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Posté par Michel le Mardi 20/01/2009 à 00:00
Des souris et des hommes: mêmes préférences olfactives
Hommes et souris sont attirés par les mêmes odeurs. Tel est le résultat que viennent, pour la première fois, de révéler des chercheurs français de l'unité "Neurosciences sensorielles, comportement, cognition" (CNRS / Université Lyon 1). Publiés le 16 janvier 2009 dans la revue Plos One, ces travaux confirment que les préférences olfactives ne sont pas seulement déterminées par l'expérience ou la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de...), mais aussi par la structure de la molécule odorante. Ils permettront sans doute une meilleure compréhension des mécanismes neuronaux codant la perception olfactive. Pouvoir prédire les préférences olfactives humaines à partir de celles observées chez les souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi...) est une autre perspective, plus immédiate.

Chez l'Homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un...), les odeurs influencent fortement de nombreux comportements quotidiens, telles l'activité sexuelle, les relations sociales ou la prise alimentaire. Certaines sont agréables, d'autres désagréables et induisent respectivement une attirance ou une répulsion. Cette valeur hédonique, positive ou négative, de l'odeur est très fortement façonnée par l'expérience et la culture (La définition que donne l'UNESCO de la culture est la suivante [1] :) du sujet. Si l'on pense au camembert, son odeur alléchante pour beaucoup de Français peut être repoussante pour une personne d'une autre culture.

Et si les préférences olfactives comportaient une part innée ? Elles seraient alors également dictées par la structure chimique et les propriétés physiques (1) de la molécule odorante. Pour répondre à cette question, Nathalie Mandairon et Moustafa Bensafi (2), chercheurs CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) dans l'équipe d'Anne Didier au laboratoire "Neurosciences (Les neurosciences correspondent à l'ensemble de toutes les disciplines biologiques et médicales qui étudient tous les aspects, tant normaux que pathologiques, des neurones et...) sensorielles, comportement, cognition" ont mesuré les préférences olfactives de l'Homme et de la souris, en réponse à une série d'odeurs (3). En effet, si la "valeur" de l'odeur est prédéterminée par la structure de la molécule odorante, cette dernière doit comporter une information induisant le choix. Partant de là, hommes et souris, confrontés à une même odeur, devraient réagir de la même manière.

Pour les souris, les chercheurs ont utilisé comme indice de préférence le temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) passé par l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de substances organiques. On...) à explorer une odeur donnée. Quant aux humains, il leur a été demandé de porter un jugement et de donner une "note" entre 1 et 9, des odeurs les plus désagréables aux plus agréables. Dans le même temps, la durée d'inspiration, qui est d'autant plus longue que l'odeur est agréable, a été enregistrée.

Première conclusion, les hommes et les souris sont attirés ou repoussés par les mêmes odeurs. Le géraniol, une odeur florale, constitue l'une des odeurs préférées par les deux espèces. A contrario, le guaïacol, qui correspond à une odeur de fumée voire de brûlé, figure parmi celles les moins appréciées. Ce résultat met en évidence la conservation des préférences olfactives entre ces deux espèces de mammifères. De plus, les scientifiques ont confirmé que ce jugement hédonique est étroitement lié à la structure de la molécule odorante. Celle-ci prédétermine donc en partie notre préférence olfactive.

Personne n'avait encore suggéré aussi fortement que les mécanismes neuronaux codant pour la préférence olfactive se situaient aux premiers niveaux de traitement de l'information sensorielle. Jusqu'à présent, il était supposé que tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) ce qui avait trait au "jugement" olfactif était essentiellement traité à un niveau supérieur, au sein (Le sein (du latin sinus, « courbure, sinuosité, pli ») ou la poitrine dans son ensemble, constitue la région ventrale supérieure du torse d'un animal, et en particulier celle des...) de structures intégratives du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de...). Ces travaux laissent espérer une meilleure compréhension de ces mécanismes et de leur fonctionnement. A plus court terme, ils suggèrent que le comportement de la souris pourrait prédire les préférences olfactives humaines, ce qui permettrait d'envisager des applications en industrie agro-alimentaire par exemple.


Notes:

(1) Par structure, on entend un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise...) de caractéristiques physico-chimiques qui décrivent la molécule odorante.
(2) Médaille de bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu'en campanologie,...) 2008 du CNRS.
(3) Les odorants étaient des corps purs, n'évoquant pas nécessairement un aliment.


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Source et illustration: CNRS