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Posté par Michel le Dimanche 15 Octobre 2006 à 00:00:25
Spitzer "observe" les faces diurne et nocturne d’une exoplanète
Le télescope spatial Spitzer (Le télescope spatial (L'utilisation d'un télescope (Un télescope (du grec tele signifiant « loin » et skopein signifiant « regarder, voir ») est un...) sur Terre (La Terre, foyer de l'humanité, est surnommée la planète bleue. C'est la troisième planète du système solaire en partant...) est limitée par les turbulences de l'atmosphère, qui dégradent considérablement...) Spitzer est le plus gros télescope infrarouge (Le rayonnement infrarouge (IR) est un rayonnement électromagnétique d'une longueur d'onde supérieure à celle de la...) lancé par la NASA. Ces longueurs d'ondes ne pouvant...) de la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de...) a réalisé les premières mesures des températures de jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...) et de nuit d'une planète (Selon la dernière définition de l'Union astronomique internationale (UAI), « une planète est un corps céleste (a)...) située en dehors de notre Système Solaire (Le système solaire est le nom donné au système planétaire composé du soleil et des objets célestes gravitant autour de...). L'observatoire infrarouge a montré que la planète géante gazeuse (Les géantes gazeuses sont les plus grandes des planètes. Elles sont dites gazeuses en raison de l'épaisse atmosphère...) qui frôle de très près son soleil est brûlante d'un côté, et pratiquement glacée de l'autre.


Vue d’artiste d’upsilon Andromedae b

La planète, appelée upsilon Andromedae b, a été détectée pour la première fois en 1996 autour de l'étoile upsilon Andromedea, qui se trouve à 40 années-lumière de la Terre dans la constellation d’Andromède. Cette étoile possède également deux autres planètes plus éloignées. Upsilon est un "Jupiter chaud (Les Jupiter chauds ou Pégasides sont une classe d'exoplanètes ayant une masse du même ordre de grandeur que celle de...)" parce qu'elle est faite de gaz (Au niveau microscopique, on décrit un gaz comme un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi...) comme notre géant jupitérien, et qu’il y fait très chaud en raison de son orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que décrit dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous...) très rapprochée autour de son étoile, qu’elle parcours en 4 à 6 jours. Elle gravite à une distance équivalente à un sixième de celle qui sépare Mercure à notre propre Soleil. Elle se déplace dans un plan qui n'est vu depuis la Terre ni de coté ni de face, mais de quelque part dans l'intervalle. Les scientifiques ne connaissent pas la vitesse (La vitesse est une grandeur physique qui permet d'évaluer l'évolution d'une quantité en fonction du temps.) de rotation d’upsilon Andromedae b sur son axe, mais ils pensent qu'elle est verrouillée à son étoile par un effet de marée (La marée est le mouvement montant (flux ou flot) puis descendant (reflux ou jusant) des eaux des mers et des océans...), de la même façon que notre Lune (On appelle lune tout satellite naturel d'une planète, mais la Lune, avec un L majuscule, désigne le seul satellite...) est verrouillée à notre planète et nous cache à jamais sa "face cachée" par rapport à la Terre.

Spitzer a observé upsilon b en cinq endroits lors de sa trajectoire autour de son étoile. Les niveaux de luminosité de la planète détectés par Spitzer fluctuent selon l’orientation de sa face nocturne ou de sa face diurne par rapport à la Terre. Ces données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose,...) indiquent que la différence de la température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de...) entre les deux hémisphères de la planète est d'environ 1400°C.

Selon des astronomes, ceci signifie que le côté de la planète qui fait face à l'étoile est toujours aussi chaud que de la lave en fusion, alors que l'autre côté pourrait potentiellement être aussi froid que la glace. Plus précisément, le côté chaud de la planète montre des températures de 1400°C à 1650°C, et le côté froid de 20°C à 230°C.

Comment une face peut-elle toujours être chaude ? Les scientifiques pensent que l'atmosphère de la planète doit absorber puis rayonner la lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des...) suffisamment rapidement pour que tous les gaz chauds qui pourraient circuler autour de la planète soient refroidis avant d’atteindre le côté sombre.

Les mesures de Spitzer


Le graphique supérieur de l’illustration ci-dessus montre les données infrarouges du télescope. Il indique qu’upsilon Andromedae b possède toujours un énorme point chaud du côté qui fait face à son étoile, alors que l'autre côté est froid et sombre. Les vues d'artiste (Est communément appelée artiste toute personne exerçant l'un des métiers ou activités suivantes :) au-dessus du graphique illustrent à quoi la planète pourrait ressembler tout au long de son orbite si elle était observée de près en infrarouge.

Spitzer a pu déterminer la différence de température entre les deux faces de la planète en mesurant sa luminosité dans l’infrarouge, soit sa chaleur, en cinq points de son orbite. Les oscillations de la température sont représentées par la courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple,...) orange ondulée. Elles indiquent un intervalle extrême des températures à sa surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent...).

Le graphique en bas de l’illustration et les vues d'artiste associées représentent ce que les astronomes auraient pu observer si la planète avait possédé des bandes de différentes températures la ceinturant, à la façon de notre Jupiter. Certains astronomes avaient suggéré que les planètes de type "Jupiter chaud" comme upsilon Andromedae b, qui gravitent très près autour de leur étoile, pourraient ressembler à Jupiter de cette manière. Cependant, si cela avait été le cas pour upsilon Andromedae b, il n'y aurait eu aucune différence détectée entre les températures moyennes du jour et de la nuit, et les données de Spitzer seraient apparues sur le graphique comme une ligne plus ou moins droite.

Source: Spitzer News
Illustrations: NASA/JPL-Caltech/R. Hurt (SSC) et Caltech/B. Hansen (UCLA)
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