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Posté par Adrien le Vendredi 06/10/2017 à 00:00
La guerre des micromondes

Photo: Eric Engbretson / U.S. Fish and Wildlife Service
La furonculose est rare en nature, mais elle est fréquente dans les élevages de salmonidés. Les pisciculteurs québécois estiment que cette maladie est l'un des principaux obstacles au développement de leur secteur.
Des chercheurs font appel à des virus pour combattre une bactérie (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des bactéries possèdent une paroi...) qui s'attaque aux salmonidés

Une première étape vers la mise au point (Graphie) d'un nouveau traitement contre une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) qui s'attaque aux élevages de salmonidés vient d'être franchie par une équipe du Département de biochimie, de microbiologie (La microbiologie est la science qui étudie les micro-organismes (ou microorganismes).) et de bio-informatique (On regroupe sous le terme de bioinformatique un champ de recherche multi-disciplinaire où travaillent de concert biologistes, informaticiens, mathématiciens et physiciens,...). Ce traitement vise à détruire la bactérie Aeromonas salmonicida, sous-espèce salmonicida, qui cause la furonculose en faisant appel à ses ennemis naturels, des phages.

La furonculose cause une infection généralisée chez les truites, les ombles et les saumons. "Cette maladie est rare en nature, mais elle est fréquente dans les piscicultures, commente le responsable de l'étude, Steve Charette. Les fortes densités de poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le Bélier à l'est. Bien qu’assez grande, elle...) favorisent sa propagation et un épisode de furonculose peut décimer jusqu'à 90% des jeunes truites d'un élevage. Les pisciculteurs québécois estiment que cette maladie est l'un des principaux obstacles au développement de leur secteur."

Pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être considéré comme une durée.), il existe deux solutions pour lutter contre la furonculose. La première, la vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le vaccin) dans un organisme vivant afin de créer une...), est coûteuse et exigeante sur le plan logistique (La logistique est l'activité qui a pour objet de gérer les flux physiques d'une organisation, mettant ainsi à disposition des ressources correspondant aux besoins, aux conditions...) puisqu'il faut administrer deux doses du vaccin à chacun des milliers de poissons d'un élevage. La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde d'arc est une mesure d'angle plan. La...), l'antibiothérapie, a ses limites étant donné que chaque antibiotique (Un antibiotique (du grec anti : « contre », et bios : « la vie ») est une molécule qui détruit ou bloque la croissance des bactéries. Dans le premier...) n'est efficace que contre certaines souches du pathogène (Le terme pathogène (du grec παθογ?νεια ! « naissance de la douleur ») signifie : qui entraîne une maladie. Les...) et que des souches résistantes ont fait leur apparition. "Les gènes de résistance se trouvent sur des plasmides qui peuvent être transférés entre bactéries. L'un de ces plasmides confère une résistance à tous les antibiotiques vendus contre la furonculose, précise Steve Charette. On sait aussi qu'un usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) intensif d'antibiotiques peut accentuer le problème de résistance."

C'est ce qui a donné l'idée au professeur Charette et à ses collaborateurs, Antony Vincent, Valérie Paquet, Alex Bernatchez, Denise Tremblay et Sylvain Moineau, d'explorer la filière (Une filière est une suite de formalités, d'emplois à remplir avant d'arriver à un certain résultat: la filière administrative.) de la phagothérapie. Cette approche consiste à faire appel à des virus qui infectent naturellement les bactéries pour se multiplier et qui, en bout de course (Course : Ce mot a plusieurs sens, ayant tous un rapport avec le mouvement.), tuent leur hôte. Dans une étude publiée par la revue Scientific Reports, les chercheurs rapportent les conclusions des analyses qu'ils ont effectuées sur 18 phages qui infectent A. salmonicida. Du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».), ils en ont trouvé 3 qui se révèlent particulièrement efficaces contre un large éventail de souches de cette bactérie. "Nous pensons qu'un cocktail réunissant ces trois phages constitue un traitement prometteur contre la furonculose, avance Steve Charette. De plus, il est peu probable que la bactérie soit en mesure de développer une résistance lorsqu'elle est attaquée simultanément sur plusieurs fronts."

Les chercheurs entendent maintenant étudier le comportement de ces phages dans des conditions reproduisant l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...) d'une pisciculture. Les tests sur les poissons sont toutefois en suspens étant donné que les expériences impliquant des pathogènes aquatiques doivent respecter des règles de confinement très strictes et qu'il n'existe pas d'installations qui répondent à ces exigences au Québec. "Nous avons entrepris des discussions avec des chercheurs américains qui disposent d'un laboratoire adéquat, souligne le professeur Charette. Nous souhaitons être en mesure de tester notre cocktail de phages le plus tôt possible dans l'espoir d'offrir aux pisciculteurs québécois un nouveau traitement pour combattre la furonculose."

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Source: Jean Hamann - Université Laval