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Posté par Isabelle le Jeudi 07/09/2017 à 12:00
Les deux visages de la dépression
À peine 5 à 10% des gènes étudiés par les chercheurs sont affectés de la même façon dans le cerveau des femmes et des hommes souffrant de dépression majeure. La dépression majeure affecte différemment l'expression des gènes dans le cerveau des femmes et des hommes

La dépression majeure présente un visage bien différent chez les femmes et chez les hommes, et ce dimorphisme aurait des assises génomiques, suggère une étude qui vient d'être publiée dans Nature Genetics. Selon le premier auteur de cette étude, Benoit Labonté, de la Faculté de médecine et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) CERVO, ces différences sont telles que la recherche de nouveaux antidépresseurs gagnerait à cibler des mécanismes propres à chaque sexe (Le mot sexe désigne souvent l'appareil reproducteur, ou l’acte sexuel et la sexualité dans un sens plus global, mais se réfère aussi aux différences physiques distinguant les...).

On savait déjà que la dépression majeure se manifestait de façon différente chez les hommes et les femmes. Ainsi, chez ces dernières, la prévalence de ce trouble de santé mentale est jusqu'à trois fois plus élevée et ses symptômes se manifestent de façon exacerbée. De plus, l'efficacité d'un même antidépresseur varie selon le sexe des malades. Pour cerner les mécanismes cellulaires sous-jacents à ces différences, la trentaine de chercheurs qui ont participé à l'étude se sont tournés vers la banque de cerveaux de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en santé mentale Douglas de Montréal. «Nous avons mesuré l'expression des gènes dans le cerveau de 13 hommes et de 13 femmes qui souffraient de dépression majeure au moment de leur décès, explique le professeur Labonté. Aux fins de la comparaison, nous avons fait les mêmes analyses avec les cerveaux de 22 personnes qui étaient exemptes de dépression lorsqu'elles sont décédées. Nous avons restreint nos analyses aux ARN du cerveau dont l'intégrité est bien préservée dans les heures (L'heure est une unité de mesure  :) qui suivent la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort...)

La comparaison entre les cerveaux des malades et ceux des sujets sains confirme que la dépression induit (L'induit est un organe généralement électromagnétique utilisé en électrotechnique chargé de recevoir l'induction de...) des changements importants dans la transcription des gènes du cerveau, aussi bien chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) que chez la femme. La surprise est venue de l'ampleur des différences observées entre hommes et femmes atteints de dépression. «À peine 5 à 10% des gènes que nous avons étudiés sont affectés de la même façon chez les sujets des deux sexes, résume le professeur Labonté. C'est la même maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.), mais, selon le sexe, elle altère des mécanismes différents dans le cerveau. Nous sommes arrivés à des conclusions similaires en étudiant l'expression des gènes dans le cerveau de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou...) utilisées comme modèles de la dépression majeure.»

À la lumière de ces résultats, Benoit Labonté conclut que «plusieurs voies mènent à la dépression». Les sentiers métaboliques affectés semblent différer selon le sexe, mais ces perturbations conduisent à des symptômes communs. «La recherche de nouveaux traitements devrait en tenir compte. Il vaudrait mieux viser le développement d'antidépresseurs qui ciblent des mécanismes propres à chaque sexe, estime-t-il. Ils risquent d'être plus efficaces et de causer moins d'effets secondaires que les antidépresseurs qui s'adressent à tous les malades.»

À peine 5 à 10% des gènes étudiés par les chercheurs sont affectés de la même façon dans le cerveau des femmes et des hommes souffrant de dépression majeure.

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Source: Jean Hamann - Université Laval