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Posté par Adrien le Lundi 18/12/2017 à 00:00
Au coeur des turbines

Photo: CRSNG
Claire Deschênes et son équipe effectueront des tests sur un système reproduisant un barrage hydroélectrique à petite échelle installé dans leur laboratoire du pavillon Adrien-Pouliot.
L'équipe de Claire Deschênes étudie les turbines Francis pour les adapter aux nouvelles réalités de la production hydroélectrique.

Au milieu des années 1800, l'ingénieur britanno-américain James Bichens Francis mettait la dernière touche à un modèle de turbine (Une turbine est un dispositif rotatif destiné à utiliser la force d'un fluide (eau, vapeur, air, gaz de combustion), dont le couple est transmis au moyen d'un arbre.) qui est devenu, depuis, le plus répandu dans les barrages hydroélectriques en Amérique du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et ailleurs dans le monde (Le mot monde peut désigner :). Même si la turbine Francis a plus de 150 ans d'existence et que ses conditions optimales d'utilisation sont bien connues, il reste encore des choses à apprendre pour en améliorer la durabilité et le rendement. C'est justement à cette tâche que s'attaqueront, au cours des cinq prochaines années, Claire Deschênes et son équipe du Département de génie mécanique et du Laboratoire de machines hydrauliques de l'Université Laval.

Pour y arriver, la professeure Deschênes dispose d'un financement de 4 M$ provenant de deux sources. La première est une subvention (Une subvention est une aide financière, c’est-à-dire une somme d’argent, qui est allouée par une institution publique ou privée à une personne ou une...) RDC du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ainsi que du Consortium en machines hydrauliques qui regroupe Hydro-Québec, Andritz Hydro, GE Énergies renouvelables Canada, Voith Hydro et Électricité de France. L'autre source de financement est InnovÉÉ, un regroupement sectoriel de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) industrielle qui favorise le renforcement de l'écosystème d'innovation en énergie électrique au Québec. Les partenaires du projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le...) ajouteront des contributions en biens et services totalisant 2,6 M$.

L'équipe de Claire Deschênes s'intéressera à un problème qui est apparu au cours des deux dernières décennies avec l'ajout sur les réseaux électriques d'autres sources d'énergie renouvelable, comme les éoliennes et les capteurs (Un capteur est un dispositif qui transforme l'état d'une grandeur physique observée en une grandeur utilisable, exemple : une tension électrique, une hauteur de mercure, une intensité, la déviation d'une...) solaires, ou encore avec la vente d'électricité à l'étranger. Contrairement à l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) que l'on peut accumuler derrière un barrage (Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et destiné à réguler l'écoulement naturel de l'eau pour permettre l'écoulement recherché.), le vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont...) et le soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est...) ne peuvent être stockés pour une utilisation ultérieure, explique la professeure Deschênes. Pour maintenir l'équilibre entre la production et la demande d'électricité sur le réseau, il faut ralentir ou stopper les turbines des centrales hydroélectriques ou encore démarrer les turbines à l'arrêt. «Les ralentissements, les arrêts et les démarrages entraînent des contraintes mécaniques qui provoquent une usure prématurée des turbines, souligne la chercheuse. De plus, pendant ces périodes de transition, les turbines fonctionnent dans des conditions sous-optimales, ce qui en diminue le rendement. Ces changements entraînent des pertes de production et des coûts d'entretien accrus.»

Les travaux de l'équipe de Claire Deschênes visent à mieux comprendre comment les démarrages répétés créent des contraintes sur les éléments mobiles des turbines et exacerbent les problèmes structurels et l'apparition de fissures. Les chercheurs effectueront des tests sur un système reproduisant un barrage hydroélectrique à petite échelle installé dans leur laboratoire du pavillon Adrien-Pouliot. On y trouve un réservoir de 270 m3 d'eau, une pompe (Une pompe est un dispositif permettant d'aspirer et de refouler un fluide.) dont le débit peut atteindre 1 m3 à la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure...) et un circuit sur lequel on installera un modèle réduit de turbine Francis. Ce modèle s'inspire des turbines installées au barrage Jean-Lesage, mais le diamètre de sa roue (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par son centre.) équivaut à 2 / 15 de celui de la roue réelle de 5 mètres. «Il faudra deux ans pour réaliser le montage expérimental et pour mettre la turbine modèle en eau. Si tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) se déroule comme prévu, nous pourrons commencer à prendre des mesures en 2020, souligne Claire Deschênes. Nos travaux feront avancer les connaissances et ils serviront à valider les modèles numériques qui permettront d'améliorer le design (Le design (la stylique en français) est un domaine visant à la création d'objets, d'environnements ou d'œuvres graphiques, à la fois fonctionnels,...) des turbines et d'optimiser leur utilisation pour des conditions d'arrêts et de démarrages fréquents.»

Ce projet sur les turbines Francis permettra l'embauche d'un nouveau professeur au Département de génie mécanique et la formation de 10 étudiants à la maîtrise, de 5 étudiants au doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et les...) et de 3 stagiaires postdoctoraux.

Claire Deschênes et son équipe effectueront des tests sur un système reproduisant un barrage hydroélectrique à petite échelle installé dans leur laboratoire du pavillon Adrien-Pouliot.

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Source: Jean Hamann - Université Laval