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Posté par Redbran le Jeudi 08/06/2017 à 00:00
L'ADN de momie révèle les mystères génétiques des anciens Égyptiens

Momie époque ptolémaïque, IIIe - IIe siècle avant J.-C.
Illustration: Wikimedia Commons
Pendant des décennies, les scientifiques ont pensé qu'il était impossible d'extraire l'ADN de momies de l'Égypte antique. Une équipe internationale de scientifiques a réfuté cette théorie et a pu séquencer les génomes de 90 momies de l'Égypte ancienne, révélant que le patrimoine génétique des anciens égyptiens présente beaucoup plus de similitudes avec celui des peuples du Levant moderne, qu'avec celui des Égyptiens d'aujourd'hui.

L'Égypte ancienne a longtemps exercé une attirance quasi-mystique sur les écoliers de tous âges (et un bon nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'adultes). Avec ses pyramides, ses canopes, ses hiéroglyphes, ses tombeaux maudits et bien sûr, ses momies, cette civilisation offrait tous les ingrédients pour que nous autres, hommes modernes, puissions laisser libre court à notre imagination. Cependant, pendant des décennies, les archéologues et les scientifiques ont été désespérés que l'Égypte antique leur refuse une chose: son ADN.

Ce n'est plus le cas, puisqu'une équipe de scientifiques sous la direction de Johannes Krause de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical...) Max Planck pour la science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on...) de l'histoire (Les Histoires ou l'Enquête (en grec ancien Ἱστορίαι / Historíai) sont la seule œuvre connue de l'historien...) de l'humanité de Jena, en Allemagne, a utilisé des méthodes de séquençage de prochaine génération pour analyser l'ADN de 151 têtes de momies couvrant différentes périodes de l'Égypte ancienne. Compte tenu de l'histoire souvent tumultueuse de l'ancien empire égyptien, conquis tour à tour par les Assyriens, les Nubiens, les Perses, les Grecs et les Romains (entre autres), l'équipe souhaitait découvrir si les conquêtes répétées par des puissances externes avaient laissé un impact génétique durable.

Les 151 momies provenaient de l'ancien peuplement d'Abusir el-Meleq, à quelque 100 kilomètres du Caire. Dans l'antiquité, le peuplement était dédié à Osiris, la déesse égyptienne des morts, et a donc constitué un lieu de sépulture populaire pendant des siècles. Les têtes ont été extraites et prélevées sur leurs corps au début du XXe siècle et sont aujourd'hui conservées dans deux collections, en Allemagne. La datation au radiocarbone a montré que les momies dataient d'une période couvrant plus de 1 300 années de l'histoire de l'Égypte antique.

Le tissu mou des momies ne contenait presque aucun ADN (et c'est pourquoi les scientifiques pensaient précédemment qu'il était impossible d'extraire l'ADN des momies), mais les os et les dents en regorgeaient. 90 de ces momies présentaient un ADN incomplet et seules trois avaient des génomes complets. C'est sur ces trois que l'équipe de Krause s'est concentrée.

Les chercheurs ont ensuite comparé l'ADN de la momie à celui des peuples anciens et modernes de la région. Ils ont découvert qu'à un niveau génétique, les anciens Égyptiens n'étaient pas si différents des hommes modernes du Proche Orient (L'orient correspond au point cardinal est, et s'oppose à l'occident (l'ouest).), ayant plus de points communs avec les peuples du Levant (Liban actuel, Israël et Syrie) qu'avec les Égyptiens modernes. Dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...), la conquête constante de leurs terres par des puissances étrangères a eu très peu d'impact sur la composition génétique des anciens Égyptiens, ce qui a surpris l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...).

Une autre découverte inattendue était que 20 % des Égyptiens d'aujourd'hui ont des gènes provenant de l'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population de...) sub-saharienne, tandis qu'aucune des momies étudiées n'avait de gènes sub-sahariens. En fait, les Égyptiens modernes sont devenus bien plus «africains» ces derniers siècles. «On ne s'attendait vraiment pas à constater cette évolution très tardive», a commenté Krause. Il suspecte que le commerce accru le long du Nil, dont le commerce d'esclaves, et la propagation de l'Islam au Moyen-Âge ont intensifié le contact entre l'Afrique du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et sub-saharienne.

La méthode de séquençage de l'ADN utilisée par l'équipe de Krause garantit la rigueur de ses résultats. L'équipe a examiné tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) l'ADN d'un échantillon donné et a ensuite isolé le matériel génétique susceptible d'être humain. L'équipe s'est ensuite penchée sur les modèles de dommage à l'ADN que l'on observe uniquement dans l'ADN vraiment ancien, ce qui lui a permis d'ignorer simplement l'ADN pouvant être le résultat de la contamination.

Si ces résultats sont effectivement impressionnants, d'autres généticiens, comme Iosif Lazaridis de la Harvard Medical School, se sont demandés si des momies d'autres régions d'Égypte pourraient révéler des histoires génétiques différentes. Lors de son apogée pendant le Nouvel Empire, l'empire égyptien s'étendait loin vers le Levant et le sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) le long du Nil, l'actuel Soudan. D'autres populations de l'empire ont sans doute vécu les conquêtes de façon différente de ces momies enterrées à Abusir el-Meleq, y compris en renfermant un patrimoine génétique plus intense.

Néanmoins, cela fera l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être...) d'une étude future, car maintenant que M. Krause et son équipe ont démontré qu'il était possible d'extraire l'ADN des momies, des milliers de momies entreposées dans les musées et les collections à travers le monde (Le mot monde peut désigner :) peuvent maintenant être étudiées de plus près par des scientifiques enthousiastes!

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Source: CORDIS-Europa