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Posté par Michel le Lundi 19 Mai 2008 à 00:00:32
Réchauffement climatique, la fin des coquillages ?
Coquillages et crustacés de nos côtes n’ont rien à envier aux fantastiques récifs coralliens tropicaux. Une équipe du laboratoire "Adaptation et diversité en milieu marin" de la Station biologique de Roscoff vient en effet de démontrer que les balanes, petits crustacés à la coquille conique très communs sur les rochers de nos littoraux, sont des usines à calcaire, tout autant, voire plus, que le corail. Une découverte qui fait dire aux scientifiques qu’à l’instar des coraux, les animaux producteurs de calcaire des mers (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) tempérées pourraient eux aussi être menacés par l’augmentation de dioxyde de carbone (Table complète - Table étendue) dans l’atmosphère qui modifie la chimie (La chimie est la science qui étudie la composition et les réactions de la matière.) des océans.

Il aura fallu une année à l’équipe de Dominique Davoult pour quantifier le calcaire fabriqué par les balanes. Avec près de 1 800 g par m2 et par an pour l’espèce la plus active, cette production se révèle équivalente à celle du corail. "Sans être réellement étonnés par nos résultats, nous ne nous attendions tout de même pas à de tels chiffres !, commente Dominique Davoult.

La calcification – la synthèse du calcaire par ces organismes – n’a jamais été prise en compte dans les flux de CO2 des écosystèmes des mers tempérées. Notre étude prouve qu’elle est pourtant loin d’être anecdotique." Il est vrai que sur nos côtes, la calcification est beaucoup moins apparente car, à la différence des gigantesques récifs coralliens, les coquilles se détachent, se fragmentent et rejoignent les sédiments après la mort des animaux.

Pour autant, les animaux de nos régions pourraient eux aussi être menacés de disparition par l’augmentation du CO2 atmosphérique. Il est en effet établi depuis plusieurs années, notamment chez les coraux, que cette augmentation freine la calcification. Car en bouleversant la chimie du carbone des eaux de surface océaniques, l’augmentation de CO2 entraîne, entre autres, une diminution du pH et de la concentration en ions carbonate. La production de calcaire n’en devient que plus difficile, alors qu’il apparaît comme indispensable à ces organismes. Les simulations montrent ainsi qu’une quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre...) de dioxyde de carbone de 750 parties par million (ppm), taux attendu pour la fin de ce siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race,...), entraînerait une baisse de la calcification corallienne de 56 %. De même, en milieu tempéré, beaucoup d’autres espèces productrices de calcaire comme les échinodermes, les mollusques, certaines algues et crustacés pourraient subir le même sort et voir, à terme, leur écosystème déséquilibré. Des études expérimentales sont d’ores et déjà en préparation pour tenter d’évaluer cette menace.

Source: CNRS
Illustration: Wikipedia
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