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Posté par Adrien le Mercredi 01/03/2017 à 00:00
L'environnement influence le risque de cancer chez les animaux

Quand des cellules normales sont endommagées et qu'elles ne peuvent pas être soignées, elles meurent: c'est l'apoptose. Les cellules cancéreuses ne meurent pas et continuent de se développer.
Alors que les dégradations de l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine....) sont désormais connues pour accentuer le risque de certains cancers chez l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon, tandis que...) qu'en est-il des autres animaux ? Dans une étude publiée récemment dans Ecology Letters, deux chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Université de Montpellier / IRD / EPHE) ont constaté que les populations d'espèces vivant dans des environnements très éloignés de leurs conditions naturelles étaient elles aussi davantage sujettes au cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la...). En poursuivant leurs investigations chez l'Homme à partir d'un modèle mathématique, les scientifiques ont ensuite pu estimer le risque de cancer chez nos lointains ancêtres. Alors que celui-ci atteint aujourd'hui 40%, il devait être inférieur à 10% chez les premiers chasseurs cueilleurs. Ces résultats nous éclairent sur la manière dont les variations naturelles de l'environnement et l'activité humaine affectent le risque de cancer dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) du règne animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe,...).

La théorie de l'évolution prédit que la plupart des métazoaires, soit la grande majorité des animaux qui peuplent la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des...), sont peu affectés par les cancers aux âges influant la sélection naturelle. Confrontées à des perturbations de nature diverses telles qu'un écosystème dégradé, une épidémie parasitaire ou pathogène, la vie (La vie est le nom donné :) en milieu artificialisé ou encore un taux de consanguinité élevé, les populations animales voient toutefois le risque de certains cancers augmenter de manière significative. C'est ce que sont parvenus à montrer deux chercheurs de l'Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM) en passant en revue des centaines d'articles scientifiques publiés sur le sujet. Alors que le taux de cancer avoisine souvent de 1 à 2% chez les groupes d'individus évoluant dans un environnement naturel intact, il pourrait dépasser les 5% au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en...) de populations vivant dans des zoos, des milieux pollués, voir chez certains animaux domestiques. Chez les baleines bélugas de l'estuaire (L'estuaire est la portion de l'embouchure d'un fleuve où l'effet de la mer ou de l'océan dans lequel il se jette est perceptible. Cette...) du Saint-Laurent, au Canada, le taux de cancer atteint même 20%. Cette valeur exceptionnellement haute pourrait, dans ce cas précis, être le résultat de l'exposition des cétacées à des contaminants tels que les hydrocarbures aromatiques polycycliques. Des incidences élevées sont également observées dans certains cas de cancers transmissibles, comme la tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans précision de cause.) faciale du diable de Tasmanie (La Tasmanie est une île d'Océanie et un État australien, située à 240 km de la côte Sud-Est du continent australien dont elle est séparée par le...). « Le fait que les cancers affectent de manière significative un large éventail d'espèces animales suggère que certains systèmes de protection anti-cancer mis en place au fil du temps, par le biais de la biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire naturelle...) évolutive, s'avèrent sensibles aux variations des conditions environnementales », estime Michael Hochberg, l'un des deux auteurs de l'étude.

Dans un second temps, les scientifiques ont voulu explorer cette hypothèse chez l'Homme. A l'appui de données statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données ainsi que la présentation de ces ressources afin de les...) portant sur l'incidence du cancer chez la population américaine au XXIe siècle et des traits démographiques des chasseurs cueilleurs actuels, ils ont pu obtenir, à l'aide d'un modèle mathématique, une estimation de l'impact de cette maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) chez les tous premiers chasseurs cueilleurs. En prenant en considération les conditions de vie auxquelles étaient confrontés ces derniers (faible espérance de vie, pollution (La pollution est définie comme ce qui rend un milieu malsain. La définition varie selon le contexte, selon le milieu considéré et selon ce que l'on peut...) quasi inexistante, alimentation moins riche en sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion)....),...), les chercheurs sont arrivés à la conclusion que le risque qu'ils soient victimes d'un cancer ne devrait pas dépasser 10% contre 40 % à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences (« heure...) actuelle chez l'espèce humaine. « Nous sommes partis des hypothèses que nos lointains ancêtres étaient moins exposés à des substances mutagènes et qu'ils limitaient les comportements favorisant le développement des tumeurs malignes », précise Michael Hochberg. En considérant l'espérance de vie plus courte et la plus petite taille de ces individus, les scientifiques sont par ailleurs arrivés à la conclusion qu'ils avaient une probabilité beaucoup plus faible de devoir faire face aux cancers dangereux que les humains d'aujourd'hui. Bien que ces résultats méritent encore d'être approfondis, ils offrent d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des réseaux de distribution d'électricité et de gaz pour les 8 gestionnaires du secteurs mixte en...) et déjà un cadre théorique pour tenter de savoir comment les variations naturelles de l'environnement et l'activité humaine affectent le risque de cancer chez les animaux sans omettre de prendre en compte les implications potentielles pour l'écologie de ces espèces.

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Source: CNRS-INEE