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Posté par Isabelle le Vendredi 01/12/2017 à 12:00
Comprendre le cycle de Krebs inverse, une réponse à l'origine de la vie ?
Les chercheurs de l’Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires (CNRS/Université de Strasbourg) sont parvenus à reproduire de manière non enzymatique six des onze étapes qui constituent le cycle de Krebs inverse. Ce cycle, au cœur du métabolisme de certains organismes primitifs, leur permet notamment de se maintenir en vie (La vie est le nom donné :). L’originalité du travail ? Sa réalisation dans un environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie...) pré-biotique c’est-à-dire dépourvu d’enzymes, que l’on pensait nécessaires à ces réactions métaboliques. Une avancée dans la compréhension des origines de la vie… Ces travaux sont publiés dans la revue Nature Ecology and Evolution.


Les réactions du cycle de Krebs inverse et la synthèse d’alanine. © CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).)

Le cycle de Krebs inverse permet la synthèse des cinq précurseurs à l’origine des sucres, acides aminés ou autres molécules essentielles au métabolisme des cellules des êtres vivants. Il est actuellement bien établi que des enzymes rendent possible les réactions chimiques qui interviennent dans le cycle. Réussir à reproduire ce cycle dans un environnement pré-biotique, c’est-à-dire de manière non enzymatique, permettrait de préciser dans quelles conditions est apparue la vie.

En s’inspirant de l’environnement existant dans les sources hydrothermales océaniques où ont été recensés des organismes primitifs, les chercheurs de l’Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large....) et d’ingénierie supramoléculaires ont identifié et reproduit des conditions expérimentales permettant de réaliser six séquences réactionnelles du cycle de Krebs inverse en l’absence d’enzymes. En milieu acide (Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec un autre type de composé chimique complémentaire, les bases.) et en présence de fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie...) métallique, ils ont réalisé la transformation d’oxaloacetate en succinate et d’oxalosuccinate en citrate, molécules qui interviennent dans le métabolisme cellulaire de tous les organismes vivants. Dans ces mêmes conditions, la synthèse d’acides aminés, constituants des peptides et des protéines, a également été mise en évidence.

Ces travaux sur le cycle de Krebs inverse viennent renforcer cette hypothèse encore peu étudiée sur l’origine du métabolisme cellulaire, bien avant l’apparition des enzymes, et ouvre des perspectives dans le domaine de la chimie (La chimie est une science de la nature divisée en plusieurs spécialités, à l'instar de la physique et de la biologie avec lesquelles elle partage des espaces...) pré-biotique.

Référence publication:
Kamila B. Muchowska , Sreejith J. Varma , Elodie Chevallot-Beroux , Lucas Lethuillier-Karl , Guang Li & Joseph Moran
Metals promote sequences of the reverse Krebs cycle
Nature Ecology and Evolution 2 octobre 2017
[u=https://www.nature.com/articles/s41559-017-0311-7]doi:10.1038/s41559-017-0311-7[/u]

Contact chercheur:
Joseph Moran, Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires – Strasbourg

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Source: CNRS-INC