Ce site necessite l'activation du javascript dans votre navigateur pour un affichage correct !
  Nos sites: Techno-Science.net | Allons-Sortir.fr
Style du site: Original | Azur   
Découvrez toute l'actualité scientifique et technologique, des dossiers, des évènements et sorties scientifiques...
Techno-Science
Outils
Proposez-nous
Archives
Partenaires / Sites
Organismes
 CEA
 ESA
Sites Web
Posté par Michel le Lundi 21 Août 2006 à 00:00:35
L’Europe redécouvre la Lune grâce à SMART-1
L’Europe peut désormais dire qu’elle aussi est allée sur la Lune (On appelle lune tout satellite naturel d'une planète, mais la Lune, avec un L majuscule, désigne le seul satellite...). En effet, tôt le matin du 3 septembre (à 07h41 heure (L'heure est une unité de mesure  :) de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville...), selon les prévisions actuelles), la mission d’exploration du satellite (Satellite peut faire référence à :) SMART-1 de l’Agence spatiale européenne prendra fin lorsque ce dernier percutera la surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent...) de l’astre lunaire.


SMART-1 Vue d’artiste

L’histoire a débuté en septembre 2003, lorsqu’un lanceur Ariane-5 a décollé de Kourou, en Guyane française, pour placer la sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système...) lunaire SMART-1 de l’Agence spatiale européenne sur une orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que décrit dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous...) terrestre. Cette sonde automatique (L'automatique fait partie des sciences de l'ingénieur. Cette discipline traite de la modélisation, de l'analyse, de la...) de petite taille pèse 366 kg et ressemble à un cube (En géométrie élémentaire, un cube est un prisme dont les côtés sont tous égaux. Les cubes figurent parmi les solides...) d'un mètre (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini...) de côté, si l'on ne tient pas compte de ses panneaux solaires de 14 mètres d'envergure (L'envergure est la distance entre les extrémités des ailes. Le terme est valable pour définir un oiseau, un chiroptère,...) (repliés pendant la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en...) de lancement).

Après le lancement puis l’injection sur une orbite elliptique autour de la Terre, la poussée, faible mais constante, fournie par le moteur (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par...) à propulsion électrique ( propulsion électrique (spatial) Propulsion électrique des navires Récupérée de «...) très innovant de SMART-1, qui expulse des ions de gaz (Au niveau microscopique, on décrit un gaz comme un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi...) xénon sous forte pression (La pression est la force exercée sur une surface donnée.), a donné à la sonde une trajectoire en spirale (Cet article ou cette section doit être recyclé. Sa qualité devrait être largement améliorée en le réorganisant et en le...) autour de la Terre, afin qu’elle s’en éloigne de plus en plus, jusqu’à être capturée par la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) lunaire, après un long périple d’environ 14 mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.).

Pour couvrir les 385 000 kilomètres qui séparent la Terre de la Lune en ligne droite, la sonde a parcouru 100 millions de kilomètres en ne consommant que 60 litres de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant...) grâce à son moteur remarquablement performant ! Après avoir été capturée par le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) gravitationnel lunaire en novembre 2004, la sonde, qui s’est placée sur une orbite elliptique autour des pôles de la Lune, a débuté sa mission scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude...) en mars 2005. SMART-1 est, à l'heure (L'heure est une unité de mesure  :) actuelle, le seul satellite (Satellite peut faire référence à :) en orbite autour de la Lune, ouvrant la voie à la flotte de sondes lunaires internationales qui seront lancées à partir de 2007.

L’histoire touche désormais à sa fin. Dans la nuit du samedi 2 au dimanche 3 septembre, vous pourrez peut-être, avec un télescope suffisamment puissant, assister à un événement tout à fait exceptionnel. En effet, comme la plupart de ses prédécesseurs, SMART-1 terminera son voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou...) et son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) d’exploration lunaire en atterrissant de façon quelque peu brutale dans une zone baptisée le "Lac de l’Excellence", située au milieu de la région méridionale de la face visible de la Lune, à 07h41 heure de Paris (05h41 UTC), ou cinq heures avant s’il heurte une montagne non répertoriée.

L’épilogue est proche

Après 16 mois d’activité scientifique en orbite elliptique autour des pôles lunaires (à une distance variant entre 300 et 3 000 km), la mission touche à sa fin. La sonde, dont le périlune est désormais inférieur à 300 km, va observer de plus près des cibles bien définies, avant de se poser à la surface de la Lune, de façon contrôlée (du moins en ce qui concerne le lieu et l'heure), et de mettre un terme à sa carrière.

