetteurs, les granules d'interférons ne sont plus libérés et l'organisme n'est alors plus protégé contre les infections virales.
© Nikaia Smith

Ces travaux pourraient aussi déboucher sur la mise au point (Graphie) d'analogues de neuromédiateurs pour freiner l'activité des cellules pDC dans les maladies auto-immunes et les infections chroniques. Ces recherches, menées par l'équipe CBMIT du Laboratoire de chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces d'investigations communs ou proches.) et biochimie pharmacologiques et toxicologiques (CNRS/Université Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au...) Descartes), en collaboration avec la laboratoire Toxicologie, pharmacologie et signalisation cellulaire (Inserm/Université Paris Descartes), le Francis Crick Institute (Royaume-Uni) et l'université d'Ulm (Allemagne), sont publiées le 9 février 2017 dans la revue Nature Communications.

Note:
(1) Un neuromédiateur est une molécule qui assure la transmission des messages nerveux d'un neurone (Un neurone, ou cellule nerveuse, est une cellule excitable constituant l'unité fonctionnelle de base du système nerveux. Le terme de « neurone » fut introduit dans le vocabulaire médical en 1881 par l'anatomiste...) à l'autre, au niveau des synapses. Certains ont aussi d'autres fonctions. Ainsi, l'histamine est libérée par certains globules blancs lors des réactions allergiques.


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Source: CNRS-INSB