Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Adrien le Samedi 30/09/2017 à 00:00
Ecosystème arctique: le calme avant la tempête ?

Photo: Ocean Wise
La morue polaire occupe un rôle clé dans l'écosystème arctique en raison de son abondance et de sa position stratégique dans la chaîne alimentaire.
Le sort de la morue polaire pourrait faire basculer l'écosystème arctique

La morue polaire, une espèce pivot de l'écosystème arctique, a bien tiré profit des changements climatiques jusqu'à maintenant, mais cette période de grâce pourrait tirer à sa fin. En effet, à la faveur du réchauffement planétaire, certaines espèces de poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le Bélier à l'est....) migrent vers le Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.), menaçant de détrôner la morue polaire et de transformer progressivement l'écosystème arctique en milieu semblable au golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) du Saint-Laurent. Voilà les conclusions de deux études publiées au cours des dernières semaines par l'équipe du professeur Louis Fortier, du Département de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences...) et de Québec-Océan.

Rappelons que la morue polaire occupe un rôle clé dans les eaux arctiques en raison de son abondance - elle forme 95% des assemblages de poissons pélagiques de ce milieu - et de sa position stratégique dans la chaîne alimentaire. Cette espèce se nourrit de plancton (Homère désignait les animaux errant à la surface des flots par plankton, du grec ancien πλαγκτός / planktós ou...) et de krill et elle sert elle-même de nourriture à plusieurs espèces de poissons ainsi qu'aux oiseaux et aux mammifères marins. Cette espèce «entonnoir» canalise 75% de l'énergie entre le zooplancton et les niveaux trophiques supérieurs.

Dans une étude publiée par Progress in Oceanography, Caroline Bouchard, Maxime Geoffroy, Mathieu LeBlanc, Louis Fortier et leurs collaborateurs de Pêches et Océans Canada, Andrew Majewski, Stéphane Gauthier, Wojciech Walkusz et James D. Reist, montrent comment le réchauffement climatique a influencé la reproduction (La Reproduction. Eléments pour une théorie du système d'enseignement est un ouvrage de sociologie co-écrit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron paru en 1970 aux éditions de Minuit.) de la morue polaire entre 2006 et 2015. Leurs analyses révèlent que plus la débâcle printanière - la date à laquelle le couvert de glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) passe sous la barre du 50% dans une région donnée - se produit tôt dans l'année, plus la biomasse ( En écologie, la biomasse est la quantité totale de matière (masse) de toutes les espèces vivantes présentes dans un milieu naturel donné. Dans le domaine de l'énergie, le terme...) de morues polaires juvéniles est élevée en début d'automne (L'automne est l'une des quatre saisons des zones tempérées. Elle se place entre l'été et l'hiver.). «Plus de morues signifie plus de phoques annelés, plus de baleines à dents, plus d'oiseaux marins et, ultimement, plus d'ours (Les ours (ou ursinés, du latin ŭrsus, de même sens) sont de grands mammifères plantigrades appartenant à la famille des ursidés. Il n'existe que huit espèces d'ours vivants,...) blancs. À première vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.), ça semble donc une très bonne nouvelle pour l'écosystème arctique puisque cette débâcle se produit de plus en plus tôt grâce au réchauffement planétaire», commente Louis Fortier.

Il y a toutefois un hic. Dans une seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) étude publiée par la revue Polar Biology, Marianne Falardeau, de l'Université McGill, Caroline Bouchard et Louis Fortier, de l'Université Laval, et Dominique Robert, de l'UQAR, signalent pour la première fois la présence de lançons dans l'archipel (Un archipel est un ensemble d'îles relativement proches les unes des autres. La proximité se double le plus souvent d'une origine géologique commune.) arctique canadien. «Les Inuits de cette région n'avaient jamais vu cette espèce de poissons avant la présente décennie, souligne Louis Fortier. Entre 2011 et 2016, nous avons capturé un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) croissant de larves de cette espèce qu'on retrouve normalement plus au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.). Elle semble profiter des changements environnementaux pour monter vers le Nord et s'y reproduire.»

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: Jean Hamann - Université Laval