On sait que quatre-vingt-quinze pour cent de l’Univers est inconnu des astronomes. Selon des théories actuelles, celui-ci serait constitué de 70% d’énergie sombre, 25% de
matière noire (En astrophysique, la matière noire (ou matière sombre) désigne la matière apparemment indétectable, invoquée pour...), et de seulement 5% de matière normale. Mais ce n’est pas tout ! Les astronomes ne peuvent réellement expliquer qu’environ 60% de cette matière normale (hydrogène,
hélium (Table complète - Table étendue) et éléments plus lourds): pratiquement la moitié de cette matière est également manquante !
Si l’on fait le compte, on ne connaît qu’un peu moins de 2,5% de l’Univers. C’est peu !
Des chercheurs de l'université de Boulder dans le Colorado ont utilisé un super calculateur du centre
informatique (L'informatique désigne l'automatisation du traitement de l'information par un système, concret (machine) ou abstrait....) de San Diego pour essayer de déterminer où cette
masse (La masse est une propriété fondamentale de la matière qui se manifeste à la fois par l'inertie des corps et leur...) manquante pouvait bien se cacher, et ils pensent avoir trouvé où la chercher.
Le scientifiques ont réalisé une simulation d’un énorme morceau d'univers, d’un milliard et demi d’années-lumière de coté. A l’intérieur de ce gros bloc, ils ont observé qu'une grande partie du
gaz (Au niveau microscopique, on décrit un gaz comme un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi...) cosmique se façonnait en un
réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec...) embrouillé de filaments s'étendant sur des centaines de million d'années-lumière. Entre ces filaments, n’existent que de vastes vides de forme plus ou moins sphérique dépourvus de toute matière.
Portion simulée de l’univers de 1,5 milliards d’a-l. de coté.
L’objet lumineux au centre est un amas de galaxies
d’une masse d’environ un million de milliard de fois celle du Soleil.
Entre les filaments, qui abritent la plus importante part de la masse de l’univers,
d’énormes étendues pratiquement vide de matière
Leur simulation consistait à modéliser la façon dont la matière s’est agglomérée par gravité après le
Big Bang (Le Big Bang[1] désigne l’époque dense et chaude qu’a connue l’univers il y a environ 13,7 milliards...). Elle a permis aux chercheurs de prédire que la matière manquante devait se cacher dans des nuages de gaz appelés WHIM (
Warm-Hot Intergalactic Medium (Milieu intergalactique chaud-très chaud)). Si les prévisions de cette simulation sont correctes, la prochaine génération de télescopes devrait pouvoir détecter cette masse manquante dans ces filaments cachés (le
télescope (Un télescope (du grec tele signifiant « loin » et skopein signifiant « regarder, voir ») est un...) du
pôle Sud (Le pôle Sud est le point le plus au sud du globe terrestre suivant différentes définitions. Les plus courantes sont le...) de 10 mètres dans l’Antarctique ou le télescope de 25 mètres Cornell-Caltech Atacama (CCAT).
Le télescope du Pôle Sud devrait permettre d’observer la façon dont le rayonnement de fond cosmique
micro-onde (Les micro-ondes sont des ondes électromagnétiques de longueur d'onde intermédiaire entre l'infrarouge et les ondes de...) s’échauffe lorsqu’il
traverse (Une traverse est un élément fondamental de la voie ferrée. C'est une pièce posée en travers de la voie, sous les rails,...) des nuages de ce gaz. Le CCAT devrait être capable d’observer des époques reculées proches du Big Bang, et d’aider à déterminer comment les premières structures à
grande échelle (La grande échelle, aussi appelée échelle aérienne ou auto échelle, est un véhicule utilisé par les sapeurs-pompiers, et...) ont commencé à s’agglomérer.
Ainsi nous connaîtrions sans doute tout des 5% de matière normale dont se compose notre Univers. Quant à la matière noire et à l’énergie sombre, c’est une toute autre histoire...