La
sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système...) européenne Rosetta doit croiser sur son chemin un petit
astéroïde (Un astéroïde est un objet céleste dont la taille varie de quelques dizaines de mètres à plusieurs kilomètres de...) dénommé Steins le 5 septembre prochain. A mi-distance de son objectif final, la
comète (En astronomie, une comète est un petit astre brillant du système solaire, dont l'orbite a généralement la forme d'une...) Churyumov- Gerasimenko, elle en profitera pour fournir de précieuses informations sur une famille d’astéroïdes encore peu connue.
La sonde Rosetta passera à seulement 800 km de l'astéroïde.
Crédit: ESA/AOES Medialab
Rendez-vous le 5 septembre
"Il existe seulement une vingtaine d'astéroïde de ce type sur plus de 165 000 découverts à ce
jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...). C’est la première fois qu’on a l’occasion d’en observer un de près." Philippe Gaudon, chef de
projet (Un projet est - dans un contexte professionnel - une aventure temporaire entreprise dans le but de créer un produit ou...) Rosetta au CNES, ne cache pas son enthousiasme.
Lui qui suit la sonde depuis son lancement en 2004, attendait ce premier rendez-vous avec impatience. Car Rosetta est censée croiser 2 astéroïdes au cours des 10 années que dure son voyage, lors de ses traversées de la ceinture principale d’astéroïdes entre les orbites de Mars et de Jupiter. La première rencontre aura lieu le 5 septembre prochain avec un petit objet de 5 km de
diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du...) qui répond au nom de Steins.
La sonde survolera l’astéroïde à 800 km d’altitude à 20h37 (heure de Paris) et à la vitesse de 8,6 km/s. Certains de ses instruments prendront des photos de la
surface (Il existe de nombreuses acceptions au mot surface, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, souvent...) de Steins à différentes longueurs d’ondes et avec une résolution de quelques mètres.
La sonde Rosetta est en orbite depuis 2004.
Crédit: ESA/AOES Medialab
"Nous connaîtrons ainsi mieux la forme de cet astéroïde. Il s’agit aussi de préciser sa composition que nous pensons a priori faite essentiellement de silicates pauvres en fer. Quant au nombre et à la localisation des cratères, ils vont nous renseigner sur l’histoire de l’astéroïde.» explique Philippe Gaudon.
Les scientifiques espèrent, grâce à ces précieuses informations, en savoir plus sur la formation et l’évolution des astéroïdes du
système solaire (Le système solaire est le nom donné au système planétaire composé du soleil et des objets célestes gravitant autour de...) interne de façon à compléter les connaissances sur un
environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se...) finalement assez proche de la
Terre (La Terre, foyer de l'humanité, est surnommée la planète bleue. C'est la troisième planète du système solaire en partant...).
L’exploration cométaire
Même si cette partie de la mission présente un grand intérêt, l’objectif final reste l’exploration cométaire. "Une comète vue depuis la Terre, c’est une petite tête brillante suivie d’une queue immense et diffuse. En réalité, c’est un corps de glace de quelques km de diamètre avec un noyau qui se sublime (se vaporise) en se rapprochant du soleil", décrit Philippe Gaudon.
Largage de l'atterrisseur de Rosetta en 2014.
Crédit: CNES
Rosetta est constituée d’un orbiteur qui gravitera autour du noyau de la comète Churuymora Gerasimenko en 2014 et d’un atterrisseur, Philae, qui se posera à sa surface. Ainsi, rien n’échappera à la sonde: elle prendra des images de la surface, analysera le contenu des
gaz (Au niveau microscopique, on décrit un gaz comme un ensemble d'atomes ou de molécules très faiblement liés et quasi...) et des poussières de la queue, et réalisera une véritable radiographie du noyau. Elle effectuera aussi grâce à Philae des prélèvements et beaucoup d’analyses
in situ.
L'atterrisseur en approche de la comète Churyumov Gerasimenko
Crédit: CNES/Ill. Laurence Mossay
"Cette mission est européenne, précise Philippe Gaudon, chaque pays membre a apporté sa contribution. Le CNES a participé au financement d’un grand nombre d’instruments scientifiques (12 sur l’orbiteur, 10 sur l’atterrisseur). Nous avons fourni les batteries de l’atterrisseur et développé son segment sol. Le système de
communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique,interpersonnelle, groupale...) que l'animal...) entre l’orbiteur et l’atterrisseur est également signé CNES."
L’espoir est de trouver dans la glace de la surface du noyau ou dans les gaz et les poussières de la queue des molécules complexes et variées. Cela viendrait étayer l’hypothèse selon laquelle les comètes auraient contribué à l’apparition de la vie sur Terre.