Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Catégories
Techniques
Sciences
Encore plus...
Techno-Science.net
Bons plans et avis Gearbest: Xiaomi Mi Mix2, OnePlus 5T
Code promo Gearbest: réduction, coupon, livraison...
Photo Mystérieuse

Que représente
cette image ?
Posté par Adrien le Samedi 14/10/2017 à 00:00
Une vie foisonnante et insoupçonnée dans les caniveaux
Micro-algues, champignons, éponges ou mollusques, des chercheurs du laboratoire de Biologie des organismes et des écosystèmes aquatiques (CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université de Caen/Université des Antilles) (1) en collaboration avec un chercheur du Max Planck Institute de Marburg (Allemagne), ont montré que les caniveaux parisiens abritent une grande diversité de micro-organismes. Organisés en communautés, ces micro-organismes sont susceptibles d'être des acteurs importants du traitement des eaux de pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore...) et des détritus urbains en contribuant à la décomposition des déchets solides et d'autres types de polluants (gaz d'échappement, huile (L'huile est un terme générique désignant des matières grasses qui sont à l'état liquide à température ambiante et qui ne...) moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail à partir d'une énergie (éolienne,...), etc.). Des connaissances approfondies sur la composition et le rôle de ces communautés biologiques pourraient amener à identifier les éventuels services fournis par ces écosystèmes. Ces résultats, qui montrent pour la première fois la richesse insoupçonnée de la vie (La vie est le nom donné :) microbienne dans nos rues, sont publiés le 13 octobre 2017 dans the ISME journal.


Diatomées et caniveaux des rues de Paris.
© Pascal Jean Lopez / laboratoire de Biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une...) des organismes et des écosystèmes aquatiques (CNRS/MNHN/IRD/UPMC/Université de Caen/Université des Antilles).

C'est en constatant une couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) caractéristique de l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) des caniveaux (marron ou verte) et l'apparition de bulles, témoin d'une activité photosynthétique, que des chercheurs du laboratoire Biologie des organismes et des écosystèmes aquatiques ont soupçonné la présence de micro-algues dans les rues parisiennes. Ils ont analysé divers échantillons d'eau non potable (provenant de la Seine, du canal de l'Ourcq, des bouches de lavage et des caniveaux) (2) afin de déterminer quelles espèces de micro-organismes y étaient présentes.

A partir d'une centaine d'échantillons d'eau et de biofilms (des communautés de micro-organismes) prélevés dans tous les arrondissements de Paris, les chercheurs ont identifié 6900 espèces potentielles (3) d'eucaryotes (4). Une grande partie de cette biodiversité correspond à des micro-algues du groupe des diatomées. D'autres eucaryotes unicellulaires (alvéolés, amibes, rhizariens), des champignons (dont certains connus pour être des décomposeurs), des éponges et des mollusques ont été identifiés. Plus étonnant, les analyses montrent que près de 70 % de ces espèces sont absentes des sources d'eau non potable. Les types de communautés changent en effet énormément d'un site de prélèvement à l'autre, ce qui suggère une origine probablement liée aux activités humaines et/ou une adaptation urbaine de ces micro-organismes.

Les caniveaux des rues apparaissent ainsi comme un nouveau compartiment biologique aux rôles écologiques à explorer: quels sont exactement ces organismes ? Que font-ils réellement ? Participent-ils à la purification de l'eau, au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du...) même de la rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les différents quartiers,...), à la manière de micro-stations d'épuration ? Comment se sont-ils adaptés à la ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à...) ? Faut-il les surveiller ? Autant de questions auxquelles souhaitent répondre les chercheurs en étudiant également d'autres domaines de la vie, comme les procaryotes (des organismes sans noyau, comme les bactéries), sur de plus grandes périodes de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), voire dans d'autres villes.


Notes:

(1) Cette étude a été lancée dans le cadre d'un programme PEPS (Projets exploratoires premier soutien) du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).).
(2) A Paris, l'eau non potable, dédié au nettoyage des rues par exemple, est prélevé via trois stations de pompage (Le pompage est un phénomène aérodynamique qui intervient dans un compresseur. Il s'agit d'une instabilité aérodynamique qui donne naissance à des ondes longitudinales. Une inversion du sens...) (deux dans la Seine et une dans le canal de l'Ourcq) et stocké dans 7 réservoirs avant d'être distribué dans le réseau des caniveaux.
(3) Ces micro-organismes sont classés en OTU, unité taxonomique opérationnelle, qui regroupe des individus phylogénétiquement proches.
(4) Les eucaryotes sont des organismes, unicellulaires ou pluricellulaires, possédant un noyau et des organites, contrairement aux bactéries et aux archées.


Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS