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Posté par Adrien le Dimanche 19/11/2017 à 00:00
Des cerveaux à bout de souffle ?

Photo: Ivan Jakac
Lors des compétitions d'apnée, le taux d'oxygène dans le sang baisse à un point tel que 10% des participants sont victimes d'une perte de contrôle moteur, qui s'exprime par d'importants tremblements. De plus, 1% des concurrents poussent leurs limites au point (Graphie) de perdre connaissance.
À long terme, la pratique de l'apnée sportive pourrait avoir des effets négatifs sur certaines fonctions du cerveau

Pendant combien de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) pouvez-vous retenir votre souffle ? Si le commun des mortels parvient de peine et de misère à tenir 45 secondes, les adeptes d'apnée sportive peuvent, après quelques mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) d'entraînement, dépasser trois minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au...). Le record mondial officiel de cette étrange discipline atteint même un époustouflant 11 minutes et 35 secondes ! La pratique de cette activité, qui place à répétition les organes du corps en conditions de sous-oxygénation (hypoxie), pourrait toutefois avoir des effets néfastes à long terme sur le cerveau, suggère une étude qui vient de paraître dans la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism.

François Billaut, du Département de kinésiologie, et quatre chercheurs français arrivent à cette conclusion après avoir comparé les performances cognitives de 24 adeptes d'apnée à celles d'un groupe témoin composé de 12 étudiants en éducation physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général...) sans expérience dans cette discipline. Les apnéistes avaient été subdivisés en deux catégories, les athlètes d'élite et les novices. La première regroupait des personnes qui avaient au moins deux ans d'expérience et qui pouvaient rester sous l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) sans respirer pendant 6 minutes ou plus. La seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La seconde...) était formé d'apnéistes ayant entre 6 et 12 mois d'expérience et pouvant tenir sous l'eau environ 3 minutes.

Les chercheurs ont soumis les participants à une batterie de tests neuropsychologiques. La plupart des analyses n'ont révélé aucune différence entre les trois groupes à l'exception du test de Stroop. Ce test consiste à introduire une information qui interfère avec l'exécution d'une tâche cognitive et de mesurer son effet sur le pourcentage (Un pourcentage est une façon d'exprimer une proportion ou une fraction dans un ensemble. Une expression comme « 45 % » (lue « 45 pour cent »)...) d'erreurs et sur le temps d'exécution. Un exercice de Stroop bien connu consiste à nommer la couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) d'un mot qui est lui-même le nom d'une autre couleur (par exemple, le mot BLANC (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre lumineux...) écrit en lettres rouges).

Les analyses des chercheurs révèlent que les plongeurs d'élite prennent plus de temps à terminer ce test et ils font plus d'erreurs que les sujets des deux autres groupes. Le temps requis pour réaliser ce test augmente en fonction du record personnel en apnée et en fonction du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) d'années de pratique de cette discipline. Fait à noter, le seul participant dont le score suggérait la présence d'un problème pathologique était celui qui avait le plus d'années de pratique et qui détenait la meilleure performance en apnée.

Ces résultats confirment les études réalisées chez les apnéistes victimes de malaises pendant les compétitions. Près de 10% des concurrents sont victimes d'une perte de contrôle moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail à partir d'une énergie (éolienne,...), qui s'exprime par d'importants tremblements. De plus, 1% des concurrents poussent leurs limites au point de perdre connaissance. Il s'ensuit des problèmes neurologiques qui durent quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les...). Les analyses sanguines effectuées sur ces personnes révèlent la présence des mêmes biomarqueurs qu'on retrouve chez les gens ayant subi un traumatisme (Un traumatisme est un dommage de la structure ou du fonctionnement du corps ou du psychisme. Il peut être dû à un agent ou à une force extérieure, de nature physique ou chimique. Il est...) crânien.

Les effets d'une pratique prolongée de l'apnée documentés par l'équipe du professeur Billaut viennent confirmer les effets observés après ces incidents. «Il semble y avoir un effet cumulatif de l'exposition du cerveau à des conditions hypoxiques sur certaines fonctions cognitives, résume le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de...). Cet effet n'est pas dévastateur, mais il faut tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) de même s'en préoccuper.»

L'apnée connaît une popularité exponentielle (La fonction exponentielle est l'une des applications les plus importantes en analyse, ou plus généralement en mathématiques et dans ses domaines d'applications. Il existe plusieurs définitions...) depuis quelques années. Le professeur Billaut estime qu'il est possible de pratiquer cette activité de façon sécuritaire si les participants sont encadrés par des entraîneurs qui ont reçu une formation adéquate, s'ils suivent les recommandations des associations qui chapeautent leur sport et s'ils respectent leurs propres limites. «Les personnes qui pratiquent l'apnée pour le plaisir doivent s'écouter et progresser selon leurs moyens. Mais l'humain étant ce qu'il est, il y aura toujours des athlètes qui voudront fracasser des records et repousser leurs limites.»

Les autres chercheurs qui ont participé à l'étude sont Patrice Gueit et Frédéric Lemaître, de l'Université de Rouen-Normandie, Sylvane Faure, de l'Université Nice-Sophia-Antipolis, et Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) Costalat, de l'Université de Picardie-Jules-Verne.

Lors des compétitions d'apnée, le taux d'oxygène dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la...) baisse à un point tel que 10% des participants sont victimes d'une perte de contrôle moteur, qui s'exprime par d'importants tremblements. De plus, 1% des concurrents poussent leurs limites au point de perdre connaissance.

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Source: Jean Hamann - Université Laval
 
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