"SMART-1 heurtera la Lune à une vitesse relative faible (2 km/s ou 7 200 km/h) et creusera un petit cratère ( Pour le cratère d'origine volcanique, voir Cratère volcanique Pour le cratère d'origine météoritique,...) mesurant 3 à 10 m de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du...)" explique Bernard Foing, Responsable scientifique du projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou...) SMART-1, "comparable à ceux créés par des météorites de 1 kg sur une surface déjà très marquée par les impacts naturels".

Les derniers instants qui précèderont cet impact seront suivis avec la plus grande attention par les contrôleurs de la mission depuis le centre de contrôle de l’ESA (ESOC), situé à Darmstadt, près de Francfort (Allemagne).

Dernières étapes de l’exploitation en vol de SMART-1

En juin, les contrôleurs de la mission SMART-1 de l’ESOC ont achevé une série de mises à feu complexes du propulseur, destinées à optimiser l’heure et le lieu de l’impact du satellite. Elles ont dû être réalisées par les propulseurs du système de commande (Commande : terme utilisé dans de nombreux domaines, généralement il désigne un ordre ou un souhait impératif.) d’attitude car le moteur ionique (Un moteur à ions est un moteur qui produit sa force de propulsion en projetant des ions à très haute vitesse.) avait consommé tout son xénon en 2005.

Ces manœuvres ont modifié le lieu et l’heure de l’impact, qui aurait dû se produire à la mi-août sur la face cachée de la Lune ; il est désormais prévu sur la face visible et les meilleures estimations actuelles indiquent qu'il devrait avoir lieu vers 07h41 heure de Paris (05h41 UTC) le dimanche 3 septembre.

"Les contrôleurs de la mission et les ingénieurs en dynamique des vols ont analysé les résultats de la campagne de manœuvres afin de confirmer et d’affiner cette estimation", explique Octavio Camino-Ramos, Responsable de la conduite des opérations du satellite SMART-1 à l’ESA/ESOC. "Les manœuvres d’ajustement finales prévues le 25 août pourraient encore modifier l’heure définitive de l’impact", ajoute-t-il.

De grands télescopes au sol, utilisés avant et pendant l'impact, permettront de faire des observations, avec plusieurs objectifs:

- étudier la physique de l’impact (matériaux éjectés, masse (La masse est une propriété fondamentale de la matière qui se manifeste à la fois par l'inertie des corps et leur...), dynamique et énergie) ;

- étudier la chimie de la surface lunaire en analysant le rayonnement (Le rayonnement est un transfert d'énergie sous forme d'ondes ou de particules, qui peut se produire par rayonnement...) spécifique (le "spectre") émis par les matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) éjectés ;

- contribuer à l’évaluation technologique de la mission: étudier le comportement du véhicule dans ces circonstances permettra de mieux préparer de futures expériences d’impact (par exemple, pour des satellites destinés à intercepter des météorites menaçant la Terre).


Localisation du point d’impact prévu de SMART-1
le 3 septembre 2006

Pourquoi SMART-1 est-il si exceptionnel ?

Le satellite SMART-1 comporte des équipements de haute technologie (Le mot technologie possède deux acceptions de fait :) et des instruments scientifiques de pointe. Son moteur ionique, par exemple, fonctionne en expulsant de manière continue un faisceau de particules chargées, ou "ions", qui produisent une poussée propulsant le satellite vers l’avant. L’énergie nécessaire pour alimenter le moteur est fournie par des panneaux solaires, d’où le qualificatif "hélioélectrique" utilisé pour ce mode de propulsion. Ce moteur génère ainsi une impulsion très douce qui déplace le véhicule de manière relativement lente: SMART-1 accélère d’à peine 0,2 mm/s2, poussée équivalente au poids (Le poids d'un corps nu ou force de pesanteur est la force exercée sur un corps (de masse m) immobile dans le...) d’une carte postale.

Pour toutes ces raisons, le voyage de SMART-1 vers la Lune n’a été ni rapide ni direct. L’ESA souhaitait en effet tester pour la première fois la propulsion électrique au cours d’une mission comparable à un voyage interplanétaire. Après son lancement, le satellite s’est placé sur une orbite elliptique autour de la Terre. Il a ensuite allumé son moteur ionique pour élargir graduellement son orbite elliptique et se diriger vers le plan orbital lunaire selon une trajectoire en spirale.

Mois après mois, SMART-1 s’est ainsi rapproché de la Lune. Sa trajectoire en spirale l’a entraîné dans un périple de plus de 100 millions de kilomètres, alors que la Lune n’est distante de la Terre, en ligne droite, que de 350 000 à 400 000 km !

