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Posté par Adrien le Dimanche 03/12/2017 à 00:00
À l'âge du bronze, le métal des objets en fer venait des météorites

2009 Leonid Meteor Shower, Illustration CODITA Author: Navicoree
Si la présence d'objets en fer dès l'âge du bronze peut surprendre, leur origine est encore plus extraordinaire: leur métal provient de météorites. Le phénomène était connu, mais jusqu'à présent la communauté scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes...) ne parvenait pas à déterminer si cela concernait la majorité des objets en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous forme pure ou d'alliages. Le...) de l'époque, ou seulement quelques exceptions. Albert Jambon, dans le cadre de ses travaux menés à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel...) de minéralogie, de physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la connaissance de...) des matériaux et de cosmochimie (CNRS/UPMC/IRD/Muséum national d'Histoire naturelle) (1), a montré que le fer utilisé à l'âge du bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu'en...) est systématiquement météoritique, puis a expliqué la disparition de cette pratique à l'âge du fer. Ses travaux sont publiés dans l'édition de décembre 2017 de la revue Journal of Archaeological Science.

L'âge du fer commence en Anatolie et dans le Caucase autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit...) de 1200 ans avant notre ère. Mais près de 2000 ans plus tôt, diverses cultures façonnent cependant déjà des objets en fer. Ces artéfacts restent extrêmement rares et bénéficient toujours d'un grand prestige. Comment expliquer leur valeur, alors que les minerais de fer sont très abondants à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure,...) de la Terre  ? Des premiers travaux ont montré que certains avaient été conçus avec du fer provenant de météorites, ce qui a poussé les chercheurs à se demander quelle part de ces vestiges avait une origine extraterrestre. Albert Jambon a repris les données disponibles et mené ses propres analyses non destructives avec un spectromètre de fluorescence (La fluorescence est une émission lumineuse provoquée par diverses formes d'excitation autres que la chaleur. (on parle parfois de...) X portable permettant l'analyse chimique des échantillons. Son corpus d'objets comprend des perles en fer retrouvées à Gerzeh (Égypte, -3200), une dague découverte à Alaca Höyük (Turquie, -2500), un pendentif ( En architecture, un pendentif peut être : Se dit d'une décoration peinte sur des surfaces polygonales souvent curvilignes et comprises entre des portions...) d'Umm (UMM (União Metalo-Mecânica) est un constructeur automobile portugais spécialisé dans les 4x4, véhicules agricoles et...) el Marra (Syrie, -2300), une hache (Une hache est un outil formé d'une lame de métal (d'acier le plus souvent) attachée à un manche de bois. Elle est le plus souvent utilisée pour couper du bois, mais elle...) d'Ugarit (Syrie, -1400) et plusieurs autres de la dynastie Shang (Chine, -1400), ou encore la dague, le bracelet et l'appuie-tête de Toutankhamon (Égypte, -1350).

Résultat: tous ces artéfacts en fer de l'âge du bronze sont bien d'origine météorique. Rappelons que lors de la formation de gros astres tels que notre planète, le nickel (Le nickel est un élément chimique, de symbole Ni et de numéro atomique 28.) migre presque entièrement vers le noyau de fer liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.). Ce métal est donc rare en surface. Certaines météorites naissent en revanche de la destruction d'astres et, si elles proviennent du coeur de ces derniers, elles sont principalement composées de fer avec une forte teneur en nickel et en cobalt. C'est ce qui permet de distinguer la source du fer. Il se trouve également que dans les météorites le fer est à l'état de métal et peut donc être utilisé tel quel contrairement aux minerais terrestres qui sont transformés en métal par une opération de réduction consistant à ôter l'oxygène qu'ils contiennent. Le fer extraterrestre n'ayant pas besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les besoins...) d'être réduit dans les fourneaux de l'âge du bronze, cela explique pourquoi les objets en fer étaient alors tous d'origine météoritique. L'invention de la technique permettant d'ôter l'oxygène des minerais de fer a ensuite ouvert le véritable âge du fer et les rarissimes métaux extraterrestres ont été entièrement délaissés au profit de minerais extrêmement plus courants et économiques. Albert Jambon réfute au passage certaines théories qui rendaient possible l'obtention de fer chargé en nickel avec des minerais terrestres.

Notes:

(1)Albert Jambon travaille également en association avec le laboratoire Géoazur (CNRS/Université Nice Sophia Antipolis/Observatoire de la Côte d'Azur/IRD).


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Source: CNRS
 
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