Recherchez sur tout Techno-Science.net
       
Techno-Science.net : Suivez l'actualité des sciences et des technologies, découvrez, commentez
Posté par Redbran le Dimanche 19/11/2017 à 12:00
Colonisation du loup en France
« Loup y es-tu » ? De l’utilisation d’un réseau d’observateurs pour modéliser la dynamique de colonisation du loup en France.

Les grands prédateurs recolonisent leur aire de répartition originelle dans une grande partie de l’Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité...), retour qui s’accompagne d’interactions croissantes avec les activités humaines et notamment l’élevage. En France, le loup (Canis lupus, est l'espèce de loups de la famille des Canidés la plus répandue. Elle a plusieurs noms vernaculaires : Loup gris, Loup commun, Loup vulgaire ou encore Loup, tout court. L'espèce a...) gris (Canis lupus) est de retour depuis le début des années 1990 en provenance d’Italie. Comprendre la dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) de colonisation du loup peut permettre de mesurer plus finement son statut de conservation et de mieux cibler les zones potentiellement conflictuelles en lien avec les attaques sur les troupeaux. Toutefois, modéliser la distribution du loup (et des grands carnivores en général) présente une difficulté méthodologique majeure: du fait de sa mobilité sur de vastes domaines vitaux, de sa discrétion et de sa faible densité, il est possible de ne pas détecter l’espèce dans certaines zones et d’en conclure, à tort, que le loup en est absent – on parle de faux négatifs.



Un loup pris au piège photo placé par les correspondants du réseau dans les Alpes de Hautes Provence / Crédit:ONCFS SD04


Pour s’attaquer à ce problème de détection imparfaite, nous avons fait appel au réseau national d’observateurs formés à la reconnaissance et au rapportage des signes de présence du loup, réseau animé à l’échelle de la France par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. Grâce à une caractérisation du rayon de prospection des observateurs en fonction de la catégorie socio-professionnelle et du lieu d’habitation ou de travail, nous avons reconstruit une mesure a posteriori de la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) d’échantillonnage hétérogène dans le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) et l’espace. Des modèles statistiques (La statistique est à la fois une science formelle, une méthode et une technique. Elle comprend la collecte, l'analyse, l'interprétation de données...) dit « d’occupation dynamique » nous ont permis d’analyser l’ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise...) des indices de présence de l’espèce récoltés par le Réseau, et ainsi de cartographier la dynamique du retour du loup entre 1994 et 2016 en tenant compte de cette détection imparfaite.



Un correspondant en action: relevé d’une trace dans la neige (La neige est une forme de précipitation, constituée de glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant être ramifiés d'une infinité de...) / Crédit: O. Salvador


Nos résultats montrent que, au-delà de la distribution du loup détectée par le Réseau, il existe d’autres endroits pour lesquels une probabilité que l’espèce soit présente est non négligeable compte tenu de la pression d’observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude...) et des caractéristiques environnementales. Nous montrons également que la probabilité qu’un site soit colonisé dépend du taux d’occupation des sites voisins (<20km) mais aussi des mécanismes de colonisation à longue distance (<150km) que le loup adopte pour éviter la concurrence avec les meutes voisines. L’altitude, le taux de couverture forestière et de terres agricoles viennent ensuite compléter le pouvoir du modèle pour expliquer la probabilité de présence de l’espèce.

Depuis les Alpes du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) où l’espèce était détectée en 1994, celle-ci s’est étendue dans un premier temps vers le Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) des Alpes puis les Pyrénées au début des années 2000 via le Massif (Le mot massif peut être employé comme :) central. Depuis le début des années 2010, le loup a continué sa progression jusque dans le Nord-Est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) de la France. Le taux d’expansion géographique de l’espèce en France était à son maximum dans les premières années de colonisation notamment lié à la disponibilité des espaces vacants à cette époque. Une première phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) de ralentissement (Le signal de ralentissement (de type SNCF) annonce une aiguille (ou plusieurs) en position déviée qui ne peut être franchie à la vitesse...) de la colonisation s’est opérée jusqu’au début des années 2000, pour se stabiliser depuis à un taux d’environ 7 % de couverture supplémentaire par an, avec une variabilité d’une année sur l’autre et selon les régions.

Les enjeux de la conservation de l’espèce et de la gestion des conflits liés aux attaques pourraient trouver dans cette production un nouvel outil (Un outil est un objet finalisé utilisé par un être vivant dans le but d'augmenter son efficacité naturelle dans l'action. Cette augmentation se traduit par la simplification des actions entreprises, par...) d’aide à la décision, pour autant que celui-ci s’inscrive dans une démarche de gestion adaptative avec une réévaluation des prédictions des modèles suite aux actions de gestion réalisées sur le terrain.

Ces travaux ont été mobilisés dans l'expertise récente commanditée par le ministère sur le futur du loup à laquelle nous avons participé.

Pour plus d'information voir:
Une expertise collective sur les aspects sociologiques, culturels et ethnologiques

Référence publication:
Louvrier, J., Duchamp, C., Lauret, V., Marboutin, E., Cubaynes, S., Choquet, R., Miquel, C. and Gimenez, O. (2017), Mapping and explaining wolf recolonization in France using dynamic occupancy models and opportunistic data. Ecography. Sous presse. doi:10.1111/ecog.02874.

Contacts chercheurs:
- Julie LOUVRIER – Centre d'Ecologie Fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent...) et Evolutive - CEFE (CNRS / Université de Montpellier / Université Paul Valéry Montpellier / EPHE / IRD / Montpellier SupAgro / INRA)
- Olivier GIMENEZ – Centre d'Ecologie Fonctionnelle et Evolutive - CEFE (CNRS / Université de Montpellier / Université Paul Valéry Montpellier / EPHE / IRD / Montpellier SupAgro / INRA)

Commentez et débattez de cette actualité sur notre forum Techno-Science.net. Vous pouvez également partager cette actualité sur Facebook, Twitter et les autres réseaux sociaux.
Icone partage sur Facebook Icone partage sur Twitter Partager sur Messenger Icone partage sur Delicious Icone partage sur Myspace Flux RSS
Source: CNRS-INEE
 
Vendredi 15 Décembre 2017 à 00:00:11 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Découverte du plus ancien plésiosaure au monde
Mercredi 13 Décembre 2017 à 00:00:13 - Multimédia - 1 commentaire
» Les jeux vidéo d'action améliorent la lecture
Mercredi 13 Décembre 2017 à 00:00:04 - Physique - 1 commentaire
» Une campagne très spéciale pour LHCb