Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Adrien le Mercredi 17/05/2017 à 00:00
Une drosophile résiste aux attaques avec une stratégie de médication
Originaire d'Asie du Sud-Est, Drosophila suzukii est devenue en l'espace de quelques années un ravageur majeur des cultures fruitières dans plusieurs pays du globe. En Europe et aux Etats-Unis, les méthodes de lutte biologique basées sur l'utilisation de guêpes parasitoïdes contre cette petite mouche (Mouche est un nom vernaculaire ambigu en français. Le terme mouche (/muʃ/) provient du mot italien musca, qui désigne de nos jours principalement un genre (Musca) comprenant la mouche domestique. Il désigne d'une...) se sont révélées jusqu'ici inefficaces. Des chercheurs du Laboratoire de Biométrie et Biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire...) Evolutive (LBBE, CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / Université Claude Bernard (Claude Bernard, né le 12 juillet 1813 à Saint-Julien (Rhône) et mort le 10 février 1878 à Paris, est un médecin et physiologiste...) Lyon 1 / VetAgro Sup) de Villeurbanne et de l'Unité Ecologie et Dynamiques des Systèmes Anthropisés (EDYSAN, CNRS / Université de Picardie Jules Verne) d'Amiens, viennent de découvrir l'un des moyens de résistance de D. suzukii contre les attaques des parasitoïdes. Dans une étude publiée dans Scientific Reports, ces chercheurs ont montré que des femelles D. suzukii déposaient leurs oeufs sur une plante (Les plantes (Plantae Haeckel, 1866) sont des êtres pluricellulaires à la base de la chaîne alimentaire. Elles forment l'une des subdivisions (ou règne) des Eucaryotes. Elles sont, avec les autres végétaux l'objet...) diffusant un insecticide (Étymologiquement, les insecticides sont des substances actives ou des préparations ayant la propriété de tuer les insectes, leurs larves et/ou leurs œufs. Ils font partie de la famille des pesticides,...) naturel afin d'offrir une meilleure protection de leur progéniture face aux parasitoïdes. Cette stratégie de médication transgénérationnelle pourrait expliquer en partie le succès de l'invasion de l'espèce en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale...).

Arrivée en Europe il y a un peu moins de 10 ans, Drosophila suzukii y cause aujourd'hui des dégâts importants sur plusieurs cultures de fruits rouges telles que les fraises, les cerises et les raisins plus récemment. A la différence des drosophiles autochtones attirées par les fruits pourris ou fermentés, la femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre...) de D. suzukii attaque les fruits frais et mûrs en mettant à contribution la grande rigidité de son ovipositeur pour pondre ses oeufs sous le tégument des fruits. Une fois écloses, les larves se développent à l'intérieur des fruits en se nourrissant de leur chair, réduisant ainsi à néant leur valeur commerciale. S'appuyant sur l'utilisation de guêpes parasitoïdes, les ennemis naturels de ces mouches des fruits, les méthodes de lutte biologique contre cette espèce invasive se sont pour l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il...) révélées inefficaces. En tentant d'identifier le réservoir naturel de D. suzukii chez les plantes sauvages de France, une équipe constituée d'universitaires et de chercheurs du CNRS a sans doute découvert l'une des raisons de cet échec. Parmi la soixantaine de baies sauvages analysées, les scientifiques ont eu la surprise de trouver des larves de D. suzukii dans les baies de belladone. Or, les fruits de cette plante contiennent de l'atropine (L'atropine est un alcaloïde tropanique présent dans diverses plantes de la famille des solanacées, comme la belladone, le datura, la jusquiame et la mandragore, (des...), une substance toxique pour les insectes (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par...). « Partant du constat qu'un comportement d'automédication visant à prévenir les attaques de guêpes parasitoïdes par l'absorption d'éthanol a déjà été identifié chez une autre espèce de drosophile, nous avons voulu vérifier si D. suzukii utilisait l'atropine avec des conséquences similaires », précise Emmanuel Desouhant, professeur au Laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive (LBBE) et cosignataire de l'article.

Les chercheurs ont alors testé l'effet protecteur de l'atropine sur des larves de D. suzukii en laboratoire. Pour cela, ils ont placé une première population de larves sur un milieu enrichi en atropine et une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La...) population sur un milieu témoin dépourvu de cette substance. En confrontant chacun de ces groupes de larves à des guêpes parasitoïdes, l'équipe s'est aperçue que les individus qui s'étaient développés en présence d'atropine résistaient davantage aux attaques de leurs ennemis naturels. Les scientifiques ont ensuite voulu vérifier si la présence de parasitoïdes avait une quelconque influence sur la stratégie de ponte des femelles D. suzukii. De manière surprenante, ils se sont rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant...) compte que les femelles déposaient préférentiellement leurs oeufs sur un milieu contenant de l'atropine dès lors que des parasitoïdes étaient présents. « Bien que le développement des larves de D. suzukii au contact de cette substance entomotoxique ait un coût, celle-ci ayant pour effet de rallonger la durée de développement des larves ce qui augmente la probabilité qu'elles soient parasitées par une guêpe, ce risque est compensé par un taux de survie plus élevé lorsque ce parasitisme survient en présence d'atropine », souligne Patricia Gibert, coauteure de l'étude et directrice de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) au CNRS. L'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble),...) de ces résultats révèle ainsi l'existence d'une forme de médication transgénérationnelle chez cette espèce de drosophile invasive. Cette stratégie constitue certainement l'un des facteurs pour expliquer le succès de l'invasion de cette petite mouche en France et dans d'autres pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de...) européens.

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS-INEE
 
Dimanche 19 Novembre 2017 à 12:00:10 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Colonisation du loup en France
Dimanche 19 Novembre 2017 à 00:00:05 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Des cerveaux à bout de souffle ?
Vendredi 17 Novembre 2017 à 12:00:10 - Physique - 0 commentaire
» Matériaux: identification mécanique 4D ultra-rapide
Vendredi 17 Novembre 2017 à 00:00:11 - Vie et Terre - 1 commentaire
» Hydrater le manteau ne l'affaiblit pas toujours