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Posté par Adrien le Mercredi 13/09/2017 à 00:00
Cancer de la prostate: les récepteurs LXRs contre-attaquent !
Durant sa vie, un homme sur cinq sera confronté au diagnostic d'un cancer de la prostate. D'un point de vue thérapeutique, le traitement de ce cancer au stade avancé s'appuie sur la thérapie anti-hormonale qui donne de bons résultats mais une efficacité transitoire. L'équipe de Silvère Baron et Jean Marc Lobaccaro au laboratoire Génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.) reproduction et développement, montrent pour la première fois que les récepteurs LXRs présents dans le tissu prostatique, sont capables de freiner l'évolution métastatique du cancer de la prostate (Le cancer de la prostate est un cancer fréquent touchant la prostate et donc exclusivement l'homme.). Comme tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) récepteur, ceux-ci peuvent être activés pas des molécules naturelles ou médicinales, ce qui ouvre des perspectives importantes dans le développement de futurs (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) traitements pour combattre l'évolution métastatique du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée....) de la prostate (La prostate est une large glande de l'appareil génital masculin. Sa fonction principale est de sécréter et de stocker le liquide séminal, l'un des constituants du...). Ces travaux ont été publiés le 5 septembre 2017 dans la revue Nature Communications.


Figure 1. L'épithélium prostatique normal est constitué d'une monocouche de cellules. Au cours du vieillissement, des évènements génétiques peuvent survenir et, sans réparation, conduisent au développement de foyers tumoraux. Des déséquilibres métaboliques et/ou des déséquilibres hormonaux entraînent la croissance de ces tumeurs. La dissémination métastatique est un phénomène lié à la séparation (D'une manière générale, le mot séparation désigne une action consistant à séparer quelque chose ou son résultat. Plus particulièrement il est employé dans...) des cellules cancéreuses de leur lieu originel sous l'action de métalloprotéases qui permettent le détachement de ces cellules et la rupture de la lame basale. Les cellules ainsi "libres" voyagent via la lymphe et la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) sanguine pour aller coloniser des territoires spécifiques (cerveau, ganglion lymphatique, os) et développer des tumeurs secondaires. Les travaux de l'équipe montrent que les LXRs s'opposent aux mécanismes conduisant au développement métastatique du cancer.
© Silvère Baron - Laboratoire Génétique Reproduction et Développement

Selon la Haute Autorité de Santé (En France, la Haute Autorité de santé (HAS) est une « autorité publique indépendante à caractère scientifique...), le cancer de la prostate se situe au 1er rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie...) des cancers incidents chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...) et représente la 3ème cause de décès par tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans précision de cause.) chez l'homme en France. Ce cancer est caractérisé par une prolifération incontrôlée des cellules épithéliales de cette glande, qui se multiplient de façon anarchique pour former une tumeur maligne (Une tumeur maligne est une tumeur capable d'envahir et de détruire les structures qui lui sont adjacentes et qui peut s'étendre à distance par le biais de métastases (cellule se détachant de...). Avec le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), la tumeur peut s'étendre localement (cancer localisé). A terme, les cellules peuvent migrer hors de la prostate, essentiellement vers les ganglions lymphatiques et les os, entraînant des métastases. La présence de métastases osseuses est un facteur de pronostic négatif puisque le risque de décès est alors multiplié par 5 environ. Le traitement du cancer de la prostate, surtout dans ces stades avancés, est donc un challenge crucial, surtout pour prévenir la dissémination métastatique.

A ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...), les modèles animaux mimant les différents stades de développement tumoral du cancer de la prostate, depuis les premiers stades jusqu'aux métastases, sont quasiment inexistants. A partir d'un modèle de souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue...) présentant la mutation génétique la plus souvent retrouvée chez l'homme (perte du gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide...) PTEN) mais ne développant quasiment pas de métastases, l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par...) animée par Silvère Baron et Jean-Marc Lobacaro a pu créer une nouvelle souris présentant 100% de dissémination métastatique dans les ganglions, les poumons, le cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens,...) et les os, mimant ainsi le développement spatiotemporel d'un cancer de la prostate. Ce phénotype est observé quand les gènes codant les récepteurs LXRs sont enlevés. Ce travail de recherche collaboratif avec des équipes de Clermont-Ferrand, Rome, Milan (Milan (en italien Milano, du latin Mediolanum, en lombard Milàn) se situe dans le nord de l'Italie. Capitale de la région de Lombardie, au centre de la plaine du Pô, la ville compte 1 816 495 d'habitants, et forme la...), et Amsterdam démontre que les LXRs bloquent la dissémination métastatique du cancer de la prostate.


Figure 2. Envahissement ganglionnaire de cellules tumorales prostatiques positives pour le marqueur CK18 (en vert) visible en partie gauche, structure tissulaire du ganglion visible en partie droite par une coloration hématoxyline et éosine.
© Silvère Baron - Laboratoire Génétique Reproduction et Développement.

Les LXRs sont des récepteurs nucléaires activables par des molécules oxydées du cholestérol (Le cholestérol est un lipide de la famille des stérols qui joue un rôle central dans de nombreux processus biochimiques. Le cholestérol tire son nom du grec ancien chole- (bile) et de stereos (solide), car...), les oxystérols, qui contrôlent, en autres, le métabolisme (Le métabolisme est l'ensemble des transformations moléculaires et énergétiques qui se déroulent de manière ininterrompue dans la cellule ou l'organisme vivant. C'est un processus ordonné, qui fait...) du cholestérol. La même équipe de recherche avait déjà démontré le rôle positif des LXRs dans le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la croissance tumorale dans ses phases précoces. Pour les chercheurs, cette découverte est importante car elle constitue une nouvelle piste intéressante dans le développement de molécules innovantes activant spécifiquement les LXRs dans le cancer de la prostate, en complément des thérapies pharmacologiques classiques bloquant la synthèse et/ou l'action des androgènes, afin de diminuer voire d'empêcher la dissémination métastatique.

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Source: CNRS-INSB