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Posté par Adrien le Vendredi 17/11/2017 à 00:00
Diabète et hypertension pendant la grossesse : des facteurs de risque pour la mère et... pour le père !
 Des recherches montrent que les femmes qui souffrent du  diabète ou de l'hypertension pendant leur grossesse sont à risque de développer un diabète de type 2, de l'hypertension ou une maladie cardiaque quelques années plus tard. Or, selon une nouvelle étude réalisée par une équipe de scientifiques de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) et de l'Université McGill, le fait pour une femme enceinte de souffrir à la fois de diabète et d'hypertension augmente significativement le risque qu'elle en souffre après sa grossesse (La grossesse est le processus physiologique au cours duquel la progéniture vivante d'une femme se développe dans son corps, depuis la conception jusqu'à ce...). Mais l'étude publiée aujourd'hui dans le American Journal of Epidemiology ne s'en tient pas aux risques encourus par la mère. Elle révèle que la présence chez la femme enceinte de l'une des deux conditions, mais surtout des deux, augmente également les risques pour le père.

Les chercheurs ont passé au crible les dossiers médicaux de 64 000 couples québécois pour comprendre comment chacun de ces troubles gestationnels affecte la santé de la mère dans les années suivant sa grossesse, mais également quels risques ils présentent lorsqu'ils sont combinés.

« Ces deux facteurs étant reliés, nous avons décidé de les appréhender ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble),...) afin de créer un indicateur combiné », précise la principale auteure de l'étude, Dre Kaberi Dasgupta, spécialiste en médecine interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une durée variable selon le...) au CUSM et chercheuse clinicienne au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en...) du Programme de recherche en troubles  du métabolisme  et leurs complications à l'IR-CUSM. Elle et son équipe ont examiné trois cohortes de femmes : des femmes ne présentant ni diabète ni tension (La tension est une force d'extension.) artérielle pendant leur grossesse, des femmes ayant souffert de l'une des pathologies et des femmes ayant fait à la fois de l'hypertension et du diabète.

« En traitant [ces pathologies] de manière distincte dans les modèles mathématiques, on sous-estime leurs effets », affirme la Dre Dasgupta, qui est également professeure agrégée de médecine à l'Université McGill et directrice adjointe du Centre de recherche évaluative (CRES) à l'IR-CUSM. « Nous n'avons pas simplement dit : ?Vous avez du diabète? et ?Vous faites de l'hypertension?, point (Graphie) final. Nous nous sommes demandé quels risques entraînait la combinaison (Une combinaison peut être :) de ces deux conditions. C'est le message (La théorie de l'information fut mise au point pour déterminer mathématiquement le taux d’information transmis dans la communication d’un message par un canal de...) qu'il faut retenir », souligne-t-elle.

En combinant les chiffres, les chercheurs ont en effet obtenu des résultats saisissants. « L'effet combiné de ces deux pathologies est assez impressionnant », ajoute la Dre Dasgupta. « Une femme enceinte touchée par l'un de ces troubles augmente ses risques de souffrir de diabète par 15. Mais une femme présentant les deux maladies a 37 fois plus de risque de développer un diabète ».

Les risques de souffrir d'hypertension artérielle dans les années suivant la grossesse sont également élevés. Si un diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à...) de diabète ou d'hypertension pendant la grossesse double le risque pour la mère de faire de l'hypertension plus tard, la présence des deux pathologies multiplie par six cette probabilité. 

« Ces découvertes permettront aux médecins de dépister les mères à risques et de les aider à opérer des changements dans leur mode de vie (La vie est le nom donné :) pour réduire ces risques », observe la première auteure de l'étude, la Dre Romina Pace, interniste et médecin-chercheuse en formation à l'IR-CUSM.

L'étude a cela de novateur qu'elle s'est penchée également sur les pères. Les scientifiques voulaient déterminer si ces troubles gestationnels pouvaient être les signes précurseurs d'un risque chez les pères de développer les maladies à l'avenir, puisque des conjoints vivant sous le même toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) ont des habitudes similaires en matière d'alimentation et d'exercice physique (L'exercice physique est une activité physique pratiquée en principe régulièrement par un être humain pour entretenir sa santé, sa condition...), deux déterminants du diabète et de l'hypertension.   

« Nous avons observé que le risque était plus élevé chez le père également. Ce partage du risque est une découverte importante, susceptible de motiver les couples à modifier ensemble leurs habitudes de vie », ajoute la Dre Pace.

 « La prévention du diabète de type 2 est un enjeu de santé publique capital pour les Canadiens », note la Dre Jan Hux, directrice des Affaires scientifiques de Diabète Canada. Elle ajoute : « Cette étude décisive confirme le risque élevé de développer la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) après un épisode de diabète gestationnel et va même jusqu'à quantifier son ampleur. Une nouvelle maman n'aura peut-être pas le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) ou l'énergie d'adopter  des habitudes plus saines afin de réduire efficacement le risque de diabète, mais le fait que son conjoint soit lui aussi exposé à ce risque pourrait bien être l'élément déclencheur d'un changement de comportement. »

La Dre Dasgupta et ses collègues espèrent que leurs découvertes susciteront une prise de conscience quant aux risques potentiels du diabète gestationnel à long terme. « Il faut non seulement penser à la  femme enceinte, mais aussi prendre en compte le foyer, les habitudes et la routine, qui sont des facteurs susceptibles d'avoir une grande influence sur le bien-être de la famille », déclare la Dre Dasgupta.

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Source: Université McGill