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Posté par Isabelle le Samedi 27/05/2017 à 00:00
La chimie du futur passe par les plantes
Elle s'était déjà signalée dans une technique innovante de dépollution des sols par les plantes. L'équipe de Claude Grison, professeur à l'UM, s'illustre aujourd'hui par l'invention de « l'écocatalyse »: un procédé révolutionnaire qui ouvre à la chimie verte des horizons (Conceptuellement, l’horizon est la limite de ce que l'on peut observer, du fait de sa propre position ou situation. Ce concept simple se décline en physique, philosophie, littérature, et bien d'autres...) nouveaux.


Claude Grison © Thibaut VERGOZ/CNRS Photothèque

Folies végétales

Elles se nomment Noccaeacaerulescens, Iberis intermedia, ou encore Anthyllis vulneraria. Ces plantes très spéciales ont une particularité: elles sont capables d'extraire les métaux lourds contenus dans le sol. Dès 2011, à Saint-Laurent-le-Minier, les « folies végétales » de Claude Grison ont démontré qu'elles pouvaient, à elles seules, réhabiliter un sol mis à mal par des siècles d'exploitation minière.

Depuis, des plantes voisines, ont été utilisées en Crête, Nouvelle-Calédonie, Gabon, ou encore en Chine. Partout, les plantes sélectionnées par le laboratoire de Chimie bio-inspirée et d'Innovations écologiques (ChimEco, CNRS/Université de Montpellier), ont permis d'extraire, de sols riches en zinc (Le zinc (prononciation /zɛ̃k/ ou /zɛ̃ɡ/) est un élément chimique, de symbole Zn et de numéro atomique 30.), plomb (Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin plumbum.), cadmium (Le cadmium est un élément chimique de symbole Cd et de numéro atomique 48.), cuivre (Le cuivre est un élément chimique de symbole Cu et de numéro atomique 29. Le cuivre pur est plutôt mou, malléable, et présente sur ses surfaces fraîches une teinte rosée...), manganèse, nickel (Le nickel est un élément chimique, de symbole Ni et de numéro atomique 28.) ou palladium, les métaux qui y sont disséminés.

Une nouvelle filière verte pour l'industrie

Non contentes de remplir leur mission écologique, ces plantes miraculeuses permettent aussi de récupérer des métaux parfois aussi précieux que toxiques. Car ces « hyperaccumulatrices » ont un super-pouvoir: elles sont capables de stocker dans leurs
feuilles les métaux lourds... Il ne reste alors plus qu'à les récupérer, grâce à un traitement thermique (Le traitement thermique d'une pièce consiste à lui faire subir des transformations de structure grâce à des cycles prédéterminés de chauffage et de refroidissement afin d'en...) et chimique 100% écolo. Mieux encore, les petites protégées de Claude Grison s'avèrent aussi d'incomparables auxiliaires pour une opération de chimie très courante: la « réduction des dérivés carbonylés ». Un procédé très utilisé dans l'industrie, mais qui génère beaucoup de déchets et nécessite l'emploi de métaux coûteux. « Le marché est énorme, révèle Claude Grison, car ce process est utilisé dans la fabrication de la plupart des objets du quotidien. Pour la même opération, les procédés utilisant des plantes hyperaccumulatrices sont plus écologiques, et même plus performants ».

La révolution des écocatalyseurs

Si performants qu'ils suscitent l'intérêt grandissant des industriels. Le laboratoire ChimEco a déjà déposé pas moins de 36 brevets sur l'utilisation des écocatalyseurs en chimie. Les domaines d'applications ont innombrables. Biocosmétiques, mais aussi parfums, l'industrie pharmaceutique (L'industrie pharmaceutique est le secteur économique qui regroupe les activités de recherche, de fabrication et de commercialisation des médicaments pour la...), biopesticides, ou encore ces « molécules-clefs » dont l'industrie est friande, et dont la plupart proviennent aujourd'hui des dérivés du pétrole.

Produire des molécules à haute valeur ajoutée tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en dépolluant des sols: la perspective, qui réconcilie industrie et écologie, a de quoi séduire. « En apportant le financement nécessaire pour développer à grande échelle la production de plantes dépolluantes, c'est l'industrie chimique elle-même qui tirera bientôt vers le haut toute la filière écologique » dit Claude Grison. La dépollution deviendrait ainsi un projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours...) économiquement viable. Une révolution.

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Source: CNRS-INEE
 
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