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Posté par Adrien le Vendredi 09/03/2018 à 00:00
ALMA révèle la structure interne d'un cocon d'étoiles
De nouvelles données acquises par le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) ainsi que d'autres télescopes ont permis de générer cette superbe image d'un réseau de filaments au sein de la Nébuleuse d'Orion. Sur ce magnifique cliché, ces structures paraissent chaudes et rougeoyantes. En réalité, leur température est si basse que les astronomes doivent recourir à des télescopes tel ALMA pour les observer.


Sur cette spectaculaire image figure une partie de la célèbre Nébuleuse d'Orion, une région de formation d'étoiles située à quelque 1350 années lumière de la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande...). Ce cliché résulte d'une mosaïque d'images acquises dans le domaine millimétrique par le Vaste Réseau (Sub-)Millimétrique de l'Atacama (ALMA) et le télescope de 30 mètres de l'IRAM (en rouge) d'une part, dans le domaine infrarouge (Le rayonnement infrarouge (IR) est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde supérieure à celle de la lumière visible mais plus...) par l'instrument HAWK-1 qui équipe le Very Large Telescope de l'ESO (en bleu), d'autre part. L'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui...) d'étoiles brillantes de couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) bleuâtre situé dans l'angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) supérieur gauche de l'image forme l'Amas du Trapèze - un amas constitué de jeunes étoiles chaudes âgées de quelques millions d'années seulement.

Les structures filiformes, semblables à des fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.), qui parsèment cette image sont de longs filaments de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre :...) froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.), visibles seulement au travers de télescopes opérant dans le domaine millimétrique. Ils sont invisibles à l'oeil nu ainsi qu'aux longueurs d'onde (Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une variation réversible des propriétés physiques locales. Elle transporte de l'énergie sans transporter de matière. Une onde...) infrarouges. De sorte qu'ALMA constitue l'un des rares instruments au moyen desquels les astronomes peuvent les étudier. Ce gaz donne naissance à de nouvelles étoiles - s'effondrant progressivement sous l'effet de son propre poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est égale à l'opposé de la résultante des...) jusqu'à atteindre la densité nécessaire pour former une protoétoile, le précurseur d'une étoile.

Les scientifiques ayant collecté les données à partir desquelles cette image fut créée étudiaient ces filaments dans le but de mieux connaître leur structure ainsi que leur composition. Ils ont utilisé ALMA afin de détecter les signatures du gaz de diazénylium (N2H+) dont ces structures sont en partie constituées. Cette étude a permis à l'équipe d'identifier un réseau de 55 filaments.

La Nébuleuse d'Orion est la région de formation d'étoiles massives la plus proche de la Terre. Elle constitue donc une cible particulièrement intéressante pour les astronomes cherchant à mieux comprendre la formation ainsi que l'évolution des étoiles lors de leurs premiers millions d'années d'existence. Les télescopes de l'ESO ont observé cette région à de multiples reprises, donnant lieu à quelques découvertes ici, ici, et là.

Cette image résulte de la combinaison (Une combinaison peut être :) de 296 ensembles de données distincts, acquis par les télescopes ALMA et IRAM. À ce titre, elle constitue, en termes de résolution spatiale, l'une des plus grandes mosaïques d'une région de formation stellaire (Stellaria est un genre de plantes herbacées annuelles ou vivaces, les stellaires, de la famille des Caryophyllaceae. Il comprend près de 90...) créée à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent...) dans le domaine millimétrique (1).

Notes

(1) Les premières mosaïques d'Orion à des longueurs d'onde millimétriques utilisaient des radiotélescopes dotés d'un unique disque (Le mot disque est employé, aussi bien en géométrie que dans la vie courante, pour désigner une forme ronde et régulière, à l'image d'un palet — discus en latin.), tel APEX. Les nouvelles observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens...) effectuées au moyen d'ALMA et d'IRAM utilisent des techniques d'interférométrie qui combinent les signaux issus d'antennes multiples et distantes afin de créer des images beaucoup plus détaillées.


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Source: ESO