En approchant de sa destination, SMART-1 a commencé à utiliser la gravité lunaire afin de se mettre en position d’être capturé par le champ gravitationnel de la Lune, ce qui s’est produit en novembre 2004. Après sa capture, SMART-1 a commencé à suivre une trajectoire en spirale pour atteindre, en janvier 2005, son orbite polaire elliptique opérationnelle finale, avec un périlune (distance la plus proche de la surface lunaire) à 300 km et un apolune (distance la plus éloignée) à 3 000 km, ce qui lui a permis d’entamer sa mission d’exploration scientifique.

Qu’y avait-il à apprendre de nouveau ?

Malgré le grand nombre (Un nombre est un concept caractérisant une unité, une collection d'unités ou une fraction d'unité.) de véhicules spatiaux qui ont exploré la Lune, bien des questions scientifiques concernant notre satellite naturel (Un satellite naturel est un objet qui orbite autour d'une planète ou d'un autre objet plus grand que lui-même et qui...) sont demeurées sans réponse, comme celles qui portent sur l’origine de la Lune et son évolution, notamment les phénomènes qui façonnent les corps célestes rocheux (tectonique, volcanisme, impacts, érosion,...).

Grâce à SMART-1, les scientifiques européens et du monde entier disposent aujourd’hui d’images de la surface de la Lune présentant une résolution encore jamais obtenue depuis une orbite lunaire, et peuvent ainsi également améliorer leurs connaissances des minéraux lunaires. Pour la première fois, ils ont pu détecter du calcium et du magnésium au moyen d’un instrument fonctionnant dans le rayonnement X. Ils ont mesuré les différences de composition du sol au niveau des pics centraux des cratères, des plaines volcaniques et des gigantesques bassins d’impact. SMART-1 a également étudié des cratères d’impact, des éléments du relief (Le relief est la différence de hauteur entre deux points. Néanmoins, ce mot est souvent employé pour caractériser la...) volcanique et des tubes de lave, sans oublier les régions polaires. De plus, la sonde a découvert, à proximité du pôle nord (Le pôle nord est le point le plus au nord de la Terre.), une zone éclairée en permanence par le Soleil ((pourcentage en masse)), même en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.).

Le survol des pôles de la Lune a permis à SMART-1 de cartographier l’ensemble de la surface lunaire, y compris celle, moins connue, de sa face cachée. Les pôles présentent un intérêt particulier pour les chercheurs car ils demeurent relativement inexplorés. De plus, certaines formations des régions polaires ont une histoire géologique différente de celle des régions équatoriales, qui ont été davantage étudiées car c’est là où se sont posés tous les atterrisseurs lunaires précédents.

Grâce à SMART-1, l’Europe joue un rôle actif dans la mise en place du futur programme international d’exploration lunaire et y apporte une importante contribution par l’intermédiaire des données collectées au cours de la mission. Ces données ainsi que l’expérience acquise contribuent également à la préparation de futures missions lunaires, comme le projet indien Chandrayaan-1, qui réutilisera les spectromètres dans l’infrarouge et le rayonnement X de SMART-1.

SMART-1 est équipé d’instruments entièrement nouveaux, jamais utilisés à proximité de la Lune. Il s’agit notamment d’une caméra miniaturisée et de spectromètres dans l’infrarouge et le rayonnement X, destinés à mieux observer et à étudier la Lune.

Les panneaux solaires de SMART-1 utilisent des photopiles à l’arséniure de gallium, qui ont été préférées aux photopiles traditionnelles au silicium. OBAN, l’une des expériences embarquées, a servi à tester un nouveau système de navigation qui permettra à de futurs véhicules spatiaux de naviguer de manière autonome, sans intervention des installations de contrôle au sol.

Les instruments et les techniques expérimentés à bord de SMART-1 pour étudier la Lune faciliteront ultérieurement la mission BepiColombo de l’ESA, qui ira explorer la planète Mercure.

Source: ESA
Illustrations: ESA AOES Medialab et C. Carreau
Commentez cette news: 9 commentaires
Archives des News
  Septembre 2010
  Août 2010
  Juillet 2010
  Juin 2010
  Toutes les archives


Jeudi 9 Septembre 2010 à 00:00:40 - Astronomie - 1 commentaire
» Un modèle galactique pas si lointain
Jeudi 9 Septembre 2010 à 00:00:34 - Multimédia - 0 commentaire
» Piratage de la PS3: Sony riposte
Mardi 7 Septembre 2010 à 00:00:59 - Vie et Terre - 0 commentaire
» Un antipaludéen prometteur