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Posté par Michel le Lundi 15/12/2008 à 00:00
La sexualité sortie des eaux
Des chercheurs du CNRS proposent une idée étonnante: la sexualité aurait trouvé son origine dans une stratégie de lutte d'un micro-organisme marin contre une menace biologique.


C'est en étudiant une espèce de coccolithophore particulière,
Emiliana huxleyi, cousine de celle ci-dessus,
que les chercheurs du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) ont trouvé une origine possible à la sexualité

Et si la sexualité était apparue à la suite d'une guerre dans les océans ? C'est l'étonnante hypothèse des chercheurs du laboratoire « Adaptation et diversité en milieu marin », à Roscoff (Roscoff est une commune du département du Finistère, en région Bretagne, en France. Elle est aujourd'hui une station balnéaire dynamique. Les habitants s'appellent les Roscovites.). En se penchant sur la vie (La vie est le nom donné :) d'Emiliania huxleyi, un organisme marin unicellulaire, Colomban de Vargas et ses collègues de l'équipe « Évolution du plancton (Homère désignait les animaux errant à la surface des flots par plankton, du grec ancien πλαγκτός /...) et paléocéans » ont fait une curieuse découverte: lorsqu'elle est attaquée par un virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou...), la bestiole change littéralement de corps et devient ainsi totalement invisible à son ennemi.

Quel rapport avec la sexualité ? Eh bien, la transformation la fait passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) d'un stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) dit diploïde, c'est-à-dire avec deux lots de chromosomes, comme la grande majorité de nos cellules, à un stade haploïde, avec un seul lot de chromosomes. Tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) comme nos spermatozoïdes et nos ovules, issus du passage de cellules diploïdes à un stade haploïde, et qui fusionnent ensuite pour donner un nouvel être humain formé à nouveau de cellules diploïdes.

Les biologistes sont parvenus à cette thèse un peu accidentellement. « À l'origine, nous nous intéressions à Emiliana huxleyi, dont l'ancêtre serait apparu dans les océans il y a environ un milliard (Un milliard (1 000 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf millions neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent...) d'années, pour mieux comprendre sa physiologie (La physiologie (du grec φύσις, phusis, la nature, et λόγος, logos, l'étude, la science) étudie le rôle, le fonctionnement et...), raconte Colomban de Vargas. Mais un jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...), un de nos étudiants en thèse, Miguel Frada, a noté la présence de cellules nageant – un peu comme les spermatozoïdes – dans le milieu de culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :). » En y regardant de plus près, les chercheurs ont noté avec surprise que ces cellules inédites possédaient exactement les mêmes gènes que la forme classique du micro-organisme (Les micro-organismes ou microbes sont des organismes vivants microscopiques (invisible à l'œil nu) et qui ne peuvent donc être observés qu'à l'aide d'un microscope.), mais en un seul lot et non en deux. Par ailleurs, ils ont observé la présence de virus EhVs (pour Emiliania huxleyi Viruses), réputés pour décimer les populations gigantesques d'Emiliania huxleyi, des masses laiteuses visibles depuis l'espace. Un lien de cause à effet ? Oui: les tests effectués par Miguel Frada montrent clairement que les virus déciment les cellules diploïdes tout en forçant leur transformation en cellules haploïdes. « Alors totalement invisibles aux virus – car elles présentent une surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) impénétrable –, ces cellules permettraient à l'espèce de vivre en paix en attendant la dilution (La dilution est un procédé consistant à obtenir une solution finale de concentration inférieure que celle de départ, soit par ajout de solvant, soit par prélèvement d'une partie de la solution et en complétant...) des virus par les courants océaniques », détaille Colomban de Vargas.

D'un point (Graphie) de vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) évolutif, cette parade, d'où serait issue la sexualité, aurait permis aux premiers êtres vivants d'échapper à une lutte perpétuelle avec les virus et de pouvoir, ainsi, évoluer en des organismes plus complexes et performants, formés de plusieurs cellules. Et les chercheurs de la baptiser « stratégie du chat (Le chat domestique (Felis silvestris catus) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. Il est l’un des principaux animaux de...) du Cheshire », du nom du célèbre chat d'Alice au pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas...) des merveilles, capable de disparaître à volonté pour échapper à l'ordre de décapitation de la Reine de cœur.

Voir aussi notre news (NeWS est un système de fenêtrage conçu par James Gosling (qui a contribué à Java) et introduit par Sun Microsystems à la fin...).

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Source: CNRS
Illustration: © J. Young/NHM, London