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Posté par Adrien le Mercredi 11/06/2008 à 00:25
Biocarburants de seconde génération via un champignon ?
Trichoderma reesei, tel est le nom de ce champignon filamenteux, découvert durant la Seconde Guerre mondiale, dans le Pacifique Sud, où il était alors responsable de la dégradation des équipements de l'armée américaine. En effet, aucune toile de coton ne résistait à ce champignon dont le secret est de renfermer une batterie d'enzymes, des cellulases, aux propriétés catalytiques particulièrement performantes pour dégrader les végétaux. Aussi apparaît-il dans le monde (Le mot monde peut désigner :) entier comme la référence pour transformer la cellulose de la paroi végétale en sucres simples, ce qu'on appelle la saccharification, dont il se nourrit. Or après fermentation (La fermentation est une réaction biochimique de conversion de l'énergie chimique contenue dans une source de carbone (souvent du glucose) en une autre forme d'énergie directement utilisable par la cellule en...), ces sucres simples peuvent être facilement transformés en biocarburants, comme l'éthanol.

Aussi, afin de percer les mystères de l'incroyable activité enzymatique de ce champignon filamenteux, l'équipe de glycogénomique dirigée par Bernard Henrissat, au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en...) du Laboratoire Architecture (L’architecture peut se définir comme l’art de bâtir des édifices.) et Fonction des Macromolécules Biologiques (CNRS/Universités de la Méditerranée et de Provence), spécialisée dans l'étude des enzymes de dégradation des sucres, a-t-elle procédé au décryptage de son génome, en collaboration avec des chercheurs américains. Ces travaux, dont les résultats sont publiés en ligne sur le site de la revue Nature biotechnology, révèlent que Trichoderma reesei ne possède qu'un nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) très faible de gènes codant pour des cellulases, très inférieur à ce qui est observé habituellement chez les champignons capables de dégrader la paroi des plantes. Qui plus est, ce champignon est privé, ou ne possède qu'en très faible quantité, de nombreuses activités enzymatiques permettant habituellement la digestion (La digestion est le processus au cours duquel un organisme vivant reçoit du milieu extérieur des aliments (eau, molécules organiques et minéraux), les modifie afin de les transformer en...) de composants particuliers de cette paroi. Des limitations qui apparaissent finalement comme une aubaine, le cocktail enzymatique que recèle Trichoderma reesei se prêtant ainsi facilement à de nombreuses améliorations génétiques.

Les chercheurs vont en effet pouvoir découvrir quelles enzymes pourront être ajoutées au patrimoine génétique de ce champignon en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) d'une saccharification plus efficace pour produire du bioéthanol. Les industriels cherchent aujourd'hui à développer des souches de champignons capables de produire un cocktail complet de cellulases et d'hemicellulases à plus de 50 g/L. Or Trichoderma reesei semble être l'organisme de choix pour la majorité des projets dans ce domaine.

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Source: BE France numéro 210 (26/05/2008) - ADIT / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/ ... /54770.htm
 
Dimanche 21 Janvier 2018 à 00:00:09 - Vie et Terre - 0 commentaire
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