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Posté par Adrien le Lundi 03/04/2017 à 00:00
Chien d'assistance: mes bras, mes jambes
Une étude jette les bases d'un premier consensus sur les services offerts par les chiens d'assistance

Les chiens d'assistance fournissent de précieux services aux personnes aux prises avec des problèmes moteurs, mais les spécialistes en réadaptation ne disposent pas encore de lignes directrices leur permettant de déterminer dans quelles circonstances il est approprié d'en recommander l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) à leurs patients. Une étude publiée dans la revue Technology and Disability par la professeure Claude Vincent, du Département de réadaptation, et par ses collaborateurs vient toutefois jeter les bases d'un consensus à cet effet.

Au Québec, il y aurait présentement un peu plus de 300 personnes qui, en raison de problèmes moteurs, feraient appel à un chien (Le chien (Canis lupus familiaris) est un mammifère domestique de la famille des canidés, proche du loup et du renard. Autrefois regroupé dans une espèce à part entière, connue sous le nom...) formé par la Fondation MIRA (Mira peut désigner :) pour les assister dans leurs tâches quotidiennes. Entre 2003 et 2015, MIRA aurait produit environ 3 000 chiens d'assistance, soit plus que le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de chiens guides. À titre de chercheuse au Centre interdisciplinaire (Un travail interdisciplinaire intègre des concepts provenant de différentes disciplines.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) en réadaptation et intégration sociale, la professeure Vincent s'intéresse à ces chiens d'assistance depuis 2010. Les premières analyses qu'elle a effectuées à partir de données recueillies chez quelque 200 personnes qui avaient recours à ces chiens ont montré qu'ils leur permettaient de monter plus facilement les pentes, de franchir des obstacles comme les seuils de porte ou les bordures de trottoir (Un trottoir est un espace surélevé sur le côté des rues et réservé aux piétons.), de saisir et de rapporter des objets ou de changer de position, par exemple pour passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) du fauteuil roulant (Un fauteuil roulant (en langage familier "chaise roulante", "charriot" ou encore "charrette") est une aide technique à la mobilité, ce qui permet...) au lit.

Une autre étude qu'elle a menée auprès de 21 personnes avant et après le pairage avec un chien d'assistance montre aussi que ces aides canins réduisent les douleurs aux épaules et aux poignets chez celles qui les utilisent pour tirer leur fauteuil roulant manuel. Ceci retarderait le recours au fauteuil motorisé ou au triporteur, qui sont plus lourds et encombrants. Chez les personnes qui peuvent encore marcher, mais dont l'équilibre est précaire, le recours à un chien d'assistance améliore la stabilité et retarde le moment où elles doivent se tourner vers le fauteuil roulant.

Bref, les chiens d'assistance semblent faciliter la mobilité, l'autonomie et l'intégration sociale des personnes qui y ont recours, mais est-ce la meilleure solution pour tous les patients qui ont des problèmes de motricité ? «Lorsqu'une personne fait une demande pour avoir un fauteuil roulant, les professionnels de la réadaptation font une évaluation de sa situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un...) et ils déterminent si le fauteuil roulant est l'aide (AIDES est une association française de lutte contre le VIH/Sida et les Hépatites virales, créée en 1984 et reconnue d'utilité publique depuis 1990....) technique la mieux adaptée à ses caractéristiques personnelles et à son environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les...). Lorsqu'il est question de chien d'assistance, cette décision est difficile parce que les ergothérapeutes et les physiothérapeutes connaissent encore mal les chiens d'assistance et la valeur ajoutée de leurs services par rapport aux autres aides techniques», explique Claude Vincent.

Pour corriger cette lacune, la chercheuse et ses collaborateurs Lise Poissant et Dany H. Gagnon, de l'Université de Montréal, et Hélène Corriveau, de l'Université de Sherbrooke, ont réalisé des séances de discussion avec 19 personnes appartenant à quatre groupes ayant chacun leur perspective propre sur les chiens d'assistance: des ergothérapeutes et des physiothérapeutes, des gestionnaires travaillant dans des centres de réadaptation, des entraîneurs canins chez MIRA et des personnes qui ont recours à un chien d'assistance. Ces regards croisés ont permis de définir les services offerts par ces chiens, les situations pour lesquelles ils apportent une valeur ajoutée par rapport aux autres aides techniques et aussi les inconvénients liés aux chiens d'assistance qu'il ne faut pas perdre de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) dans la prise de décision.

«Cet exercice a conduit à un premier consensus sur les services que les chiens d'assistance fournissent aux personnes ayant un déficit moteur (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie...), résume Claude Vincent. Il nous a permis de cerner des éléments qui devraient se retrouver dans des lignes directrices concernant ces chiens. La prochaine étape consiste à rédiger ces lignes directrices», conclut la chercheuse, bien consciente qu'à titre de rare spécialiste du sujet la tâche pourrait lui incomber.

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Source: Jean Hamann - Université Laval