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Posté par Adrien le Lundi 11/09/2017 à 00:00
Rencontrer un microbe le matin ou le soir, qu'est-ce que ça change ?

Dans cette image de microscopie électronique, Leishmania (en haut) est « avalé »  par une cellule immunitaire appelée macrophage (en bas). Image fournie par professeur Martin Olivier.
L'heure à laquelle l'organisme est infecté par un parasite importe-t-elle ? Selon une nouvelle étude de l'Université McGill, elle importerait grandement.

Le fonctionnement du corps humain (Le corps humain est la structure physique d'une personne.) varie selon l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il...) du jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons...), car il est contrôlé par ses horloges biologiques. Or, des chercheurs de l'Université McGill et de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute...) universitaire en santé mentale Douglas viennent d'établir que ces horloges avaient aussi des effets sur les infections parasitaires. Ainsi, la gravité de l'infection varie selon qu'elle est transmise le jour ou la nuit, une découverte qui, de l'avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se cachait en fait un monoplace de chasse destiné...) des chercheurs, pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements et de stratégies de prévention contre les infections parasitaires.

Nicolas Cermakian, professeur au Département de psychiatrie (La psychiatrie est une spécialité médicale traitant de la maladie mentale ou des maladies mentales. L'étymologie du mot psychiatrie provient du grec psyche...) de l'Université McGill et chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) à l'Institut Douglas, a fait cette découverte en étudiant Leishmania, le parasite qui cause la leishmaniose (La leishmaniose est une maladie chronique à manifestation cutanée et/ou viscérale (on parle de leishmanioses au pluriel) due à des...), infection transmise la nuit par un phlébotome femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.) (communément appelé « mouche des sables »). Bon an, mal an, environ 1 million de personnes sont infectées par Leishmania, des milliers en meurent, alors que bien d'autres en conservent des cicatrices (Cicatrices est le premier album de la série de science-fiction Orbital constituée de diptyques, dessiné par Serge Pellé et...). Bien que ce parasite soit généralement concentré dans des régions tropicales, les changements climatiques pourraient entraîner sa propagation. D'ailleurs, Leishmania s'est déjà répandu dans certaines régions du sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...).

Chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais aussi...), l'équipe du professeur Cermakian a découvert une variation marquée de la réponse immunitaire dirigée contre le parasite, selon l'heure à laquelle ce dernier a été injecté.

« Nos travaux antérieurs ont révélé que le système immunitaire est doté de ses propres horloges biologiques. Les mécanismes de défense de l'organisme sont plus ou moins actifs à différents moments de la journée », dit Nicolas Cermakian, auteur principal de la nouvelle étude publiée dans la revue Scientific Reports et menée en collaboration avec les professeurs Martin Olivier, de McGill et du Centre universitaire de santé McGill, et Nathalie Labrecque, de l'Université de Montréal et du centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la...) de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont.

Silke Kiessling, une ancienne postdoctorante au laboratoire du professeur Cermakian, a constaté que Leishmania était plus virulent au début de la nuit, période correspondant à la réponse immunitaire la plus forte contre le parasite.

Cela dit, pourquoi un parasite serait-il transmis par un insecte (Insectes est une revue francophone d'écologie et d'entomologie destinée à un large public d'amateurs et de naturalistes. Produite par l'Office...) qui pique au moment précis où notre système immunitaire offre une protection maximale ? En fait, pour arriver à se développer dans l'organisme hôte, le parasite doit déclencher une réponse immunitaire forte, attirant ainsi les cellules inflammatoires (macrophages et neutrophiles) qu'il utilise pour se multiplier au site de l'infection.

« Nous savions déjà que les rythmes circadiens du système immunitaire pouvaient contrôler les infections virales et bactériennes, mais c'est la toute première fois que cela est démontré pour une infection parasitaire, et pour une infection transmise par un vecteur », ajoute le professeur Cermakian.

Des outils pour améliorer le traitement et la prévention

L'équipe du professeur Cermakian tentera maintenant d'identifier les mécanismes permettant le rythme circadien de Leishmania, au niveau moléculaire que cellulaire. Les chercheurs ont d'ores (ORES, l'Opérateur des Réseaux Gaz & Électricité est le l'opérateur des réseaux de distribution d'électricité et de gaz pour les 8 gestionnaires du...) et déjà découvert que ce rythme de réponse à Leishmania est réglé par l'horloge des cellules du système immunitaire.

Une meilleure compréhension du processus de régulation circadienne de la leishmaniose pourrait contribuer à la mise au point (Graphie) de nouveaux traitements et de meilleures mesures préventives. De plus, selon le professeur Cermakian, si on parvenait à trouver comment s'opère la régulation des interactions hôte-parasite en fonction du moment de la journée, on pourrait être mieux outillé pour lutter contre d'autres maladies transmises par des insectes.

Ce projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et l’intégration d’une grande diversité...) de recherche a été financé par les Instituts de recherche en santé du Canada.

L'article « The circadian clock in immune cells controls the magnitude of Leishmania parasite infection », par Silke Kiessling et coll., a été publié dans la revue Scientific Reports.

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Source: Université McGill
 
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