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Posté par Michel le Jeudi 6 Décembre 2007 à 00:00:46
Une nouvelle piste pour le stockage de l’hydrogène dans les voitures
Les recherches sur les voitures (Une automobile, ou voiture, est un véhicule terrestre se propulsant lui-même à l'aide d'un moteur. Ce véhicule est...) à hydrogène (Table complète - Table étendue) pourraient faire un bond en avant grâce à une nouvelle forme de borohydrure de lithium, découverte par des scientifiques à l’ESRF (European Synchrotron (Le terme synchrotron désigne un type de grand instrument destiné à l'accélération à haute énergie de particules...) Radiation (Le rayonnement est un transfert d'énergie sous forme d'ondes ou de particules, qui peut se produire par rayonnement...) Facility).

Le matériau, le borohydrure de lithium, qui contient 18% d’hydrogène, est un bon candidat pour les systèmes de stockage d’hydrogène. Son défaut principal est qu’il libère son hydrogène seulement à des températures relativement élevées (au-dessus de 300 °C). L’équipe scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude...) à l’ESRF a trouvé une nouvelle forme de ce composé qui pourrait peut-être libérer l’hydrogène à des températures plus douces. Cette découverte, qui bouleverse les prévisions théoriques, vient d’être publiée, dans Angewandte Chemie.


La structure cristalline de la nouvelle phase de LiBH4

L’industrie automobile fait des recherches considérables sur les voitures du futur, des voitures moins polluantes que maintenant, qui utiliseraient comme source d’énergie la combinaison (Une combinaison peut être :) d’oxygène et d’hydrogène. Ces voitures ne feraient donc pas appel aux produits pétroliers et seraient parfaitement écologiques, puisque le résultat de la combinaison oxygène/hydrogène, c’est de l’eau. La principale difficulté aujourd’hui est de trouver un système capable de stocker l’hydrogène (l’oxygène étant disponible dans l’air) et de libérer cet hydrogène facilement.

Les scientifiques de la station expérimentale suisse-norvégienne de l’ESRF étudient actuellement différents composés d’éléments légers comportant de l’hydrogène et les différentes formes qu’ils prennent selon la température (La température d'un système est une fonction croissante du degré d'agitation thermique des particules, c'est-à-dire de...) et la pression (La pression est la force exercée sur une surface donnée.). Le borohydrure de lithium, LiBH4, est l’un des composés étudiés car il contient une proportion importante d’hydrogène (18 % en poids). Le nouvel état de ce composé, que les scientifiques viennent seulement de découvrir, est prometteur car il semble être instable. Jusqu’à maintenant, toutes les formes connues de ce composé sont trop stables, ce qui signifie qu’elles ne laissent pas l’hydrogène s’échapper. "Cette nouvelle forme est réellement inattendue, et elle a beaucoup de potentiel" rapporte Yaroslav Filinchuk, l’un des auteurs de l’article.

Afin d’obtenir de nouvelles formes de borohydrure de lithium, l’équipe a soumis l’échantillon à des pressions allant jusqu’à 200 000 atmosphères. La pression de 200 000 atmosphères appliquée au LiBH4 dans l’expérience réalisée à l’ESRF, est environ 80 fois plus forte que la pression exercée par l’Everest sur la croûte terrestre (cette dernière est à peu près équivalente à 2 500 atmosphères). Bien qu’impressionnant, ce chiffre (Un chiffre est un symbole, représentant une valeur numérique, employé pour représenter des nombres. Le mot...) n’est pas un record – de plus fortes pressions peuvent être atteintes dans le laboratoire en utilisant la même technique de cellule à enclume de diamant, mais cela n’était pas nécessaire pour cette expérience.

Les techniques de diffraction en lumière (La lumière désigne les ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des...) synchrotron ont permis de déterminer l’arrangement des atomes (Un atome (du grec ατομος, atomos, « que l'on ne peut diviser ») est la...) dans les différentes formes du matériau testé. De cette façon deux nouvelles structures de borohydrure de lithium ont été découvertes. L’une d’entre elles est réellement inattendue et révèle des distances extrêmement courtes entre les atomes d’hydrogène.

Les recherches effectuées à la fois sur le plan expérimental et théorique montrent que la nouvelle forme du LiBH4 peut libérer de l’hydrogène à des températures plus basses. Filinchuk explique que "la nouvelle structure est bien plus intéressante si l’on considère le fait qu’elle apparaît déjà à 100 000 atmosphères, qui est la pression utilisée par les entreprises pharmaceutiques pour comprimer les pilules". Les auteurs de l’article pensent que l’on pourrait arriver à stabiliser cette structure grâce à des substituts chimiques, et cela même à température ambiante. La prochaine étape pour l’équipe va maintenant consister à appliquer des techniques de génie chimique au composé pour "geler" la nouvelle structure à des conditions ambiantes et de vérifier qu’elle montre des propriétés de stockage de l’hydrogène plus favorables que le borohydrure de lithium pur.

Bien qu’en général l’hydrogène ne soit pas très facilement détecté par les rayons X, les scientifiques ont réussi à le voir grâce à la forte brillance de la lumière synchrotron de l’ESRF. Même si les études théoriques n’avaient pas réussi à prédire l’existence de cette nouvelle structure, elles arrivent aux mêmes conclusions. Ces recherches présentent une avancée dans les études expérimentales de ce système riche en hydrogène, expliquent l’échec des prévisions théoriques précédentes et suggèrent que ce nouveau composé soit utilisé pour le stockage de l’hydrogène.

La lumière synchrotron ayant démontré ses possibilités sur ce type de matériau, l’équipe de la station expérimentale suisse-norvégienne de l’ESRF va donc continuer à étudier ces composés et à développer des applications potentielles auxquelles, jusqu’ici, on ne croyait pas.

Source: ESRF et EurekAlert
Illustration: ESRF Y. Filinchuk, D. Chernyshov, A. Nevidomskyy, V. Dmitriev
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