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Posté par Adrien le Mardi 05/12/2017 à 00:00
Efficacité du vaccin contre la grippe: au-delà de la souche virale
L'efficacité du vaccin dépend de sa concordance avec les souches d'influenza qui sévissent dans la population, mais elle est aussi influencée par la mémoire immunologique, l'histoire de vaccination et le moment de l'année où vous contractez le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme...). L'efficacité du vaccin contre la grippe ne dépend pas uniquement du choix des souches

Pour la plupart des gens, l'efficacité du vaccin contre la grippe se résume à une seule chose. Il suffit que les souches virales utilisées pour fabriquer le vaccin correspondent aux souches qui circulent dans la population et l'affaire est entendue. En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes, comme vient de le démontrer, dans le Journal of Infectious Diseases, une équipe de chercheurs canadiens dont fait partie Gaston De Serres, de la Faculté de médecine et du CHU de Québec - Université Laval. En effet, les travaux de ces chercheurs démontrent que l'efficacité du vaccin peut aussi dépendre de votre première rencontre avec l'influenza, de votre histoire de vaccination (La vaccination est un procédé consistant à introduire un agent extérieur (le vaccin) dans un organisme vivant afin de créer une réaction immunitaire positive contre une maladie infectieuse....) et même du moment de l'année où vous contractez le virus.

Les chercheurs arrivent à ces constats après avoir étudié l'efficacité du vaccin en 2015-2016. Cette année-là, la grippe a frappé tardivement - le pic est survenu en mars - et c'est la souche A(H1N1) qui a sévi, accompagnée en sourdine de l'influenza B / Victoria. «L'efficacité du vaccin pour le A(H1N1) n'était que de 43%, même s'il y avait une bonne concordance antigénique entre le vaccin et le sous-type qui a circulé dans la population, rappelle Gaston De Serres. Pour l'influenza B, l'efficacité du vaccin a atteint 54%, alors qu'il y avait une non-concordance des lignées.»

Grâce au concours de médecins faisant partie d'un réseau canadien de surveillance de l'influenza, les chercheurs ont obtenu des échantillons de sécrétions nasales d'environ 2 000 personnes qui s'étaient présentées dans une clinique avec des symptômes d'allure grippale. Les analyses de laboratoire ont permis d'établir qu'environ la moitié d'entre elles avaient effectivement contracté l'influenza.

En faisant des recoupements avec les données relatives à chaque patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.), les chercheurs ont fait trois constats intéressants. Le premier: l'efficacité du vaccin contre le A(H1N1) était de 75% chez les gens vaccinés uniquement en 2015-2016, alors qu'elle diminuait à 41% chez les gens qui avaient été vaccinés en 2014-2015 et en 2015-2016. «Se faire vacciner deux années consécutives ne produit pas toujours cet effet, précise le professeur De Serres. Parfois, on observe un effet protecteur et parfois il n'y a pas d'effet du tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.). Nous tentons de déterminer pourquoi, mais, pour l'instant (L'instant désigne le plus petit élément constitutif du temps. L'instant n'est pas intervalle de temps. Il ne peut donc être...), les raisons sont obscures.»

Deuxième constat: l'efficacité du vaccin contre le A(H1N1) varie énormément selon l'âge de la personne vaccinée. Ainsi, alors que l'efficacité atteignait 67% chez les 1 à 19 ans, elle était d'à peine 5% chez les 49 à 59 ans. «Chez les gens de ce dernier groupe d'âge, la première exposition à vie (La vie est le nom donné :) à l'influenza a eu lieu pendant une période où il n'y avait pas de A(H1N1) en circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.). Le fait que cette première exposition ait eu lieu avec d'autres lignées pourrait avoir conditionné leur réponse immunitaire ultérieure au A(H1N1).»

Troisième constat: l'efficacité du vaccin contre le A (H1N1) était de 62% chez les gens qui se sont présentés chez le médecin en janvier-février. Chez ceux qui se sont présentés en mars-avril, elle n'était plus que de 19%. «Il se peut que le virus se soit modifié en cours de saison (La saison est une période de l'année qui observe une relative constance du climat et de la température. D'une durée d'environ trois mois (voir le tableau Solstice et Équinoxe...) ou que l'immunité conférée par le vaccin ait diminué avec le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.)», avance le professeur De Serres.

Cette étude met en lumière les limites de notre compréhension des mécanismes qui influencent l'efficacité du vaccin contre la grippe, mais elle ne remet pas en question la pertinence de se faire vacciner, insiste le chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier...). «Les personnes qui ont reçu le vaccin en 2015-2016 ont profité, à divers degrés, d'une protection contre la grippe. C'est le cas tous les ans, sauf lors d'années exceptionnelles comme 2014-2015 où l'efficacité du vaccin a été nulle.»

Chaque année, environ 15% de la population est exposée au virus de l'influenza et environ le tiers de ces personnes développeront une grippe. Les répercussions d'une infection grippale, et conséquemment les avantages de se faire vacciner, ne sont pas les mêmes pour tous, rappelle le professeur De Serres. «Pour des adultes en bonne santé, la grippe se traduit généralement par des désagréments et par quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...) au lit. Pour les personnes âgées, les répercussions sont beaucoup plus sérieuses. Par exemple, les 75 ans et plus représentent 75% des cas d'hospitalisation et plus de 80% des décès causés par la grippe.» Au Québec, le vaccin contre la grippe est fortement recommandé aux 65 ans et plus, aux personnes ayant une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) chronique, aux enfants de moins de 5 ans, aux femmes enceintes et à celles qui ont accouché depuis 4 semaines ou moins.

L'efficacité du vaccin dépend de sa concordance avec les souches d'influenza qui sévissent dans la population, mais elle est aussi influencée par la mémoire immunologique, l'histoire de vaccination et le moment de l'année où vous contractez le virus.

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Source: Jean Hamann - Université Laval