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Posté par Michel le Mercredi 05/04/2006 à 00:00
La plus grande simulation de l’évolution des galaxies
Deux astronomes ont réalisé une des plus grandes simulations jamais effectuées en astrophysique afin de modéliser l’expansion des galaxies. A l’aide du supercalculateur japonais « Earth Simulator », qui est également utilisé en météorologie ou pour des simulations de séismes, Masao Mori de l'université de Californie à Los Angeles (Los Angeles est une ville des États-Unis située au sud de la Californie, sur la côte pacifique. Les Américains l'appellent souvent par son diminutif L.A. prononcé « él...) et Masayuki Umemura de l'université de Tsukuba sont parvenus à simuler l’évolution des galaxies depuis 300 millions d'années après le Big Bang (Le Big Bang est l’époque dense et chaude qu’a connu l’univers il y a environ 13,7 milliards d’années, ainsi que l’ensemble des modèles cosmologiques qui la décrivent, sans que cela...) jusqu’à aujourd'hui. Leurs résultats montrent que les galaxies pourraient avoir évolué beaucoup plus rapidement qu’on ne le pensait auparavant.


Simulation du premier milliard d’années d’une protogalaxie
dont la masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la...) est celle de 100 milliards de Soleils (Soleils est une association à but humanitaire implantée sur le campus de Supélec (École Supérieure d'Electricité).)
(1 Gyr = 1 milliard d’années)

Selon le modèle "hiérarchique", les galaxies se seraient formées suivant un processus ascendant qui a commencé avec la formation de petites poches de gaz (Un gaz est un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi-indépendants. Dans l’état gazeux, la matière n'a pas de forme propre ni de volume propre :...) et d’étoiles qui ont ensuite fusionné pour former des systèmes plus importants. Les deux chercheurs ont simulé ce processus en utilisant un code 3D hydrodynamique puissant combiné avec un code de « synthèse spectrale » d’un plasma ( En physique, le plasma décrit un état de la matière constitué de particules chargées (d'ions et d'électrons). Le plasma quark-gluon est un...) astrophysique (L’astrophysique (du grec astro = astre et physiqui = physique) est une branche interdisciplinaire de l'astronomie qui concerne principalement la physique et l'étude des propriétés des...) afin de tenir compte de l'évolution dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) et chimique d'une galaxie (Galaxies est une revue française trimestrielle consacrée à la science-fiction. Avec ce titre elle a connu deux existences, prenant par ailleurs la...) primordiale. La simulation sur « Earth Simulator » a été exécutée à ultra-haute résolution basée sur 1024 "points de grille ( Un grille-pain est un petit appareil électroménager. Une grille écran est un élément du tube de télévision. Une grille d'arrêt est un élément du tube de...)", ce qui en a fait l’un des plus grands calculs jamais exécutés en astrophysique.

Mori et Masayuki ont posé les conditions initiales de leur simulation en se basant sur un univers (L'Univers est l'ensemble de tout ce qui existe et les lois qui le régissent.) froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) de matière sombre, dont les paramètres ont été déterminés par les mesures du fond cosmique de micro-onde (Les micro-ondes sont des ondes électromagnétiques de longueur d'onde intermédiaire entre l'infrarouge et les ondes de radiodiffusion. Le...). Ces observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens...), réalisées initialement en 2003, avaient montré que nous vivions dans un univers plat composé de seulement 4% de matière normale, de 22% de matière sombre et de 74% d’énergie sombre, ceci en accord avec le modèle standard de la cosmologie (La cosmologie est la branche de l'astrophysique qui étudie l'Univers en tant que système physique.). Les chercheurs ont alors directement comparé leurs résultats numériques avec les observations des galaxies primitives appelées émetteurs « Lyman-alpha » et galaxies « Lyman-break », que les astronomes trouvent dans les parties les plus lointaines et donc les plus anciennes de l'univers.

Leurs résultats montrent que les bulles de gaz qui se sont formées dans l’univers primordial 300 millions d’années après le Big Bang ressemblaient effectivement aux émetteurs Lyman-alpha. Après environ un milliard d'années, la simulation montre que ces galaxies se transforment en galaxies Lyman-break. Finalement, après 10 milliards d'années d'évolution, les structures du modèle ressemblent aux galaxies elliptiques actuelles.

La simulation permet également de prévoir les proportions en éléments chimiques dans une galaxie (Une galaxie est, en cosmologie, un assemblage d'étoiles, de gaz, de poussières et de matière noire et contenant parfois un trou noir supermassif en son centre.) à chaque étape de son évolution, et suggère que notre Voie Lactée possède aujourd'hui grossièrement la même composition que lorsqu’elle n’était âgée que d’un milliard d'années. Jusqu'ici, on pensait que les galaxies avaient évolué progressivement et s’étaient enrichies en éléments plus lourds que l’hydrogène et l’hélium pendant 10 milliards d'années grâce aux répétitions successives des explosions de supernovae et des processus de formation d'étoiles.

"Nos travaux montrent que la formation d’une galaxie s’effectue beaucoup plus rapidement et qu'il suffit d’un milliard d’années pour qu’une grande quantité d'éléments lourds soient produits", précise Mori.

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Source: PhysicsWeb
Illustration: Nature