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Posté par Michel le Mardi 28/03/2006 à 00:00
Un cortège de "mini-comètes" s'approche de la Terre
En 1995, la comète 73P/Schwassmann-Wachmann 3 s'est brisée en morceaux. Sans raison apparente, le noyau de la comète s'est séparé en au moins trois "mini-comètes" qui naviguent désormais cote à cote dans l'espace. Les astronomes les ont observé avec intérêt, mais à 250 millions de kilomètres de distance même les plus grands télescopes avaient du mal à en donner une vision nette (Le terme Nette est un nom vernaculaire attribué en français à plusieurs espèces de canards reconnaissablent à leurs calottes. Le terme est un emprunt au grec ancien...). En mai 2006 cependant, ces fragments vont approcher la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...) plus près que n'importe quelle autre comète (En astronomie, une comète est un petit astre brillant constitué de glace et de poussière du système solaire, dont l'orbite a généralement la forme d'une ellipse très...) depuis plus de vingts ans.


La comète 73P le 27 décembre 1995

Il n'y a aucun danger de collision (Une collision est un choc direct entre deux objets. Un tel impact transmet une partie de l'énergie et de l'impulsion de l'un des corps au second.) toutefois. Le fragment le plus proche passera à plus de neuf millions de kilomètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.) de notre planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en équilibre...) soit vingt-cinq fois plus loin que la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du système solaire avec un diamètre de 3 474 km. La distance moyenne séparant la Terre de la...). Le télescope spatial Hubble (Le télescope spatial Hubble (en anglais, Hubble Space Telescope ou HST) est un télescope en orbite à environ 600 kilomètres d'altitude, il effectue un...) et le radar (Le radar est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la distance et/ou la vitesse d'objets tels que les avions, bateaux, ou...) géant d'Arecibo à Porto Rico observeront le survol des fragments afin de déterminer leur forme et d'analyser leur rotation. Les astronomes amateurs pourront prendre des photos des mini-comètes qui passeront au travers des constellations du Cygne (Cygnus est un genre d'oiseaux de la famille des Anatidae. C'est le genre des cygnes, de grands oiseaux aquatiques de la famille des anatidés.) et de Pegasus les 12,13 et 14 mai prochain. Quoique très proches, ces comètes ne seront pas très lumineuses. On s'attend à ce que les plus grands fragments n'atteignent que les magnitudes 3 ou 4, comme des étoiles très faiblement visibles à l'œil nu.

Le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de fragments change continuellement. Quand la dislocation (En science des matériaux, une dislocation est un défaut linéaire correspondant à une discontinuité dans l'organisation de la structure cristalline. Une dislocation peut être vue simplement comme un "quantum" de déformation élémentaire au sein d'un...) de 73P a commencé en 1995 il n'y avait en avait que trois: A, B et C. Les astronomes en comptent désormais au moins huit: les grands fragments B et C et les plus petits G, H, J, L, M et N. Il semble que certains des fragments eux-mêmes forment leurs propres fragments secondaires, ce qui signifie que leur nombre pourrait encore s'accroître. Personne ne peut deviner quelle sera la longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme...) du "collier de perles" lorsqu'il sera proche de nous.


Fragments de la comète le 26 février 2006

Bien que cela soit peu probable, il est également possible qu'un nuage (Un nuage est une grande quantité de gouttelettes d’eau (ou de cristaux de glace) en suspension dans l’atmosphère. L’aspect d'un...) de poussière dû à la dislocation de la comète en 1995 puisse balayer la Terre en mai 2006, ce qui produirait une pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore météorologique qui fait...) d'étoiles filantes. Selon l'astronome (Un astronome est un scientifique spécialisé dans l'étude de l'astronomie.) Paul Wiegert de l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de l'Ontario, ce nuage s'étend trop lentement pour atteindre la Terre onze ans seulement après la dislocation, mais tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) dépend en fait de la cause de celle-ci, que nous ignorons toujours.

L'explication la plus vraisemblable est un phénomène d'origine thermique (La thermique est la science qui traite de la production d'énergie, de l'utilisation de l'énergie pour la production de chaleur ou de froid, et des transferts de chaleur suivant...). Le noyau glacé a pu se fissurer comme un glaçon dans une boisson chaude: la comète se serait fragmentée alors qu'elle approchait du Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est...) après un long séjour dans le Système Solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui...) extérieur glacial. "Si c'est vraiment ce qui s'est produit", explique Wiegert, "alors le nuage de débris ne doit s'étendre que lentement, et il n'y aura pas de pluie intense de météores".

Mais d'autre part, il est possible aussi que la comète se soit brisée sous l'impact d'un petit rocher interplanétaire. Une collision violente pourrait produire des débris en mouvement rapide qui pourraient atteindre la Terre en 2006. Ce ne serait pas la première fois qu'une comète mourante produit une pluie de météores: "Un exemple exceptionnel est la comète Biela, dont le fractionnement a été observé en 1846, et qui s'est complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à...) brisée en 1872", remarque Wiegert. "Au moins trois pluies très intenses de météores (de 3000 à 15000 météores par heure) en ont résulté en 1872, 1885 et 1892".

En supposant une dislocation d'origine thermique pour 73P, Wiegert a calculé la trajectoire (La trajectoire est la ligne décrite par n'importe quel point d'un objet en mouvement, et notamment par son centre de gravité.) la plus probable pour son nuage de poussière. Celui-ci ne devrait atteindre la Terre qu'en 2022, "en produisant une pluie moins importante de météores, rien de très spectaculaire", selon lui. "Cependant", ajoute-t-il, "la fragmentation continue de la comète signifie que des nouvelles météorites sont envoyées dans des directions nouvelles et qu'une future pluie intense des vestiges de73P reste envisageable".


Passage des fragments de la comète en mai 2006

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Source: Science@NASA
Illustrations: Jim V. Scotti / Spacewatch Telescope & G. Sostero, E. Guido / Remanzacco Observatory & Science@NASA (Adapt. Techno-Science.net)